L'humiliation terreau de toutes les violences sociales

Le découragement, la dépression peuvent venir d’accidents de la vie, ou de la confrontation à des difficultés qui nous dépassent, mais la haine et la violence, surtout sociale, ça ne vient jamais de nulle part ! Ça ne sort jamais de rien. Il en faut des humiliations, il en faut de la violence de relégation, il en faut des dénis et des attentes vaines pour créer et susciter, ne serait-ce, qu’une once de haine.

Passent les malheurs, les misères, les galères; il n’y aura pas de haine, s’il n’y a pas encore et toujours à un moment ou un autre une humiliation.

L’humiliation vécue, ressentie, ne l’est jamais par hasard; elle est toujours identifiée par celui ou ceux qui l’ont subie comme un message de mort, une volonté de destruction totale, d’anéantissement du corps et de l’esprit; une intention de faire le plus de dégâts possibles maintenant et pour toujours.

L’humiliation est un message de guerre sociale.

Au niveau d’une société, c’est tout un système de production qu’il faut rechercher, identifier et mettre en cause, quand la haine se suscite, se fabrique à grande échelle. Il est vain alors de rechercher des culpabilités extérieures, de mettre en cause les parents, les éducateur, l’école ou telle ou telle religion.

Il est vain de déplacer les problèmes en les travestissant en complots, en plans diaboliques; il est vain d’accuser la nature de qui d’ailleurs ? De groupes, de peuples, de classes, de religions ?

Même les phénomènes les plus complexes et les moins « naturels » comme le terrorisme, dont on se perd à savoir qui ils servent, ont besoin de cet élément essentiel, de cette formule de base, de cet atome initial qu’est l’humiliation.

Et dans notre association, dans notre travail, nous en sommes là; avons nous jamais été ailleurs? A nous porter vers celui qui fut , a ou a été peu ou prou, socialement humilié.

Lutter contre l’humiliation sociale, voilà un chantier interminable, un objectif qui dure. Voilà de quoi se retrousser les manches. Il y aura de l’ouvrage.

Oui mais comment ? Comment restaurer ce qui a été détruit, revaloriser ce qui a été piétiné, renforcer ce qui a été affaibli, redresser celui qui a été abattu?

En Pédagogie sociale, nous suivons en cela tous ceux qui se sont donnés comme entreprise de lutter contre les humiliations des groupes et peuples opprimés.

Notre travail dans ce domaine passe toujours par trois étapes :

Ne pas se tromper d’adversaire. Tout est fait pour nous confondre. Tout est fait pour traiter les victimes en coupables, renverser les agressions; accuser ceux qui ont été humiliés, ceux qui ont la haine de détruire le lien social ou la collectivité. En Pédagogie sociale, nous savons aller plus loin que cette idéologie de l’inversion; Notre première étape est donc la suivante: ne pas se tromper entre les causes et les effets et aller rechercher les processus et les responsabilités ailleurs, là où on est au dessus de tout soupçon, là où on est calmes, posés et tranquilles.
Restaurer la fierté des personnes et des groupes humiliés; affirmer les différences, transformer les stigmates en étendards, renverser l’oppression par de l’affirmation.
Faire de nos différences, de nos humiliations des communautés possibles , favoriser le travail collectif à leur endroit, lutter contre l’individualisation, l’assignation à soi.
En Pédagogie sociale, nous travaillons sur les causes des problématiques sociales, pas sur leurs symptômes, ni leurs avatars. Nous nous refusons à nous laisser réduire en tant qu’éducateurs, ou pédagogues, à des relais idéologiques ou de propagande. Nous ne nous égarerons pas à condamner ceux qui subissent, puis sont accusés de violences.

Nous ne nous contenterons pas d’affirmer des valeurs aussi creuses que théoriques; nous essaierons à l’inverse de nous occuper des racines des choses, des racines des causes.

Nous nous occuperons à re-fonder des confiances essentielles.

http://www.intermedes-robinson.org/index.php/2017/09/24/lhumiliatio...

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