Pédagogie sociale et anti-Âgisme

Le plus gros mensonge qui réside dans le fait d’enfermer l’enfance sous un statut protecteur, c’est de laisser penser que ce dont on souhaiterait préserver l’enfance, serait bon pour les adultes.   Quand nous proposons aux enfants qui participent à nos actions et vivent parmi nous de prendre part au travail collectif, nous vérifions que dans les faits, ce travail est souhaitable, intéressant ; que c’est un  travail qui leur donne un rôle, une mission, qui leur apprend quelque chose.

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En fait , même s’il s’agit le plus souvent de tâches très simples, le travail que nous partageons avec les enfants est un travail qui les enrichit et qui ne les exploite en rien.

N’est ce pas comme cela que devrait être tout travail? Y compris pour nous le adultes: plein de sens , plein de nous?

Il en est de même pour l’utilisation des outils et de la question de l’éducation aux risques. On met réellement les enfants en sécurité quand on leur permet une activité qui correspond à  leurs possibilités et qui ne soit pas en deçà de ce qu’ils peuvent accomplir. Nous mettons les enfants en sécurité à chaque fois que nous les accompagnons et les mettons en confiance y compris sur le chemin du risque , à chaque fois que nous les formons aux règles de sécurité, à leur sens et à leur raison.

La passion moderne de parquer les enfants dans des statuts d’empêchement de multiples activités, alors qu’on ne leur propose en général rien d’autre à faire et qu’on les renvoie uniquement aux possibilités inégales de leurs familles, n’est ni protectrice , ni sécurisante. Elle prive les enfants d’expériences essentielles et d’une dimension importante de la vie: celle du risque , de l’engagement et de l’épreuve de soi.

Or cette vision de préservation des enfants de toute éducation ou exposition aux risques est aussi liée à une vision erronée à la fois de la notion de risque (confondue avec celle du danger), mais aussi sur la segmentation des âges. Ainsi les enfants auraient-ils besoin d’être protégés de tout et les adultes, par contre , pourraient être abandonnés de toute sécurité et protection, ou accompagnement?

Là encore, la vision correcte et raisonnable des choses est très éloignée de ce que l’idéologie dominante nous impose; en réalité, nous avons tous besoin de sécurités , de défenses, … autant et juste pour ce dont on en a besoin.

Cela dépendra de chacun de nous de savoir quand et jusqu’où nous en avons besoin; or, il en est de même pour les  enfants, qui, même très jeunes, ne sont pas dans des positions « sécuritaires » égales. Nous connaissons des enfants de 5 ans, « très en sécurité » et des pré-adolescents en danger constant. L’âge en réalité n’a que peu à voir à l’affaire…

Quand nous rencontrons à Paris des groupes d’enfants scolaires ou périscolaires, affublés de gilets jaunes et fluos, il ne fait aucun doute qu’on a dès lors quitté le domaine du raisonnable en matière de connaître et travailler avec les enfants.

L’enfermement par l’âge , comme tant d’autres enfermements (par sexe, par origines, par niveaux scolaires, par religions, cultures, langues, etc.) a deux raisons d’être.

La première raison de l’enfermement (par âges…) est le refus de connaître qui on a en face de soi.

On fait enfiler un gilet jaune à celui qu’on ne peut plus voir que de loin, et dont on ne veut rien savoir, à commencer par son nom ; on fait envisager un gilet jaune, à celui à qui on ne parle pas et dont on ignore ou se moque de sa parole.

Celui qui participe à nos activités et qui rencontre « nos » enfants, « nos » jeunes, nos adultes sera bouleversé parce qu’il aura des personnes en face de lui, on pourrait même dire des « personnages », c’est à dire des sujets originaux d’histoires.

Mais il y a aussi une seconde raison d’être à l’enfermement des âges, à la production de statuts de minorité, ou d’impuissance et celle ci est du côté de l’organisation.

C’est dans une société sans organisation , sans expérience vivante de l’organisation collective, entre soi, qu’on a  besoin de « classes » , de « registres », de « catégories » rigides et claires.

Moins il y a d’organisation, et plus il y a d’ordre , dans une société et plus il y a de la rigidité entre les âges, les sexes, les statuts.

Car c’est dans l’expérience de l’organisation vécue et vivante que l’on  grandit à tout âge, que l’on préserve la jeunesse pour tous et qu’on se prémunit ensemble contre la désespérance sociale.

http://www.intermedes-robinson.org/index.php/2017/08/18/attendre-le...

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