10 mois après Charlie, ça recommence. Vendredi noir. L'horreur...

Comment on réagit?  Qu'est-ce qu'on fait? 

Au moins 127 personnes sont décédées ce vendredi soir et 180 ont été blessées, dont 80 se trouvent "en urgence absolue" après les attaques multiples au Stade de France et à Paris, dans plusieurs arrondissements. Hollande a déclaré l'état d'urgence. Les contrôles aux frontières vont également être renforcés. 

7 lieux touchés: le  Stade de France, la salle du Bataclan (XIe), un restaurant rue Bichat (Xe), la rue de Charonne (XIe), l'avenue de la République (XIe), le boulevard Beaumarchais (III, IV, et XIe) et la rue de la Fontaine au roi (XIe). 

"C'est une horreur", a déclaré le Président de la République. "Ce que les terroristes veulent, c'est nous faire peur, nous saisir d'effroi. Mais, il y a face à l'effroi une Nation qui sait se défendre, qui sait mobiliser ses forces, et qui une fois encore saura vaincre les terroristes", a poursuivi le chef de l'Etat lors d'une courte allocution depuis l'Elysée. 

Je crois que l'on devrait laisser de coté les mots de islamiste ou jihadiste. Et parler de terroristes, bouchers, haïsseurs de la vie et de l'humanité. 

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Commentaire de Julien Cudré-Mauroux le 14 novembre 2015 à 11:11

Comment on réagit? Qu'est-ce qu'on fait?

Ben commencer par envoyer l'armée reprendre chaque pouce de terrain et neutraliser chaque cache d'armes dans ces zones de droit islamique que sont les banlieues françaises. Réinvestir financièrement dans le secteur du travail social afin que les travailleurs sociaux puissent venir en aide aux jeunes avant que ces derniers ne tombent dans les mains de prédicateurs extrémistes. En finir avec le sentimentalisme concernant ces prédicateurs de la haine (un ami javanais m'expliquait il y a quelques années que chez eux c'était une balle entre les deux yeux et basta. En Europe, on se retient même de les expulser sous prétexte qu'ils risquent d'être condamnés à mort dans leur pays...). Tout ne serait pas résolu mais ça serait déjà pas mal...

Commentaire de Julien Cudré-Mauroux le 14 novembre 2015 à 11:22
Commentaire de Julien Cudré-Mauroux le 14 novembre 2015 à 12:07

J'avoue. Je crains sérieusement que les choses ne s'embrasent. Que l'incapacité des politiques à admettre la réalité du problème (2 et 2 ça fait 4 même si ça en emmerde certains) et à assumer leur part de responsabilité (l'abandon total d'une certaine partie de la population tant par des partis de gauche que de droite) puisse laisser le champ libre à l'aveuglement et le déchaînement de violence. Qu'une solution finale soit mise en place. Il faut parfois très peu même au sein d'un pays dit civilisé pour en revenir aux instincts premiers. Je prie pour l'âme de la France. Les morts eux sont désormais en paix.

Commentaire de Joseph Rouzel le 15 novembre 2015 à 7:47

Je vais décaler un peu la question. Repensons par exemple la laïcité, fer de lance de la République. C'est pas le tout de brandir les mots totems de la tribu: LEFL. Encore faut-il en permanence leur insuffler une âme. La laïcité n'a rien à voir avec la religion, contrairement à ce qu'on raconte, c'est la liberté, affirmée et garantie, de croire ce qu'on veut, à condition de respecter les autres dans leurs propres croyances. C'est parce que nous nous référons à des valeurs communes que chacun dispose de cet espace de liberté. Je suis libre au prix du consentement à ce qui m'assujettit. Ce que signifie bien: tous égaux devant la loi. ça ne signifie pas tous pareils, mais tous différents. La laïcité garantit cette différence de chaque citoyen. Mais ça n'est jamais gagné. Comment fait-on vivre ce principe fondateur, si ce n'est en SE parlant. Dans la parole, partageant une langue commune, la française dans toutes ses variantes, toute sa palette d'expressions,  chacun peut affirmer ses positions, ses convictions, ses différences, ses divergences, ses accords, ses désaccords... Et ça ne brise pas le lien social, au contraire, ça l'entretient, comme une flamme. Bref contre la barbarie, parlons en, mais surtout parlons-nous... Rezo y participe à sa façon. 

Commentaire de Joseph Rouzel le 15 novembre 2015 à 7:53

Libé d'hier, pour ceux qui n'auraient pas suivi:

http://www.liberation.fr/france/2015/11/14/attaques-a-paris-ce-que-...

Commentaire de Joseph Rouzel le 15 novembre 2015 à 7:59

Ces gens-là, comme on dit, s'attaquent à des symboles vivants du lien social: la fête, la musique, la convivialité... Autant de manifestations de la laïcité que ces gens-là désignent comme "abominations et perversions" (communiqué de l'EI). Ils sont lancés dans  "une croisade" pour la mort, contre la vie. C'est le retour du "viva la muerte" des fascistes franquistes. Alors contre la mort, vive la vie... 

Commentaire de Rozenn le 15 novembre 2015 à 18:21

partager avec vous la belle calligraphie/idéogramme d'Hassan Massoudy (un de mes artistes préférés)

Commentaire de Joseph Rouzel le 16 novembre 2015 à 8:04

Reçu sur ma messagerie:

Bonjour à toutes et tous,

Belge, lecteur assidu de Charb depuis longtemps (que j'ai préféré à ses prédécesseur),  pas par opportunisme ajuste après les attentats, je partage l'essentiel de son analyse.

Si je n'ai pas été éduqué dans la laïcité, j'y ai été largement initié dans le cadre de la formation continue aussi bien en Belgique qu'en France (avec Manu, toi et d'autres) et lors de mon engagement associatif et politique.  J'ai également donné cours en Belgique dans l'enseignement public.  Depuis mon arrivée à Lille, j'ai baigné dans une société laïque, que j'ai trouvé tout à fait normal, estimant mes croyances comme strictement privées.  Par ailleurs, lors d'un projet à Bruxelles, j'ai fait connaissance avec des responsables du Centre d'action laïque.  Je milite depuis toujours pour le respect et la défense de la laïcité en général et de l'école publique en particulier.  Pour moi, le débat ne se pose pas entre laïcité et religion.  C'est 2 sphères différentes et je tiens à ce que cela le reste.  Je serai toujours intraitable là-dessus !

En tant que Belge, je suis une modéré, attaché au dialogue social et culturel, dans la culture du compromis, très attaché à l'ouverture, la tolérance, la lutte contre les extrémismes, les intégrismes, les absolutisme, les dictatures, les dominations, les abus de pouvoirs, les manipulations, les ennemis de la liberté.  C'est dans mes gènes.  L'humaniste en moi se révolte contre ces usurpateurs hégémonistes, qui tirent prétexte des guerres menées contre eux (de toute façon, ils s'en seraient pris à la France)pour mener de ces attentats.  C'est à ce titre que je condamne, comme Charb,  un homme digne, resté debout jusqu'au bout, un insoumis, les récentes dérives au nom de la religion, que, comme vous tous, je trouve parfaitement insupportables.



Thierry Abel
Commentaire de Joseph Rouzel le 18 novembre 2015 à 8:15

En ces temps troublés, ce réel qui nous pète à la gueule, il faut bien l'apprivoiser. L'art, l'écriture, la science, la politique et l'amour restent des moyens de civilisation et de traitement de la bête immonde, y compris celle que chacun se trimbale en soi.

Commentaire de Joseph Rouzel le 18 novembre 2015 à 9:33

Les Liens qui Libèrent

 

"Les ambitions d’une démocratie véritable"

 

Par Roland Gori, Psychanalyste clinicien, animateur de l’Appel des appels.

 

 

Je me suis réveillé ce samedi matin avec un goût de cendres dans la bouche. Avec une violente colère aussi. Oui, je suis triste, meurtri, indigné et en colère. Je suis affecté par la haine qui a atteint en priorité notre jeunesse. Nous ne pouvons qu’être contaminés par la haine aveugle et sourde à toute humanité des assassins qui se sont lâchement acharnés sur des êtres sans défense, vulnérables, démunis, sidérés. Quelle que puisse être sa monstruosité moderne, la « guerre », comme l’on nomme aujourd’hui de tels massacres, me semblait, jusqu’à hier, avoir un autre visage, obéir à d’autres règles. Mais il est vrai qu’aujourd’hui les industries de mort tendent toujours davantage à transformer les conflits en meurtres génocidaires des populations civiles, en crimes contre l’humanité.

Nous pensions notre « vieille Europe » à l’abri de ces entreprises de déshumanisation, nous nous pensions à l’abri du sauvage triomphe de la brutalité, de l’intolérance et des persécutions. Nous venons d’être les témoins médusés, endoloris et révoltés d’une inimaginable rechute de notre humanité dans un état de barbarie qu’on croyait depuis longtemps oublié en Europe, avec son dogme antihumaniste consciemment érigé en programme d’actions criminelles. On aura reconnu, à quelques mots près, les propos de Stefan Zweig dénonçant « cette plaie des plaies » des fascismes. Alors, oui je revendique ces sentiments d’immense tristesse et de vive colère face à ces nouveaux fascismes qui, à l’instar des fascistes espagnols de 1936, célèbrent la mort au nom de Dieu.

À cette volonté du néant des néofascismes qui émerge du chaos d’un monde en décomposition, nous devons opposer la force des idées. Le néolibéralisme a fabriqué ses propres monstres en écrasant l’humain au profit d’une politique des choses. Ces forces sorties des ténèbres ne se sont imposées avec autant de violence et de « viralité » culturelle que parce que nous avons laissé les fondés de pouvoir de la finance internationale détruire les équilibres fragiles de sociétés et de cultures auxquelles nous avons cru pouvoir, abusivement, greffer les règles formelles des démocraties libérales. Non seulement ces sociétés ne les ont pas adoptées, mais plus encore cette greffe a mobilisé toutes les forces du rejet de ce « faux universalisme », comme l’écrivait Bourdieu dès les premiers symptômes apparus il y a plus de vingt ans.

Nous risquons à nouveau d’être en retard d’une « guerre » si nous ne prenons pas la mesure de ce qui nous arrive. Face à ces nouveaux fascismes, nous devons mobiliser cette « Armée nouvelle » que Jaurès appelait de ses vœux. La force morale, indispensable à toute mobilisation militaire, suppose en préalable, écrivait-il, « les nécessaires restitutions du droit par la démocratie et la paix ». Plaçons des portiques de sécurité, traquons les caches des armes, pistons les réseaux sociaux, engrangeons des renseignements et neutralisons les éléments radicaux, mais toutes ces solutions techniques finiront par échouer si nous ne parvenions pas à retrouver la confiance et les ambitions d’une démocratie véritable. C’est-à-dire une démocratie qui ne se contente pas des règles formelles, favorables au commerce, à l’individualisme et à l’hédonisme de masse, mais une démocratie qui se revendique de la force des idées. Radicalement. Des idées mises en acte dans des pratiques politiques, culturelles, sociales, éducatives, de justice et de soin. Des idées et des pratiques aux antipodes de cette humiliation collective que partagent aujourd’hui les victimes et leurs bourreaux, dans une société où la valeur est réduite au prix, où la cupidité gouverne au mépris des idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité. À ceux qui fondent leur « fraternité » sur la soumission, le meurtre et le suicide, opposons une fraternité raisonnable fondée sur l’amour de la vie, le goût de la parole et de la culture, la passion de l’égalité, le partage sensible des expériences, le respect soigneux du féminin et de l’enfance, valeurs qui ont présidé à l’invention démocratique.

Oui, nous devons revendiquer les ambitions de la démocratie, de la vraie démocratie, celle des citoyens. Il faut prendre toute la mesure de ces propos de Camus, aux lendemains d’autres terreurs fascistes : « Dans les temps déchirés ou chaotiques que nous vivons, l’idée qu’on va réparer tant de maux dus à l’argent par une politique de confiance à l’égard de l’argent est une idée puérile ou malheureuse. » À la conception mesquine et dangereuse d’une valeur réduite à la finance, au crédit et à la dette, nous devons, tous, j’ai bien dit tous, préférer cette liberté dont nous avions pris l’habitude, sans toujours nous rendre compte que nous avions à la défendre comme un bien sacré.

Faute de quoi, dans une société dénutrie des valeurs existentielles, n’importe quel gang, comme ce fut déjà le cas dans notre histoire, n’importe quelle association criminelle pourra répandre au sein de populations désespérées un mythe quelconque, d’autant plus dangereux qu’il sera simpliste et « totalitaire ». Comment ne pas évoquer Simone Weil, philosophe catholique et révolutionnaire, écrivant face au nazisme : « On dit souvent que la force est impuissante à dompter la pensée ; mais pour que ce soit vrai, il faut qu’il y ait pensée. Là où les opinions irraisonnées tiennent lieu d’idées, la force peut tout. Il est bien injuste de dire par exemple que le fascisme anéantit la pensée libre ; en réalité c’est l’absence de pensée libre qui rend possible d’imposer par la force des doctrines officielles entièrement dépourvues de signification. »

 

Roland Gori dans "l'Humanité" du 17.11.2015

 

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