Situations éducatives, on en parle et on y réfléchit ensemble ?

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Situations éducatives, on en parle et on y réfléchit               ensemble ?

Un endroit où déposer une situation professionnelle qui amène des réponses, des questions, des hypothèses dont nous pourrions débattre entre nous, entre "éducs" et avec ceux qui travaillent avec nous et autour de nous, sans blablas, sans laïus inutiles. Au plus près du sujet...

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le repas d'accompagnement en foyer de vie pour adultes

Démarrée par Cacahuète. Dernière réponse de Rozenn 2 juin. 10 Réponses

Bonjour, je prépare une VAE de moniteur-éducateur. Dans le DC1, je souhaite rédiger un écrit sur le repas d'accompagnement. Je prépare le repas avec un usager (adultes handicapés) et j'anime le…Continuer

Mur de commentaires

Commentaire de Michel W le 15 janvier 2012 à 22:06
Carole qu'entends tu par coopération ?
Veux tu dire solidarité ?
Commentaire de Wurtz Nicolas le 29 janvier 2013 à 22:14

Comment faire pour accéder aux situations ?

Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 25 mai 2013 à 12:34

Il n'y a plus de situations... Elles ont été effacées avec le départ de M.

Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 25 mai 2013 à 12:43

Nous sommes samedi, il est un peu plus de midi et je suis à table avec cinq enfants seulement, car plusieurs sont déjà partis pour le week-end. Le plus âgé a quinze ans et il est costaud, les autres ont entre cinq et onze ans et paraissent fluets à côté de ce garçon. Nous parlons de choses et d’autres quand celui-ci s’exclame :

Lui : « Si seulement il n’y avait pas de flics ni de juges. »

Moi : « Pourquoi tu dis ça ? »

Lui : « Ce serait la classe, on pourrait faire ce qu’on veut ! »

Moi : « Je comprends. Mais lorsqu’il faut prendre une décision parce que deux personnes ne sont pas d’accord sur un sujet, qui tranche, qui fait la loi ? »

De longues et silencieuses secondes s’écoulent jusqu’à ce que le plus petit affirme à voix basse que ce serait E., le costaud. Quand je lui demande de m’expliquer pourquoi, il me répond sans hésiter que c’est parce qu’il est le plus fort.

Bien entendu, le jeune homme a bombé le torse à ces mots et s’esclaffe déjà de joie :

« Trop bien, c’est moi le chef, c’est moi qui décide »

« T’es content alors ? »

« À l’aise ! »

« D’accord, mais dans quinze ans, le petit que tu vois en face de toi est devenu un vrai athlète et il te met la tête en compote, tu fais quoi ? »

La réponse est immédiate et teintée d’angoisse :

« Mais il a pas le droit ! »…

Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 25 mai 2013 à 13:11

Notre équipe éducative a élaboré un texte précisant l’ancrage de nos positionnements et nos principes de fonctionnement.

A table par exemple nous avons pris la décision d’imposer l’attente avant d’être resservi (le rab). Les enfants ont voulu savoir en quoi il était important de patienter pendant que les autres terminent de manger pour en avoir encore :

« On s’en fout, on va en rechercher à la cuisine s’il n’y en a plus »

« Et si la cuisine a déjà tout distribué, on fait comment ? »

« Tant pis pour eux ! »

« Sauf que si ça t’arrive à toi, tu péteras un plomb ! »

« Ouais ! »

« Donc tu comprends qu’on n’ait pas envie de t’énerver ni toi ni les autres ? »

« … Ouais ! »

« Alors tu vois, on préfère agir comme ça et contenter tout le monde même si chacun n’a pas eu la dose de rab qu’il souhaitait ».

Parfois et ce n’est malheureusement pas toujours le cas, le menu attise les gourmandises (le pouvoir des frites est incontestable sur cette question). A ces moments-là, que penser de l’attitude de certains éducateurs qui se dépêchent de vider le contenu du plat dans un récipient préparé à l’avance afin d’en rechercher au plus vite à la cuisine visiblement sans se soucier des autres ? Comment être satisfaits lorsque après avoir passé une dizaine de minutes à table, la cuisinière nous répond qu’il n’y a plus rien car un groupe est déjà passé trois fois pour être resservi ?

Le temps du repas ne devrait-il pas permettre de prendre le temps ?

Manger sans engloutir et apprécier la saveur de l’instant ?

N’est-il pas propice aux échanges et à la mise en pause dans la course quotidienne ?

On vide le plat, on en recherche, une fois puis une deuxième et on n’oublie les autres : « chacun sa gueule ? »

...

L’impasse sur la lecture du document que notre équipe a élaboré pour expliquer nos positionnements éducatifs peut aussi provoquer le pire comme cela a été le cas avec un jeune remplaçant qui ne connaissait pas "notre" groupe d’enfants et ne s’était pas informé de notre façon de faire.

Il avait resservi des frites à un jeune qui connaissait la règle sur cette question, mais qui lui en avait malgré tout redemandé quand un autre l’a interpellé (bin tiens !) :

« Ici, c’est pas comme ça qu’on fait. On attend d’abord que tout le monde ait mangé pour savoir qui en voudra encore et après on partage le reste ».

Lorsque ce jeune homme a répondu sur un ton lapidaire au garçon : « Aujourd’hui c’est moi qui travaille donc c’est moi qui décide », il ne se doutait pas qu’il était tombé sur le plus virulent et le plus réactif du groupe : « Tu te prends pour qui connard, tu crois que tu vas faire ta loi ici ?... ».

Je passe sur toutes les insultes proférées et les chaises qui ont volé. A qui adresser les reproches ???

 

Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 25 mai 2013 à 15:10

Ce jour-là, alors que je suis « de permanence », c’est à dire présent pour les enfants qui n’ont pas classe, qui sont malades ou qui ont des rendez-vous pendant le temps scolaire, je me trouve confronté à un certain nombre de difficultés. Six ou sept enfants sont avec moi et chacun pour des raisons différentes.

Un des jeunes garçons m’informe alors qu’il a rendez-vous avec la psychologue de l’AEMO (Action Éducative en Milieu Ouvert) et qu’en principe c’est son référent qui l’emmène. Je suis seul avec des enfants pour certains malades et qui ne peuvent sortir et d’autres qui partiront plus tard à l’école pendant que d’autres en reviendront. Je tente en vain de trouver un collègue ou un cadre, mais tous les téléphones sonnent dans le vide. M. n’ayant pu se rendre à son entretien, car personne n’était là pour l’y conduire, et afin de limiter les retours négatifs du service comme pour calmer la maman que le jeune n’avait pas manqué d’appeler pour l’informer de la situation, je me vois dans l’obligation de leur présenter les excuses de l’établissement. La maman m’a bien fait comprendre que sur ce coup-là, nous sommes des guignols et je lui demande de cibler ses remarques et ses réactions vers les destinataires concernés.

Ce même après-midi, et les situations s’enchevêtrant, un autre jeune vient me dire qu’il est plus de 14 heures et que personne ne les a emmenés à l’école. Lorsque je regarde par la fenêtre, je m’aperçois effectivement qu’une dizaine d’enfants sont encore dans la cour, seuls et sans présence éducative. Après avoir demandé au garçon d’aller chercher tout le monde, je prend le téléphone pour informer l’école primaire de la situation et afin d’excuser l’absence des enfants. Encore une fois je tente de joindre un cadre et par défaut la secrétaire, mais ne trouve personne à qui parler et à qui demander du soutien, lorsqu’un collègue me contacte pour me dire qu’il a pris connaissance de la situation et qu’il se propose d’emmener la petite troupe à l’école.

Dans la foulée, une professionnelle de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance), téléphone dans le groupe où je travaille afin de me parler. Elle me fait part du mécontentement des juges des enfants qui tentent de joindre l’établissement depuis le matin sans succès. Il s’agit de revoir une situation urgente pour un enfant rentrant normalement le week-end et dont les travailleurs sociaux dénoncent la maltraitance possible au sein du milieu familial.

La collègue du service de la protection de l’enfance me demande si je peux appeler le tribunal pour enfants afin de faire l’intermédiaire dans cette situation. Lorsque j’ai la magistrate au téléphone, cette dernière m’explique clairement que les mécontentements affluent envers notre maison, de ses collègues comme des parents de certains enfants. J’informe la juge de la situation dans laquelle je me trouve au moment précis et lui signifie qu’à l’intérieur de la structure les mécontentements se font aussi de plus en plus nombreux.

Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 25 mai 2013 à 15:14

Une fois encore je suis de permanence au sein de "mon" groupe lorsqu’arrive M, le garçon qui a raté son rendez-vous à l’AEMO la fois d’avant.

Lorsque je lui demande pourquoi il n’est pas en classe, il m’explique qu’il en a été exclu à cause de son comportement. Je ne dispose d’aucune information concernant cet incident ni sur ce qui a été prévu pour lui cet après-midi-là :

« Le directeur a dit que je devais travailler avec D. l’homme d’entretien »

« Et il est où D. ? »

« Je sais pas ! »

Afin de régler cette situation, j’appelle D. pour lui demander ce qu’il en est :

« Le directeur m’a demandé de m’occuper de M. cet après-midi et de le faire travailler. Je l’ai cherché pendant un moment sans le trouver et je suis parti pour faire mon boulot. Maintenant, je ne peux pas ranger tout le matériel juste pour le rechercher. Et puis, est-ce bien à moi de m’occuper de ce garçon ? »

Sur ces mots, et relativement d’accord avec mon collègue de travail, j’invite M. à se rendre chez le directeur pour lui expliquer que l’homme d’entretien est déjà parti, qu’aucun éducateur de son groupe n’est présent et afin qu’il décide de ce qu’il doit faire. Le garçon remonte trente secondes plus tard :

« Il m’a demandé de dégager et m’a dit qu’il ne voulait plus me voir… »

J’explique alors à M. qu’il ne m’appartient pas d’élaborer une sanction pour son comportement à l’école, n’étant dépositaire d’aucune information le concernant ni d’aucune consigne précise et je lui propose de vaquer à ses occupations sans faire l’idiot. Il me demande alors la permission de jouer dans la cour avec un jeune d’un autre groupe qui n’a pas classe, ce que j’accepte. Plusieurs minutes plus tard, il remonte complètement excité en me racontant que son copain a joué avec la voiture de service et qu’elle a traversé la route pour finir dans le mur d’un voisin.

Avant même que je puisse réagir, le téléphone sonne et le directeur me demande de faire descendre M. immédiatement.

La suite des événements m’apprend qu’il a conduit les deux garçons au commissariat en les attrapant par l’oreille afin de déposer plainte contre eux…

Quelques jours plus tard, je croise la grand-mère d’un enfant qui est dans le même groupe que M. et nous parlons de son petit fils lorsqu’elle me raconte un événement « qui lui est resté en travers de la gorge ». Un samedi, alors qu’elle cherche W. pour le week-end, elle constate qu’il a plusieurs traces violettes sur le corps. Quand elle lui demande des explications, le garçon lui explique que M. l’a frappé. Elle affirme avoir questionné les éducateurs qui sont restés très évasifs et avoir rencontré le directeur pour lui faire part de son mécontentement. Lorsque je lui demande ce qu’il lui a répondu, elle me livre, dépitée, les propos qui lui ont été tenus : 

« Oh ! Vous savez ! Ce ne sont que des enfants qui jouent. »

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