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Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 5 février 2013 à 14:00

Je souhaite replacer ici quelques citations et passages de lecture effacés avec mon départ de rezo.

Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 5 février 2013 à 14:10

 

Révérence

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie

Et, sans dire un seul mot te mettre à rebâtir

Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir,

Si tu peux être amant sans être fou d’amour

Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre

Et te sentant haï, sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter les sots

Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles

Sans mentir toi-même d’un mot,

Si tu peux rester digne en étant populaire

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois

Et si tu peux aimer tous les amis en frères

Sans qu’aucun d’eux ne soit tout pour toi

Si tu sais méditer, observer et connaître,

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,

Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître

Penser, sans n’être qu’un penseur,

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu peux être bon, si tu sais être sage,

Sans être moral ni pédant

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres la perdront,

Alors, les rois, les dieux, la chance et la victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et ce qui vaut mieux que les rois et la gloire,

Tu seras un homme mon fils.

 

Rudyard Kipling

 

 

 

Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 5 février 2013 à 14:26

Charlotte Herfray         La psychanalyse hors les murs

« Je suis redevable à tous les membres des groupes avec lesquels j’ai travaillé (…), aux amis avec qui des échanges ont été possibles, aux maîtres que j’ai eu la chance de connaître et de reconnaître, (…), bref, à tous ceux qui tentent d’œuvrer là où ça vit, aime, hait, pense et souffre et qui essayent de rester fidèles à l’exigence éthique sans laquelle “l’excellence humaine” s’effiloche. Je l’écris pour tous ceux qui n’ont pas renoncé à sauvegarder et à promouvoir une haute idée de l’humain, à travers leurs activités et qui veulent poursuivre l’effort, jamais achevé ni programmable, qui s’appelle “penser”. Je l’adresse à tous les artisans du culturel, qui travaillent dans l’ombre, qui investissent pour que ne tarisse pas la source d’une réflexion occupée d’autre chose que de l’utilitaire, qui se demandent comment rester justes à l’égard d’autrui, comment maintenir des valeurs qui permettent à la fois le renouvellement et la pérennité de la spécificité humaine, protéger les plus faibles et lutter pour que la Cité soit habitable et vivante. »

 

Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 5 février 2013 à 15:30

Charlotte toujours, le même livre.

« Certes aucune théorie n’est d’un accès facile, il faut accepter de payer le prix de l’initiation pour acquérir les clefs de sa signification. Et dans le prix à payer, il y a le sacrifice de bien des illusions et de bien des croyances sur l’autel de l’exigence d’exactitude »

« Éduquer, c’est humaniser, identifier et socialiser »

Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 5 février 2013 à 15:31

Charlotte encore  "les figures d'autorité"

 « De l’autorité nul n’est maître : elle résulte d’une reconnaissance qu’autrui nous adresse. Elle ne saurait relever du seul statut, comme c’est le cas du pouvoir »

 

Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 5 février 2013 à 15:37

Diverses :

« Les mots n’en sont pas moins l’instrument indispensable de la construction de chaque personne, car ils permettent de donner sens à la rencontre des autres …

En approchant chaque mot avec respect, nous espérons avoir contribué à la lutte contre la marée envahissante du bruit »

Albert Jacquard         Nouvelle petite philosophie  pages  8 et 9

« J’apprécie pourtant l’observation. Je l’apprécie, quand il s’agit d’une « belle observation », pour son exactitude… Une belle observation se garde bien d’inventer quoi que ce soit, elle donne à voir dans les détails ce que notre regard néglige, fixé qu’il est sur la forme d’ensemble et satisfait s’il permet d’attribuer un nom à l’objet perçu. Le souci d’exactitude, quand c’est d’analyse qu’il est question, se déplace, exige d’autres modalités. Il s’appelle, entre autres, souci du mot juste, venant à point nommé. Il s’emploie, avec l’écrit, à transposer le mouvement et le rythme de la parole dans le mouvement et le rythme de la phrase, tout comme les moments de rupture. En cela, il est fidèle au rêve : un rêve n’est jamais flou dans le choix des images qu’il opère pour dire ce qui le porte, il est on ne peut plus précis, c’est son récit qui le rend flou… Cela concerne la justesse du mot qui est aussi rendre justice à ce qui est nommé, au corps des choses, à leur chair…

A défaut d’être la chose même, les mots du moins n’ont pas le droit de lui faire injure »

Jean-Bertrand Pontalis « Fenêtres »   

Gallimard collection Folio Pages 115 et 116

Césure : Repos à l’intérieur d’un vers après une syllabe accentuée 

« La coupure, elle, tranche, elle est incision, brisure, amputation, séparation nette et brutale. Coupure : castration ? frustration ? Césure : temps de repos, de halte après la syllabe accentuée… fléchissement d’un mouvement qui reprendra un peu plus tard… La césure marque le rythme, indique un intervalle dans la durée, inscrit la discontinuité dans la continuité. …moment d’accalmie pendant la traversée »

Ibidem Pages 78 et 79

« Deux femmes dans un café parlent d’une amie commune.

‘‘Comment l’as-tu trouvée ?’’

‘’Pas bien du tout la pauvre !’’

‘’Que veux-tu, elle ne sait pas gérer son deuil.’’ 

Le deuil, la mort de l’homme que cette femme aimait, objet d’une bonne ou mauvaise gestion ! Gérer son budget, gérer son temps, gérer son énergie, gérer son angoisse et même, un comble ! gérer ses passions… Voici que le vocabulaire marchand gagne ce qu’il y a en nous de plus intime, de plus obscur. J’ai honte pour ces femmes qui ignorent qu’on peut être fou de douleur et qui ‘’gèrent’’ à petites gorgées leur apéritif du soir »

 Même auteur même livre Page 148

 

 « Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leur parole, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent au-dessus d'eux l'autorité de rien ni de personne, alors c'est là en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie... »

Platon  « La République »

Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 5 février 2013 à 15:39

DONATIEN ALPHONSE FRANÇOIS   "MARQUIS DE SADE"                                   

                         « Les crimes de l’Amour »

Les rêves…

Les rêves sont des mouvements secrets qu’on ne met pas assez à leur vraie place ; la moitié des hommes s’en moque, l’autre portion y ajoute foi ; il n’y aurait aucun inconvénient à les écouter, et à s’y rendre même dans le cas que je vais dire. Lorsque nous attendons le résultat d’un événement quelconque, et que la manière dont il doit succéder pour nous nous occupe tout le long du jour, nous y rêvons très certainement ; or, notre esprit alors, uniquement occupé de son objet, nous fait presque toujours voir une des faces de cet événement où nous n’avons pas pensé pendant la veille, et dans ce cas, quelle superstition, quel inconvénient, quelle faute enfin contre la philosophie y aurait-il à classer dans le nombre des résultats de l’événement attendu, celui que le rêve nous a offert, et à se conduire en conséquence.

Il me semble que ce ne serait qu’un surcroît de sagesse ; car enfin, ce rêve est sur le résultat de l’événement en question, un des efforts de l’esprit, qui nous ouvre et indique une face nouvelle à l’événement ; que cet effort se fasse en dormant, ou en veillant, qu’importe : voila toujours une des combinaisons trouvées, et tout ce que vous ferez en raison d’elle ne peut jamais être une folie et ne doit être jamais accusé de superstition. L’ignorance de nos pères les conduisait sans doute à de grandes absurdités ; mais croit-on que la philosophie n’ait pas aussi ses écueils ; à force d’analyser la nature, nous ressemblons au chimiste qui se ruine pour faire un peu d’or.

Élaguons, mais n’anéantissons pas tout, parce qu’il y a dans la nature des choses très singulières et que nous ne devinerons jamais. (Page 22)

 

 

 

Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 5 février 2013 à 15:40

Marquis de Sade Même livre

Le jeu…

Si les lois sont sans vigueur contre le jeu, si elles l’autorisent au contraire, qu’on ne permette pas au moins qu’un homme ait au jeu le droit d’en dépouiller totalement un autre, ou si l’état dans lequel le premier réduit le second au coin d’un tapis vert, si ce crime, dis-je, n’est réprimé par aucune loi, qu’on ne punisse pas aussi cruellement qu’on le fait le délit à peu près égal que nous commettons en dépouillant de même le voyageur dans un bois ; et que peut donc importer la manière, dès que les suites sont égales ?

Croyez-vous qu’il y ait une grande différence entre un banquier de jeu vous volant au Palais Royal, ou Tranche-Montagne vous demandant la bourse au bois de Boulogne ?

C’est la même chose, madame, et la seule distance réelle qui puisse s’établir entre l’un et l’autre, c’est que le banquier vous vole en poltron, et l’autre en homme de courage. (Pages 31.32)

 

 

Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 5 février 2013 à 15:41

Marquis de Sade (suite)

La vertu…

Il est quelques races d’honnêteté dans l’âme des scélérats, et la vertu est d’un tel prix aux yeux des hommes que les plus corrompus mêmes sont forcés de lui rendre hommage dans mille occasions de leur vie. (Page 33)

Les faibles plaisirs que tu as pu goûter dans ta chute te dédommagent-ils des tourments dont voila ton cœur déchiré ? Le bonheur n’est donc que dans la vertu, mon enfant, et tous les sophismes de ses détracteurs ne procureront jamais une seule de ses jouissances…

Et quel homme pourra dire de sang-froid que les bases de la morale peuvent être ébranlées sans risque ?

Quel être osera soutenir que de faire le bien, de désirer le bien, ne doit pas être nécessairement la véritable fin de l’homme ? Et comment celui qui ne fera que le mal peut-il s’attendre à être heureux au milieu d’une société, dont le plus puissant intérêt est que le bien se multiplie sans cesse ? Mais ne frémira-t-il pas lui-même à tout instant cet apologiste du crime, quand il aura déraciné dans tous les cœurs la seule chose dont il doive attendre sa conservation ? Qui s’opposera à ce que ses valets le ruinent, s’ils ont cessé d’être vertueux ? Qui empêchera sa femme de le déshonorer, s’il l’a persuadée que la vertu n’est utile à rien ?

Qui retiendra la main de ses enfants s’il a osé flétrir les semences du bien dans leur cœur ? Comment sa liberté, ses possessions seront-elles respectées, s’il a dit aux grands, « l’impunité vous accompagne, et la vertu n’est qu’une chimère » ? Quel que soit donc l’état de ce malheureux, qu’il soit époux ou père, riche ou pauvre, maître ou esclave, de toutes parts naîtront des dangers pour lui, de tous côtés s’élèveront des poignards sur son sein : s’il a osé détruire dans l’homme les seuls devoirs qui balancent sa perversité, n’en doutons point, l’infortuné périra tôt ou tard victime de ses affreux systèmes… (Pages 59.60)

Quel est donc ce raisonnement absurde de nos adversaires ? Quel est cet effort impuissant pour atténuer la vertu, d’oser dire que tout ce qui n’est pas universel est chimère, et que les vertus n’étant que locales, aucune d’elles ne sauraient avoir de réalité ?

Eh quoi ! Il n’y a point de vertu parce que chaque peuple a dû se faire les siennes ? Parce que les différents climats, les différentes sortes de tempéraments ont nécessité différentes espèces de freins, parce qu’en un mot la vertu s’est multipliée sous mille formes, il n’y a point de vertu sur la terre ? Il vaudrait autant douter de la réalité d’un fleuve, parce qu’il se séparerait en mille branches diverses.

Eh ! Qui prouve mieux et l’existence de la vertu et sa nécessité, que le besoin que l’homme a de l’adapter à toutes ses différentes mœurs et d’en faire la base de toutes ? Qu’on me trouve un seul peuple qui vive sans vertu, un seul dont la bienfaisance et l’humanité ne soient pas les liens fondamentaux, je vais plus loin, qu’on me trouve même une association de scélérats qui ne soit cimentée par quelques principes de vertu, et j’abandonne sa cause ; mais si elle est au contraire démontrée utile partout, s’il n’est aucune nation, aucun état, aucune société, aucun individu qui puissent s’en passer, si l’homme, en un mot, ne peut vivre ni heureux ni en sûreté sans elle, aurais-je tort, ô, mon enfant, de t’exhorter à ne t’en écarter jamais ?

…Si l’erreur te sollicite encore, si la séduction ou ta faiblesse te préparent de nouveaux pièges, songe aux malheurs de tes premiers écarts, songe à un homme qui t’aime comme sa propre fille… dont tes fautes déchireraient le cœur, et tu trouveras dans ces réflexions toute la force qu’exige le culte des vertus, où je veux te rendre à jamais. (Page 61)

Commentaire de SAÃD Jean-Marc le 5 février 2013 à 15:45

Suite encore...

L’honneur m’objecterez-vous ; mais les préjugés des hommes me l’avaient enlevé d’avance ; j’étais ruiné, je ne devais plus avoir d’honneur. On m’eût enfermé, j’eusse passé pour un scélérat, ne vaut-il pas mieux l’être effectivement en jouissant de tous les droits des hommes… en étant libre enfin, que d’en être soupçonné dans les fers ?

Ne vous étonnez pas que l’homme devienne criminel quand on le dégradera, quoique innocent ; ne vous étonnez pas qu’il préfère le crime à des chaînes, dès que dans l’une ou l’autre situation il est attendu par l’opprobre.

Législateurs, rendez vos flétrissures moins fréquentes, si vous voulez diminuer la masse des crimes, une nation qui sut faire un dieu de l’honneur peut culbuter ses échafauds, quand il lui reste pour mener les hommes une aussi belle chimère… Page 35

...Jamais la calomnie n’avait souillé ses lèvres, elle ne se permettait même pas une plaisanterie qui pût affliger son prochain ; pleine de tendresse et de sensibilité pour ses semblables, trouvant les hommes intéressants, même dans leurs défauts, son unique occupation était ou de cacher ces défauts avec soin, ou de les reprendre avec douceur ; étaient-ils malheureux, aucun charme n’égalait pour elle ceux de les soulager ; elle n’attendait pas que les indigents vinssent implorer son secours, elle les cherchait… elle les devinait, et l’on voyait la joie éclater sur ses traits quand elle avait consolé la veuve ou pourvu l’orphelin, quand elle avait répandu l’aisance dans une pauvre famille, ou lorsque ses mains avaient brisé les fers de l’infortune. Page 63

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