Bonjour à tous,

Je suis allocataire du RSA mais ai été radié assez bêtement, mes factures n'ont pas été payées, je me fais massacrer par les frais bancaires et suis étonné de pouvoir encore accéder à internet.

J'ai beaucoup de mal avec le CEDIS, je ne supporte pas la manière dont ils me traitent, le simple fait de vouloir me faire signer un contrat de "ré-insertion" me fait me sentir offensé, je fais de fait partie de la société et n'ai en aucun cas à le prouver.

On me dit qu'il ne s'agit pas de cela mais de ré-insertion dans le monde du travail .... ce n'est pas ce que je ressens au contact de mes interlocuteurs, "ré-insertion" est un terme ambigüe qui permet de faire passer tous les préjugés de la terre.

J'ai très envie de me rendre utile, une fois le CEDIS m'a parlé d'une association qui proposait du travail en forêt, débroussaillement, bucheronnage, élagage etc ... dans un cadre de surcroit enchanteur. De toute façon j'ai réagi comme avec mon entourage, ceux qui ont besoin de mes services c'est oui avant même de savoir ce qu'ils veulent, à la différence que ces derniers me remercient et ne me menacent pas ni ne me font la leçon.

Un soir je vais avec un camarade boire un coup au village, l'apéro sur une terrasse de Giens avec vue sur Porquerolles c'est assez charmant, le lendemain je raconte notre balade et les trois pastis que j'ai bu à la directrice en toute innocence mais elle m'a fait venir dans son bureau et pendant une dizaine de longues minutes m'a fait le leçon sur l'alcoolisme, je ressens encore ma surprise quand j'ai tenté de lui expliquer que je n'étais pas alcoolique, de la voir rebondir en me disant "le verre de vin que l'on boit en mangeant est une forme d'alcoolisme".

Cette petite anecdote m'a beaucoup fait réfléchir, elle montre le poids des préjugés, à cela j'ajoute un constat : la quasi-totalité des travailleurs sociaux présents étaient très peu motivés et convaincu qu'on leur retirerait leur allocation s'ils refusaient.

Un lieu ou l'on fait venir les gens sous la contrainte pour changer leur façon de vivre et de penser, comment doit-on appeler cela ? Je crois que c'est en ces termes que la plupart se posent la question, y compris moi.

Le travail social est à mon avis une catastrophe car les principes sur lesquels il est fondé reviennent à traiter la situation des allocataires comme étant le fruit d'une forme de maladie mentale.

J'aimerais changer cela, actuellement c'est une forme de chantage qui prédomine, la menace d'une coupure des allocations est omniprésente et s'intensifie alors même qu'il y a de moins en moins de débouchés, cela me parait illogique, c'est reprocher à quelqu'un de ne rien faire alors qu'on n'a rien à lui proposer, je pense qu'il faut laisser la place au volontariat.

Mais si l'on demande des volontaires c'est que l'on a quelque chose à leur faire faire qui rende service à la communauté et qu'ils aient envie de faire, il faut motiver sans contraindre.

Il suffit d'abandonner les préjugés et d'être logique, deux catégories de gens sont concernés, ceux qui touchent les allocations et ceux qui les payent, les premiers veulent les toucher et avoir leur chance dans la société, les seconds ne veulent pas payer.

Alors l'idée est de faire alliance avec le contribuable, nous avons un intérêt commun et un immense terrain de jeu : les dépenses publiques et l'intérêt communautaire.

Si je pose au contribuable cette question : "voulez-vous payer moins d'impôts ?", j'ai une vague idée de ce qu'il pourrait répondre, aidons-le et concluons un accord.

Par exemple prenons le cas du logement dont le manque remonte à peu près à l'age des cavernes, tout le monde comprendra facilement qu'il revient moins cher de construire soi-même sa maison plutôt que de faire appel à une entreprise, permettons aux volontaires de construire eux-même les logements dont ils pourront acquérir la propriété, et en échange des terrains et matériaux de construction ils réalisent des travaux d'intérêt collectif, comme des crèches pourquoi pas.

A la fin l'allocataire accède à la propriété, il ne paye plus de loyer donc les allocations qu'il perçoit diminuent d'autant, en plus de cela le contribuable économise aussi sur la construction et l'entretien de bâtiments publics. A ceux qui me diraient que cela serait une incitation à préférer le RSA je fais remarquer qu'une fois construit son logement l'attrait d'un emploi serait double car il ne risquerait pas de perdre les avantages acquis. La difficulté est plus d'ordre technique, il faut une méthode de construction facile à exécuter, peut-être faudra-t-il produire au préalable des matériaux de construction adaptés. On pourrait commencer par chercher des volontaires pour simplement étudier la question et faire des essais.

On peut généraliser le principe à tous les domaines, je trouve même assez jubilatoire de traquer toutes les dépenses publiques que nous pourrions éviter par des actions ciblées, chaque fois que les allocataires fait faire des économies au contribuable ils gagnent des moyens pour eux-même, des moyens qui ne peuvent en aucun cas être financier par contre, les allocataires sociaux sont en dehors du marchés.

On peut mettre quelques terrains cultivables à leur service et utiliser une partie des récoltes pour les cantines, on peut créer un service d'aide administratif dans des locaux construits par les allocataires et un encadrement fourni aussi par eux, ces derniers recevant en contre-partie des fruits et légumes frais produits précédemment ou autres services disponibles comme l'entretien de son véhicule dans l'atelier de mécanique fondé lui aussi sur le même principe. On pourrait peut-être dire que cela revient à organiser l'entraide, mais une entraide boostée par un apport de matériaux de base grâce à l'accord avec le contribuable et le travail fourni dans son intérêt.

Il faut aussi former, instruire et donner à chacun une chance de réaliser ses rêves ou envies. Un gars débarque et dit : "Je veux construire un vaisseaux spatial pour voyager dans l'univers" (il a vu Star Trek à la télé et ça lui est un peu monté à tête).

"Heuuuu, pas de problème", on prend une feuille de papier, on en fait un avion "tiens, améliore-le!"

Pour y parvenir on va lui proposer un accord, il rend un service à la communauté et gagne le droit d'utiliser les infrastructures existantes pour se documenter, apprendre, concevoir puis construire ce qu'il veut.

Ma petite idée connait même son premier succès qui suffit finalement déjà à la justifier : le simple fait de vous en parler me fait un grand bien.

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Réponses à cette discussion

Autoconstruction, oui j'accepte ce terme, c'est bien la part principale du concept, de l'autoconstruction en groupe.

Mais si l'on ne prend que cela, on n'aura qu'un résultat assez maigre due au manque de moyens.

Il nous faut plus de moyens et donc la possibilité de conclure des accords avec la "communauté" (au sens large). Avec le logement on peut le présenter de façon brut et simple, si l'on parvient à construire des logements au tiers du prix habituel alors on peut proposer ceci : pour trois logements construits un va aux participants et deux au fournisseur de matériaux qui les aura donc obtenu à moitié prix. Qui refuserait un tel accord ?

Et cela me parait assez facile à faire en plus, Je crois vous avoir dit que j'avais aidé mon frère à construire sa maison, en partant de ce que j'y ai appris et en extrapolant je n'hésite pas à affirmer que faire baisser le prix au tiers est parfaitement réalisable, avec des matériaux conventionnels et en obtenant des logement de meilleure qualité, avec une meilleure isolation et un confort moderne. Je vais lui poser la question mais il me semble que nous y étions à peu près alors que le terrain choisi est assez cher et qu'il n'y a qu'un étage (2250 euros le m² c'est cher quand même pour des logements sociaux, facile de faire mieux)

Cela représente du travail évidemment et des compétences multiples mais on peut largement simplifier en choisissant des modèles précis, ce n'est pas si difficile, et beaucoup peuvent s'intégrer à une telle opération en se spécialisant dans un travail précis, des femmes le pourraient très bien.

Je n'ai jamais été aussi sérieux qu'en ce moment, je tâtonne un peu pour trouver la bonne formule mais le principe de base me saute aux yeux, et c'est parfaitement réalisable, le problème sera plutôt à mon avis que dans l'esprit de la majorité des gens nous en sommes incapables, et moi j'affirme qu'ils se trompent, nous en sommes parfaitement capable, une seule conditions si on excepte les barrières administratives, il faut que nous en ayons envie.

Après vérification, le tiers est un peu optimiste quand même, cependant il est déjà possible de descendre en dessous de la moitié et si on y ajoute quelques adaptations juridiques on doit pouvoir faire encore mieux.

En conclusion c'est possible mais n'est pas gagné d'avance.

Il faut prouver que des allocataires sociaux sont capables de réaliser un tel travail puis y adjoindre une volonté politique.

Mon raisonnement est donc qu'une partie de la population française est victime d'oppression, conséquence du poids énorme des préjugés et de l'ignorance humaine, une population opprimée cela signifie un potentiel non exploité, c'est dans ce potentiel que je compte puiser les forces nécessaires à ce genre de projet.

Je dis qu'ils en sont capables, si tel est leur choix.

Les mots oui ont une histoire mais nous savons tous deux que pour les mots comme pour l'histoire onpeut leur faire dire n'importe quoi.

Ainsi donc tu as choisi l'exemple des militaires qui doivent marcher au pas , super symbolique alors que ce terme veut ire mille choses differentes.

Apres c'est tiré d'un"livre du""maitre" publié chez Dunod propriété de Lagardere le marchand d'arme alors ta resistance hein .....

Dernier truc c'est quoi LA norme  ???????

Salut GG

Bonjour, je me permets de relancer la discussion, j'ai un peu approfondi ma réflexion sur le sujet.

Si je me concentre sur le logement l'idée que je propose est des plus simple, de l'auto-construction en groupe, la communauté fournit les matériaux et les intéressés fournissent le travail, le bénéfice étant partagé, et au passage on fait de la formation.

Pourquoi aucun politicien ne propose ce genre de solution ?

Je commence à me dire que cela est du à un blocage idéologique : "tout travail doit être récompensé par un salaire", mais finalement en y réfléchissant c'est une main-mise du marché sur le travail, et là réside l'erreur.

On peut travailler pour commercer, faire des affaires et s'enrichir, personnellement je n'ai rien contre, j'aurais même volontier le sens de la compétition (en respectant cependant quelques règles du jeu). Mais on peut aussi travailler pour soi ou pour la communauté non pour une récompense financière mais pour améliorer nos conditions de vie et faire baisser la charge des divers impôts qui pèsent sur les contribuables.

J'ai envie de séparer le travail ayant un objectif économique et commercial de celui ayant un objectif communautaire, le premier paye l'impôt et le second oeuvre à faire baisser la charge de l'impôt.

Fondamentalement je simplifie par une idée : entre la gauche et la droite le problème n'est pas de savoir qui a raison et qui a tort mais de donner à chacun un champ d'action adapté.

Les travailleurs sociaux seraient en première ligne dans un tel projet Laurent, charge à eux d'en assurer le bon fonctionnement. Il me parait indispensable de commencer par leur en parler afin de recueillir leurs réactions, dans ce domaine ce sont eux les professionnels.

Pour le reste je ne suis pas inquiet, si les choses doivent se faire, elles se feront .... naturellement.

Pour le moment d'en avoir parlé ici m'a déjà permis de commencer à percevoir les limites du concept et m'a incité à chercher une vérité plus fondamentale afin de mieux délimiter la frontière, mais c'est encore flou. J'en reste au stade de la conceptualisation car c'est le stade ou j'en suis.

"l'économie sociale et solidaire" ! J'ai un gros doute sur l'efficacité du système et la certitude que cela ne convient guère au concept que je présente, celui-ci se voulant en dehors du marché il ne saurait s'impliquer directement dans une entreprise commerciale.

Je ne suis pas très doué pour les rencontres, je préfère dépenser mon énergie dans la conceptualisation, je crois les idées plus fortes que tout et me moque que les miennes profitent à un autre, rien de cela ne m'appartient.

Finalement je me contente de penser librement à haute voix.

Je poursuis ma réflexion, je propose maintenant de tuer le SMIC, cette chose horrible qui contraint les malheureux patrons à donner un salaire minimum à leurs employés, libérons-les de ce carcan et permettons-leur de donner les salaires de leur choix !

ça vous plait comme idée ?

Je sens une légère incompréhension dans la salle !

Bon, avant d'en arriver là je propose de bricoler un peu quand même, projetons-nous dans un futur idéal ou le projet présenté ici a été mis en oeuvre et optimisé de manière à assurer pour tous un toit, une assiette, un accès à l'éducation et à la santé. Dans ce monde idéal on ne peut plus contraindre les gens à accepter un emploi, ils peuvent vivre sans. Il faudra donc leur en donner envie, d'autant que dès que l'on a un emploi on paye l'impôt, les patrons devraient être content c'est une pleine application du principe du marché libre.

Au niveau des effets j'imagine que tous les travaux pénibles nécessiteraient des salaires convaincants pour trouver preneurs ce qui entrainerait une baisse de compétitivité dans certains secteurs.

En revanche, les gens, assurés de leur minimum vital, pourraient très bien accepter des salaires faibles voir très faibles pour un travail qui leur plait, pour un apprentissage ou toute autre raison qui les motiverait, ce qui aurait pour effet de favoriser l'innovation.

J'escompte qu'au final ce que l'on perd d'un coté on le regagne au quintuple de l'autre en y ajoutant une plus grande paix sociale.

Bonjour,

Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas exprimé sur ce sujet, ma vision sur ma propre proposition était un peu vague à l'époque mais j'ai approfondi ma réflexion et suis en mesure de faire aujourd'hui des propositions plus précises.

Je rappelle les bases de l'idée, il s'agit de permettre à tous ceux qui le souhaitent de participer à un travail d'intérêt collectif de manière à permettre une économie à la collectivité, celle-ci étant ensuite pour partie rendue au contribuable et pour une autre partie mis à disposition.

La part mise à disposition peut être utilisée de bien des manières, bien des choses sont permises, la seule chose interdite finalement étant de se la mettre dans les poches, ce sont des moyens publics, mais on peut accorder une chose au volontaire, le droit de choisir comment sera utilisé la part qu'il a généré par son action.

Il obtient le droit donc de décider d'acheter tout ce qu'il veut et avec le droit de l'utiliser dans le cadre d'un programme de formation ou de travail d'intérêt collectif. il peut faire acheter n'importe quel matériel et se former à son utilisation, et s'il veut ensuite créer une activité à but tout à fait lucratif on lui permet de racheter le matériel en retardant son remboursement pour qu'il ait le temps de lancer son affaire.

A partir de là, quelqu'un d'isolé sans aucun moyen peut envisager quelque chose, même si la route reste longue et difficile, et à chaque étape il aura la satisfaction de pouvoir affirmer qu'il a fait les choses de ses mains et ne doit rien à personne.

J'aime bien ces discussion, qui reviennent à la surface comme les serpents de mer... En plongée en novembre, coucou le revoilou en juillet! Ceci dit Thierry, vous n'avez pas un exemple à partager? Ce que vous dites me parait bien abstrait... 

Un exemple ?! Ho oui, ça c'est possible.

Je vais choisir pour commencer un exemple simple susceptible de concerner le plus grand nombre.

Un chômeur longue durée, allocataire du RSA, se passionne pour les espaces verts et participe depuis plusieurs années en tant que bénévole à l'entretien des espaces verts de sa commune. Son travail à temps partiel permet une économie pour la collectivité de 600 euros par mois, 300 retournent vers le contribuable et 300 alimentent la part sur laquelle notre volontaire aura pouvoir de décision, au bout de 1an et demi d'efforts cette part se monte à environ 5 000 euros.

Un entrepreneur local, un pépiniériste par exemple, cherche à recruter du personnel non qualifié, il vient chercher ce personnel parmi les volontaires sociaux car il aura ainsi l'assurance de recruter quelqu'un qui aura choisi cette orientation par passion et aura une première expérience, il en arrive ainsi à proposer l'emploi à notre volontaire. Celui-ci est d'accord mais l'entreprise se trouve à une quinzaine de kms dans un secteur mal desservie par les transports en commun.

Notre volontaire peut alors se choisir un véhicule d'occasion auprès d'un spécialiste et le faire acheter s'il ne coute pas plus de 5 000, le véhicule lui est ensuite revendu mais le remboursement est reporté à une date ultérieure, ainsi il peut sereinement et rapidement aller travailler et faire face à ses dépenses comme par exemple l'installation dans un nouveau logement.

Autre exemple, plus sophistiqué, celui d'un jeune arrogant et prétentieux, habile dessinateur et passionné par l'automobile, il a vu à la télé une émission américaine sur le tuning auto et veut faire ça.

Il commence par un travail d'intérêt collectif quelconque en tant que volontaire, accumule des droits de décision sur une part financière et fait acheter le matériel nécessaire pour effectuer des dessins complexes et précis sur carrosserie auto.

Pour la suite l'organisme chargé de gérer les volontaires doit disposer de locaux divers à mettre à disposition de notre candidat qui pourra ainsi y placer son matériel et commencer à travailler, mais toujours en tant que bénévole puisque rien n'est à lui, il peut  se faire la main gracieusement sur des véhicules appartenant à des collectivités ou se chercher des clients qu'il fera payer pour ses services, étant toujours entendu que les bénéfices ne sont pas pour lui, il y gagne en expérience et se fait une clientèle et en parallèle est formé à la gestion d'entreprise.

Au moment jugé opportun, il se lance pour créer sa petite affaire, il lui faut encore trouver un local adapté et faire face à quelques dépenses, mais il dispose du matériel dont le remboursement est reporté à une date ultérieure, d'une première expérience et même d'une clientèle, ce qui devrait faciliter les choses.

Ca m'amuse bien les exemples, un autre :

Un domaine important, le bâtiment.

J'imagine que l'on peut aisément chiffrer le coût normal pour la construction de logements ou de structures publiques, à partir de là un groupe déterminé peut se former avec pour but de réussir de gros coup.

On suppose que l'outillage et les engins nécessaires ont été acquis par l'organisme public qui gère les volontaires grâce à de précédentes opérations, notre équipe ne compte dans les dépenses que les matériaux de construction et le nécessaire pour faire fonctionner engins et outils, charge à eux de faire le boulot, ils devront le faire tout en se formant, à la fin ils gagnent un droit de décision sur une part pré-établie de l'économie réalisée.

Déjà un groupe capable de travailler efficacement ensemble cela peut intéresser une entreprise, mais notre équipe peut avoir une autre idée du genre faire acheter du matériel lourd et tenter leur chance, s'ils échouent le matériel revient et s'ils réussissent c'est de l'argent qui revient.

On peut aller plus loin.

Celui qui utilise pour un avantage personnel le pouvoir qu'il a gagné sait qu'il devra rembourser, beaucoup ne l'utiliseront pas ainsi, ils auront alors la possibilité de soutenir un projet de leur choix.

Là je vais encore me régaler avec les exemples :

_ Je reviens sur le jeune qui fait de jolis dessins sur les carrosseries de voitures, il a son outillage, une première expérience, une formation à la gestion d'entreprise et même un premier noyau de clientèle pour l'aider à démarrer, mais il n'a pas de local, pour celui qui l'intéresse il faut verser une caution, il présente son projet et explique ses besoins, s'il reçoit assez de soutiens la caution est payée et la somme due mais son remboursement reporté.

_ Centre de production et de formation agricole. Si l'on crée un peu partout des centres d'activités/formations avec des volontaires il faut envisager de les nourrir, un bon repas pour un travailleur me parait légitime. Autant produire nous-même l'essentiel des produits nécessaires en créant un centre de production/formation agricole, et dans la foulée envisager de fournir des cantines scolaires. Il faut beaucoup de choses pour faire fonctionner un tel centre de formation, si les soutiens matériels des volontaires ne suffisent pas les collectivités peuvent décider de soutenir le projet.

_ Des projets annexes peuvent se greffer sur le précédent comme l'achat ou la construction d'un restaurant gastronomique bien placé et centre de formation lui aussi mais qui accueille des clients payant leur addition, les bénéfices revenant aux collectivités impliquées dans le projet. Je verrais bien aussi, à coté du centre de production agricole, un centre de vacance avec une série de formations pour chaque spécialité nécessaire (cuisine, entretien, accueil, gestion et comptabilité, travaux divers, animation, etc ...), il faut donc construire une série de logements et locaux divers, pendant la saison touristique on y accueille une clientèle payante tandis que le reste de l'année on pourra accueillir des écoles pour un séjour cette fois entièrement gratuit.

_ Projet de construction d'une zone d'activité pour pouvoir mettre à disposition des apprentis entrepreneurs des locaux dans lesquels ils pourront utiliser le matériel qu'ils ont fait acheter.

Là j'évoque de gros projet mais pour que cela fonctionne il leur faut leur énergie de fonctionnement, la force motrice, celle donnée par les volontaires qui feront le boulot, il faut qu'un grand nombre de volontaires viennent faire un boulot sans espoir d'en tirer un bénéfice financier. Je mise sur la qualité de l'accueil et surtout sur le désir de chacun de se sentir utile. Il y a des sans emploi par millions en France, il y aura forcément un grand nombre de volontaires à condition qu'ils en soient informé, le problème sera de rendre facilement accessible à chacun la liste et les conditions des projets disponibles, l'information doit circuler avec une grande efficacité.

La première motivation doit être la solidarité, le contribuable paye les RSA, les écoles, hôpitaux, les administrations de manière générale dans tous ce qu'elles peuvent avoir de lourdeur, l'armée, la recherche etc ... etc ... ils sont de moins en moins nombreux à devoir payer de plus en plus, nous devons aider en prenant notre part et en échange nous gagnons le respect de même que le bien-être personnel et une plus grande liberté de décision et d'action. Le système des droits de décision et d'utilisation sur une part financière a pour principale vertu de remplacer le prêt bancaire là ou il fait défaut, là ou il n'y a aucune garantie, la garantie vient du travail collectif des volontaires, ils se la sont construite eux-même et les biens engagés sont déjà payés, dès le début.

Je poursuis, je fais un monologue un peu brouillon, je balance les idées comme elles me viennent, quand j'aurai fini de m'exciter et retrouvé mon calme j'ouvrirai une nouvelle discussion pour présenter l'ensemble en un coup, proprement. Pour le moment j'ai encore de quoi balancer 4 ou 5 gros pavés..

Dans la première version je me suis attaché à préserver un principe d'apparence vertueuse voulant que les activités publiques ne doivent pas concurrencer l'économie privée, mais c'est un principe pervers, deux exemples pour montrer cela :

_ J'ai travaillé pour un organisme d'insertion sociale faisant de l'entretien forestier, cette activité générait une production de bois de qualité (pin et chêne) qui partait à la décharge, il ne leur était pas permis de vendre le bois car cela aurait concurrencé les entreprises privées du secteur, c'est évidemment totalement absurde, c'est l'argent du contribuable qui était détruit avec ce bois. Ils ont fini par changer de comportement et aujourd'hui vendent le bois.

_ Lors d'un RDV avec un conseiller en ré-insertion du CEDIS je lui ai posé une question précise correspondant à une difficulté précise rencontrée lors de l'élaboration d'un projet, je voulais un site internet permettant à des clients de réserver et d'effectuer des achats, je pensais qu'il existait quelques modèles de base que l'on n'aurait plus qu'à utiliser, il m'a répondu non, tout ce qu'il pouvait me proposer était une formation de 6 semaines pour en gros apprendre à le faire moi-même, ils ne pouvaient pas nous proposer des modèles de base tout fait car cela aurait concurrencé les concepteurs de site internet du privé, il ne me restait plus comme solution que les six semaines de formation aux frais du contribuable ou trouver un financement pour payer les services d'un professionnel. Si pour chaque étape on nous présente la même problématique, et c'est le cas, il devient très difficile de créer quoi que ce soit. Disposer d'un service informatique animé par des volontaires non entravés par des interdits absurdes permettrait de faciliter bien des choses.

Je suis d'avis de renoncer définitivement à ce principe pour ne garder que l'interdiction pour les volontaires de tirer un bénéfice direct et personnel, ils ne gagnent qu'un droit de décision sur une part financière qui ne leur appartient pas, une formation ou même la simple satisfaction d'être utile. Si un volontaire, plutôt que d'avoir une activité qui permet au contribuable une économie, préfère en avoir une qui lui permet un bénéfice, cela est tout autant valable.

Pour tout projet, quel qu'il soit, il faut prendre en compte l'encadrement, celui-ci pouvant être plus ou moins lourd selon les objectifs des projets, du simple contrôle épisodique au centre de formation complexe, il faut le déduire du comptage de la part économisée ou gagnée pour le contribuable, ce qui risque de fortement réduire l'intérêt pour le volontaire qui en plus de la formation voudrait gagner des droits sur une part financière, mais les diverses collectivités (communes, organisme gérant les volontaires, état, etc ...) peuvent décider de soutenir un projet en prenant en charge tout ou partie de l'encadrement et des frais divers, voir même en finançant directement la part mise à disposition des volontaires.

Exemple : une région rurale veut relancer son économie en favorisant des activités touristiques. Région, volontaires et organisme gérant les volontaires, ensemble, construisent et font fonctionner un centre de vacance payant lié à un centre de formation, les participants volontaires pourront y acquérir toutes les compétences nécessaires pour s'insérer dans le tissus économique visé, disposant même de ce qui fait office de droit à un prêt. Pour la région c'est une formation professionnelle ciblée pour un moindre coût, surtout si on y ajoute d'autres avantages comme l'accueil, en dehors des périodes touristiques, d'écoles ou autres. La part des bénéfices revenant au contribuable est distribuée aux collectivités impliquées dans le projet à hauteur de leur implication.

L'organisme public chargé de gérer les volontaires disposera de ses propres fonds pouvant provenir de l'état qui souhaite favoriser son développement ou de l'activité des volontaires, il y a de nombreuses sources de revenus, par exemple un volontaire à utilisé son droit pour faire acheter du matériel et monter une affaire, il réussit son coup et rembourse au final le prêt initial, cet argent revient à notre organisme, s'il échoue les biens engagés reviennent et peuvent être engagés sur d'autres projets dont un qui pourrait d'ailleurs consister à les recycler ou à les vendre.

Si je pousse la logique je vois se dessiner des économies de fonctionnement, un bon exemple pourrait concerner pôle emploi, déjà privé du devoir d'exercer une pression psychologique sur les demandeurs d'emploi il voit la prise en charge d'une partie d'entre eux lui être retiré. A terme on devrait voir se former une fusion entre une partie de pôle emploi, une autre de formation professionnelle et l'organisme gérant les volontaires, peut-être même à plus long terme une fusion totale.

Objectif : Mars

Nous sommes dans un futur proche, le système à été mis en place depuis peu et environ 20 000 personnes participent à des projets d'intérêt collectif et avec les droits acquis il s'en trouve un pour dire : "Je veux allouer ma part à un projet de construction d'un vaisseau spatial pour aller sur Mars", mieux, il présente le projet à la communauté et six mois plus tard 200 travailleurs volontaires ont décidé de placer aussi leur part dans ce projet tandis que 400 autres déclarent être prêts à venir aider et s'impliquer personnellement et directement, ils sont chiants ces chômeurs, on leur donne le droit de rêver, hé bien, ils le prennent. Mais il faut quand même se poser la question sur l'utilisation qui est faite de l'argent public, les moyens mis à disposition sont tout de même sensés générer de l'activité. Faut-il laisser faire ?

Je crois que oui, voir même soutenir, à condition de l'intégrer dans un programme plus vaste, si par exemple il faut un tourneur, un volontaire recevant une formation dans ce domaine peut s'en charger, les matériaux, le transport et la prime de droits financiers étant fournis par les soutiens au projet.

C'est du libéralisme social et les projets les plus fous peuvent être envisagé.

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