Bonjour à tous,

Je suis allocataire du RSA mais ai été radié assez bêtement, mes factures n'ont pas été payées, je me fais massacrer par les frais bancaires et suis étonné de pouvoir encore accéder à internet.

J'ai beaucoup de mal avec le CEDIS, je ne supporte pas la manière dont ils me traitent, le simple fait de vouloir me faire signer un contrat de "ré-insertion" me fait me sentir offensé, je fais de fait partie de la société et n'ai en aucun cas à le prouver.

On me dit qu'il ne s'agit pas de cela mais de ré-insertion dans le monde du travail .... ce n'est pas ce que je ressens au contact de mes interlocuteurs, "ré-insertion" est un terme ambigüe qui permet de faire passer tous les préjugés de la terre.

J'ai très envie de me rendre utile, une fois le CEDIS m'a parlé d'une association qui proposait du travail en forêt, débroussaillement, bucheronnage, élagage etc ... dans un cadre de surcroit enchanteur. De toute façon j'ai réagi comme avec mon entourage, ceux qui ont besoin de mes services c'est oui avant même de savoir ce qu'ils veulent, à la différence que ces derniers me remercient et ne me menacent pas ni ne me font la leçon.

Un soir je vais avec un camarade boire un coup au village, l'apéro sur une terrasse de Giens avec vue sur Porquerolles c'est assez charmant, le lendemain je raconte notre balade et les trois pastis que j'ai bu à la directrice en toute innocence mais elle m'a fait venir dans son bureau et pendant une dizaine de longues minutes m'a fait le leçon sur l'alcoolisme, je ressens encore ma surprise quand j'ai tenté de lui expliquer que je n'étais pas alcoolique, de la voir rebondir en me disant "le verre de vin que l'on boit en mangeant est une forme d'alcoolisme".

Cette petite anecdote m'a beaucoup fait réfléchir, elle montre le poids des préjugés, à cela j'ajoute un constat : la quasi-totalité des travailleurs sociaux présents étaient très peu motivés et convaincu qu'on leur retirerait leur allocation s'ils refusaient.

Un lieu ou l'on fait venir les gens sous la contrainte pour changer leur façon de vivre et de penser, comment doit-on appeler cela ? Je crois que c'est en ces termes que la plupart se posent la question, y compris moi.

Le travail social est à mon avis une catastrophe car les principes sur lesquels il est fondé reviennent à traiter la situation des allocataires comme étant le fruit d'une forme de maladie mentale.

J'aimerais changer cela, actuellement c'est une forme de chantage qui prédomine, la menace d'une coupure des allocations est omniprésente et s'intensifie alors même qu'il y a de moins en moins de débouchés, cela me parait illogique, c'est reprocher à quelqu'un de ne rien faire alors qu'on n'a rien à lui proposer, je pense qu'il faut laisser la place au volontariat.

Mais si l'on demande des volontaires c'est que l'on a quelque chose à leur faire faire qui rende service à la communauté et qu'ils aient envie de faire, il faut motiver sans contraindre.

Il suffit d'abandonner les préjugés et d'être logique, deux catégories de gens sont concernés, ceux qui touchent les allocations et ceux qui les payent, les premiers veulent les toucher et avoir leur chance dans la société, les seconds ne veulent pas payer.

Alors l'idée est de faire alliance avec le contribuable, nous avons un intérêt commun et un immense terrain de jeu : les dépenses publiques et l'intérêt communautaire.

Si je pose au contribuable cette question : "voulez-vous payer moins d'impôts ?", j'ai une vague idée de ce qu'il pourrait répondre, aidons-le et concluons un accord.

Par exemple prenons le cas du logement dont le manque remonte à peu près à l'age des cavernes, tout le monde comprendra facilement qu'il revient moins cher de construire soi-même sa maison plutôt que de faire appel à une entreprise, permettons aux volontaires de construire eux-même les logements dont ils pourront acquérir la propriété, et en échange des terrains et matériaux de construction ils réalisent des travaux d'intérêt collectif, comme des crèches pourquoi pas.

A la fin l'allocataire accède à la propriété, il ne paye plus de loyer donc les allocations qu'il perçoit diminuent d'autant, en plus de cela le contribuable économise aussi sur la construction et l'entretien de bâtiments publics. A ceux qui me diraient que cela serait une incitation à préférer le RSA je fais remarquer qu'une fois construit son logement l'attrait d'un emploi serait double car il ne risquerait pas de perdre les avantages acquis. La difficulté est plus d'ordre technique, il faut une méthode de construction facile à exécuter, peut-être faudra-t-il produire au préalable des matériaux de construction adaptés. On pourrait commencer par chercher des volontaires pour simplement étudier la question et faire des essais.

On peut généraliser le principe à tous les domaines, je trouve même assez jubilatoire de traquer toutes les dépenses publiques que nous pourrions éviter par des actions ciblées, chaque fois que les allocataires fait faire des économies au contribuable ils gagnent des moyens pour eux-même, des moyens qui ne peuvent en aucun cas être financier par contre, les allocataires sociaux sont en dehors du marchés.

On peut mettre quelques terrains cultivables à leur service et utiliser une partie des récoltes pour les cantines, on peut créer un service d'aide administratif dans des locaux construits par les allocataires et un encadrement fourni aussi par eux, ces derniers recevant en contre-partie des fruits et légumes frais produits précédemment ou autres services disponibles comme l'entretien de son véhicule dans l'atelier de mécanique fondé lui aussi sur le même principe. On pourrait peut-être dire que cela revient à organiser l'entraide, mais une entraide boostée par un apport de matériaux de base grâce à l'accord avec le contribuable et le travail fourni dans son intérêt.

Il faut aussi former, instruire et donner à chacun une chance de réaliser ses rêves ou envies. Un gars débarque et dit : "Je veux construire un vaisseaux spatial pour voyager dans l'univers" (il a vu Star Trek à la télé et ça lui est un peu monté à tête).

"Heuuuu, pas de problème", on prend une feuille de papier, on en fait un avion "tiens, améliore-le!"

Pour y parvenir on va lui proposer un accord, il rend un service à la communauté et gagne le droit d'utiliser les infrastructures existantes pour se documenter, apprendre, concevoir puis construire ce qu'il veut.

Ma petite idée connait même son premier succès qui suffit finalement déjà à la justifier : le simple fait de vous en parler me fait un grand bien.

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Réponses à cette discussion

600 000 emplois vacants : la coke est fortement déconseillée !!!

Les chiffres les plus fous circulent faut arrêter un peu de délirer , il y a oui des emplois qui ne trouvent pas preneur mais tout coller sur la fainéantise des Rsistes .......

D'abord il faut avoir la qualification ,n'être pas à 150 bornes et le manque de formation est une evidence surtout pour ceux qui ne travaillent pas et ont de maigres moyens.

J'ai filé une bagnole en bon état à un couple pour que le mari puisse finir sa formation , ils m'avaient été adressés par un pote qui bosse a l'UDAF  ils étaient dans une procédure de surendettement, mon pote s'occupant de leur dossier, et voulaient faire un crédit pour une bagnole !!

Il y a 6 mois j'ai été filer une cartouche de tabac,on me l'avait ramené d'Espagne mais ce n’était pas le bon , à une asssoc "d'insertion" , qui faisait aussi auto-école pour que les gens aient leur permis pour avoir de la mobilité professionnelle .

Quand j'ai demandé si ils bossaient avec un garage social ou autre vu le prix de la moindre épave , ben là rien , niet ,nada .......

De plus le RSA n'ouvre aucun droit à la retraite , sauf qqes trimestres si la personne à un emploi + RSA complémentaire et ce au prorata des heures .

Alors oui il y a sans doute qqes personnes qui pourraient occuper des emplois mais de la à généraliser ................

nombre emplois non pourvus

Pourquoi emplois non pourvus

Un garage social, voilà qui me plait David, il doit bien y avoir, entre les allocataires et les jeunes sans emploi, assez de volontaires pour le faire tourner tout en se formant si besoin, des volontaires qui y gagneraient le droit de profiter des avantages offerts par d'autres comme le coiffeur social, le paysan social ou autres, quand aux biens nécessaires (locaux, outils, pièces détachées, etc...) ils seraient obtenus par des accords sociaux avec les diverses collectivités (communes, régions, état, etc..).

Bonne remarque de Joseph, comment organiser concrètement cet accord entre allocataires et contribuables ?

Les allocataires auxquels j'ajoute les jeunes de 18 à 25 ans privés de ressources ou les SDF doivent être organisés, là est la principale difficulté. Je pense qu'il faudrait un noyau dur de travailleurs sociaux pour assurer la pérennité de cette organisation, on peut même mettre à la tête un ministre délégué.

Ensuite je vois des accords au coup par coup, par exemple avec une commune, imaginons une rencontre entre un maire et un représentant de ce nouveau ministère, à eux deux ils pourraient définir les besoins et possibilités de chacun des parties puis attribuer des points pour chaque tâche effectuée, des points donnant droit à des biens matériels (terrains, outillages, matériaux divers, etc..), tout ce dont le ministère pourrait avoir besoin pour le bien-être et l'émancipation de la population sans emploi dont il a la charge. De tels accords peuvent être conclus avec les municipalités donc, mais aussi avec les régions, départements ou avec l'état, et certainement souvent concerner plusieurs de ces institutions.

Reprenons l'exemple du logement, le montant de la facture ne me semble pas trop difficile à établir, il faut compter la valeur des terrains, les couts de construction et d'entretien. Quand à savoir qui paye cette facture on peut dire que c'est le contribuable mais par quel voie, quels intermédiaires, communes, régions, état ? Nous voulons faire baisser cette facture en fournissant la main d'oeuvre ou en produisant nous-même une partie des matériaux de construction et chaque économie nous donne droit à des biens d'une valeur significativement inférieure à l'économie réalisée sous la forme de points comme précédemment. Un logement social aurait une valeur définie en points, quelqu'un qui en aurait suffisamment pourrait devenir propriétaire d'un logement s'il le souhaite.
 L'autre part de l'économie réalisée sera rendu au contribuable sous la forme de réductions d'impôts ou ré-utilisée pour d'autres projets de constructions ou d'amélioration de la vie quotidienne.

Un système au final assez complexe à mettre en oeuvre, si vous avez des idées pour affiner la construction, elles sont le bienvenu.

Merci beaucoup SAÃD pour cet excellent reportage, certaines de ces maisons en paille sont vraiment magnifiques et leurs vertus isolantes sont très intéressantes, mais elles ne me semblent guère convenir au secteur urbain ou une certaine densité de population doit être prise en compte. Une méthode de construction à ne pas écarter mais à réserver à des cas particuliers. Il faut pouvoir construire sur deux ou trois étages à un prix défiant toute concurrence.

J'ai abordé le problème avec un ami qui a longtemps dirigé une entreprise d'une quarantaine d'employés. D'après lui il faut réduire les coûts de transports. J'en déduis qu'il faut s'équiper de moyens de transport, aller chercher à la source les matières premières et les assembler sur place.

L'aspect écolo doit être pris en compte autant que possible, mais il ne peut constituer une priorité.

"L'aspect écolo doit être pris en compte autant que possible, mais il ne peut constituer une priorité."

Et pourtant !!

La maison en paille bonne idée cela peut se faire avec des enduits en terre. Le plus difficile c'est le travail que cela demande, la fatigue que cela représente mais le résultat est autre chose du point de vue de la qualité de l'habitat. Plusieurs tonnes de terre à tamiser. La terre rien de mieux avec 30 % d'argile et de l'huile de coude. 

Trop cher.

Si on construit avec des maisons individuelles, le prix des terrains en milieu urbain explose, et dès qu'on veut élever la hauteur on se heurte au problème de la structure en bois très couteuse.

Ce n'est pas adapté à la situation, cela peut éventuellement être utilisé pour des cas particuliers mais c'est tout.

http://treatthetreaty.org/fr

Est-ce mieux qu'une poignée de bonhomme soit propriétaire  ? Planète  à vendre : http://treatthetreaty.org/fr

Là vous partez sur du militantisme hors-sujet.

L'intention ici est plutôt de rester en dehors du marché commercial et financier..

En tant qu'allocataire du RSA, on m'a refusé le droit d'étudier la physique en affirmant que c'était une activité de loisir et non une démarche de ré-insertion, et cela fut à l'origine de ma radiation par le conseil général. Si je tente de leur expliquer que le marché mondial est mal foutu (ce que je crois volontiers), je serai une nouvelle fois radié.

Je veux que soit mis un terme aux radiations, elles exposent les allocataires aux frais bancaires et les maintien dans une pauvreté extrême, je veux aussi que nous ayons une chance de faire ce qui nous tient à coeur pour créer et innover, que notre imagination soit libérée et bénéficie d'un limon  fertile pour s'épanouir.

Cela ne nous sera pas accordé sans contrepartie, nous devons être utile mais tout en restant en dehors, les dépenses publiques sont notre terrain d'action, je propose d'oeuvrer à les réduire.

N'auriez-vous pas dans la manche quelques dépenses publiques délirantes sur lesquelles il conviendrait de se pencher ?

Je commence doucement à me documenter : https://www.prets.caissedesdepots.fr/IMG/pdf/eclairages_-_no1.pdf

Les contraintes dictent nos réactions.

Je pense qu'il ne faut pas vouloir faire trop compliqué, pas plus de trois étages et on se passe d'ascenseur, pas non plus de parking sous-terrain, Il faut aussi réaliser tous les travaux annexes de terrassement, les aménagements extérieurs, la voirie et les espaces verts, etc ..., au final en s'y prenant bien on doit pouvoir réduire le coût au tier.

Si l'on veut pouvoir devenir propriétaire, il va falloir assumer ce dernier tier, l'idée sera donc de demander par exemple à une commune de l'assumer en échange de services divers, là une étude sérieuse de la gestion des communes est nécessaire pour déterminer ou intervenir (je vais étudier de plus près celle de ma commune).

Je connais les allocataires du RSA, je sais qu'il y aura suffisamment de volontaires pour se lancer dans ce genre d'aventure, pour contre il faudra bien baliser la route pour que quelqu'un n'ayant aucune expérience dans ce domaine puisse se former et s'y intégrer rapidement. Il y a en France un énorme besoin en logements sociaux qui ne parvient pas à être comblé à cause des coûts de construction, si l'on parvient à proposer aux communes un moyen de se conformer à la législation pour un prix très réduit, cela peut fortement pousser en avant la construction sociale.

Je crois nos amis dirigeants bourrés de préjugés et souvent dénués de scrupules, mais je ne les crois pas stupide et suis sur qu'ils savent compter.

Bref tu nous réinventes les "Castors"  de l’après guerre ...........

Ils existent toujours même si les "œuvres"  collectives sont beaucoup plus rares mais dans l'autoconstruction ils restent tjrs une référence ......

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