Social et médico-social versus service à la personne

Bonjour,

Je m'intérroge sur l'avenir de la profession. D'un côtés les services sociaux n'ont plus les moyens de remplir leurs missions, de l'autre les Service à la Personne se développent de manière exponentielle avec des acteurs de terrain sur-exploités et peu formés aux problématiques sociales complexes. Dans tous les cas la personne fragile est prise en otage dans des dispositifs corporatifs qui n'échangent pas alors que l'ensemble des savoirs faire est énorme.

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Rozenn a dit :

samsah, sessad, savs ... existent déjà (depuis longtemps pour certains)

Alors je ne suis pas cynique ou défaitiste mais parfois je me dis qu'on passe notre temps à inventer des solutions, à accepter des exceptions et que c'est complexe pour le professionnel d'avoir autant de personnes à panser oups à penser.

La réalité pour certaines personnes est que l'institution peut-être violente parce que sortir d'un chez-soi duquel on est pas sorti depuis longtemps ça peut-être brutal. Je pense à une personne qui n'a pas pu être admise dans notre structure parce qu'elle n'arrivait pas toujours à sortir de chez elle, à une autre qui ne vient qu'une demie-journée parce que c'est déjà bien assez pour elle, à ces personnes qui ne parlent pas français et pour qui c'est encore plus compliqué...

Pour certaines personnes, il y a comme un vide entre eux et l'institution

En fait, il y a quelque chose qui me tient à coeur dans ma structure : c'est de fermer les portes. Mais je ne sais pas si c'est perdu d'avance. ça m'a pris 3 CVS pour obtenir qu'on ferme à clefs la structure pendant le repas. C'est l'histoire de notre structure : ouverte et hospitalière. Sur le site de l'association, elle est le lieu où tout le monde passe. Le problème c'est que ça donne l'image d'un bâtiment passoire comme un moi poreux,. Comment peut-on accueillir des personnes qui ne semblent pas avoir construit un moi-peau contenant dans une structure aussi ouverte?

Gaël, désolée du coup je me suis éloignée de votre problématique!

Biensûr, ça m'aurait bien intéressé comme boulot et c'est ça que j'aimerai bricoler, quelque chose entre le service à la personne et le savs...

Gaël a dit :



Rozenn a dit :

samsah, sessad, savs ... existent déjà (depuis longtemps pour certains)

entre le service à la personne et l'institution, non?

Parfois, il manque un petit quelque chose entre la personne et l'institution.

Il y a des tas de dispositifs pour accueillir les personnes. Le problème c'est le passage de l'un à l'autre. Une personne en CHRS, si vous lui communiquez l'adresse de "sport et culture solidaire" ou que vous lui imprimez des billets gratuit grâce à "culture pour tous", n'ira pas. Même si vous trouvez un moyen de l'accompagnez la première fois, le passage de la coque protectrice du domicile à l'extérieur est trop violent. Quand vous avez la chance de travailler dans un établissement qui permet de mettre en place des actions innovantes vous pouvez éventuellement faire émerger le désir pour une activité puis ouvrir progressivement sur l'extérieur pour que la personne puisse s'affranchir de l'institution. 

Dans le service à la personne il y a ce potentiel mais les temps d'intervention sont trop courts et les intervenants au quotidien ou les responsables de secteur ne sont pas des éducateurs.

Djamila Zaatri a dit :

Alors je ne suis pas cynique ou défaitiste mais parfois je me dis qu'on passe notre temps à inventer des solutions, à accepter des exceptions et que c'est complexe pour le professionnel d'avoir autant de personnes à panser oups à penser.

La réalité pour certaines personnes est que l'institution peut-être violente parce que sortir d'un chez-soi duquel on est pas sorti depuis longtemps ça peut-être brutal. Je pense à une personne qui n'a pas pu être admise dans notre structure parce qu'elle n'arrivait pas toujours à sortir de chez elle, à une autre qui ne vient qu'une demie-journée parce que c'est déjà bien assez pour elle, à ces personnes qui ne parlent pas français et pour qui c'est encore plus compliqué...

Pour certaines personnes, il y a comme un vide entre eux et l'institution

Je crois que chaque éducateur est porté par un idéal et malheureusement (ou heureusement?) il bute souvent sur la réalité. La question du désir et de l'activité m'interpellent. Est-ce que le désir de l'éducateur ne prend pas le pas parfois sur celui de la personne accompagnée? Est-ce que l'activité est notre objectif ou est-ce juste un moyen pour la personne accompagnée de répondre à son désir : avoir du lien social?

L'idéalisation demande surement un traitement particulier, pour l'élimer et l'entamer un peu. Partons de  l'assertion de Freud sur les 3 métiers impossibles (1925) parce qu'on peut y être sûrs d'un résultat insuffisant (1937). ça calme! Quant au désir, qui est tout autre chose, à distinguer de l'envie, ça n'est guère que dans un après-coup qu'on en sait un bout. Et le désir n'est jamais pur. On y inscrit forcément quelque chose de sa propre subjectivité. D'où l'importance de bénéficier de lieux spécifiques où ça puisse se dire et s'éclairer: supervision, réunions cliniques etc  "Qu'est ce que tu lui veux à cet enfant, ado, adulte?" 


Alors c'est vrai que l'activité permet d'avoir du lien social, mais pas que, ou pas toujours. Madame Tintouin se découvre une passion pour les maquettes de bateaux lors d'une activité au sein d'une maison relais. L'activité proposée par un stagiaire a une durée limité dans le temps. A son départ, madame Tintouin a très envie de continuer à pratiquer. Cette envie est si forte qu'elle passe au-delà de ses appréhensions à aller sur l'extérieur et se fait accompagner vers un club en ville. Elle y a régulièrement, ce qu'elle veut c'est construire des maquettes, elle se fiche des gens qu'elle rencontre là-bas.

Le désir de l'éducateur? Pour une activité? J'ai souvent vu ça aussi. D'où l'intérêt d'avoir des tas d'outils dans sa besace et d'avoir eu une bonne formation initiale ou l'on apprend à créer des supports en fonction des observations du quotidien (c'est pas ça le métier?). Bricoler, mais pas trop bien et surtout en n'étant pas un expert de son support pour laisser à désirer et orienter sur l'extérieur...


Djamila Zaatri a dit :

Je crois que chaque éducateur est porté par un idéal et malheureusement (ou heureusement?) il bute souvent sur la réalité. La question du désir et de l'activité m'interpellent. Est-ce que le désir de l'éducateur ne prend pas le pas parfois sur celui de la personne accompagnée? Est-ce que l'activité est notre objectif ou est-ce juste un moyen pour la personne accompagnée de répondre à son désir : avoir du lien social?

OUi ça calme! Et reprise de l'APP la semaine prochaine, enfin!

Des tas d'outils dans sa besace et aussi des tas d'idées dans la tête! Parce qu'il faut contenter tout le monde même ceux qui ne sont pas en demande ou qui n'en ont pas l'air en tout cas.

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