Vous-êtes vous déjà retrouvé à un poste où l'on n'attendait pas de vous d'être éducateur, mais de donner un cours, d'organiser un soutien scolaire, voir d'amuser un groupe? Dans une équipe qui ne s'intéresse qu'à la production finale pour le fameux rapport à rendre à l'organisme subsidiant?

Personnellement, c'est parfois le sentiment que j'ai. Entre mon patron qui broie du chiffre et un cadre aux définitions ridicules, j'ai parfois l'impression d'étouffer les enfants avec qui je travaille, de les dégoûter, alors que je suis persuadé que ce genre d'institution, de celles qui mettent en projet et questionne les représentations qu'ils se font, qu'ils se créent, que ces institutions dont le but est d'ouvrir des portes a tout son intérêt pour tous les enfants. Pour peu évidemment que la souplesse, l'envie de travailler, l'envie d'être là soit également là de la part des adultes, des encadrant. 

Comment donner envie à ses collègues? Comment, lorsqu'on est le nouveau, tout frais, tout prêt, peut-on partager sa motivation en espérant recevoir de l'expérience. J'essaie, tant bien que mal, mais l'image que je renvoie oscille entre le moralisateur de service et le dictateur à idées pédagogiques. 

Pourtant, quand je vois les minots, dont certains émettent cent mille projets à la seconde ou d'autres qui sont capables d'une curiosité folle, je me dis que c'est presqu'un défaut d'éthique que de ne pas les écouter, que d'accepter le laisser-aller au sein du cadre décrétal que nous savons tous restrictif, alors que nous pourrions faire tellement plus... Serait-ce ma morale qui se place mal? 

Suite au cri de ralliement de Monsieur Rouzel, j'ose déposer ici ces questions qui tournent et qui, parfois, se cristallisent en une rage qui me rend hostile à tout échange avec mes collègues... Je serais curieux d'avoir vos réactions, vos expériences, vos avis, ...

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Réponses à cette discussion

Yuri, vous aurions fait fuir?

Non Louise, mais je suis touché que vous le demandiez... Je découvre juste beaucoup de chose, et dois de ce fait me renseigner pour comprendre tout. En effet, je suis, de manière générale, très peu attiré par la psychanalyse, et ce sont donc autant de concepts auxquels je me suis fermé. J'ai des portes à rouvrir pour comprendre le charabia de Daniel. 

Et puis les réponses prennent de la longueur, et cela devient difficile de répondre succinctement. Ce qui est, je dois le dire, passionnant, mais prend beaucoup de temps. Or j'en manque cruellement. Je vais tâcher de m'y atteler sérieusement toutefois. 

Je trouve que ce que Joseph soulève est tout à fait pertinent, et je compte bien m'en servir : j'ai souvent l'impression, en tant que membre d'une équipe, que ladite équipe ne sait pas très bien ce qu'elle fout là. 

Ce que Daniel soulève à propos du rite me dérange quelque peu. Je me doute que le concept n'est probablement pas le même, mais il me rappelle la vision confucianiste du rite, qui est de maintenir l'Ordre. C'est également ainsi que nous l'utilisons dans notre rapport aux enfants : nous créons des rituels qui assurent un maximum de participation et de concentration pour l'activité, sans nous demander (en équipe, je veux dire, puisque si je ne me le demandais pas, nous n'aurions probablement pas cette discussion) pourquoi nous avons besoin de ces rituels... En ce sens, le rite dissimule, il traite le symptôme, et ne permets pas de comprendre pourquoi nous avons besoin de fasciner les enfants pour avoir leur attention. Il ne permet donc pas non plus d'adapter notre travail à l'enfant en face, de nous laisser toucher, modifier par lui pour être dans une relation vraie, et semble nous enfermer dans une relation prof-élève, ce à quoi je me refuse (mais cette volonté m'est sans doute dictée par mon expérience plus que par ma raison). 

J'en reviens du coup à la question titre : quelle éducation possible où? Car à mon sens, bien que mon texte de départ nous ait sans doute lancé sur une mauvaise piste, il n'est pas uniquement question du directeur. En cela, je vous rejoins Louise : pourrait-il faire son travail sans la confiance du CA? Non, probablement pas. Mais pouvons-nous faire notre travail sans sa confiance, ou tout au mois, sans avoir le sentiment de pouvoir lui faire confiance? Pas plus, il me semble. 

Et c'est là que je réponds à vos derniers mots. Oui, en effet je parle des écrits, ce que nous appelons la représentation de notre travail. Et je suis pleinement d'accord avec vous : ils sont nécessaires et font pleinement partie du travail d'éducation, c'est bien pour cela que je parle de l'autre versant de mon travail, celui qui se situe en dehors de la relation directe avec les enfants. Mais ils sont pour moi inséparables : je ne peux être un bon éducateur si je ne peux écrire. Or, c'est ce qui m'arrive pour le moment : mes écrits sont refusés. Pas par manque de qualité, pas par manque d'arguments, simplement parce qu'ils questionnent l'institution, et peuvent mettre à mal notre image auprès du public, des organismes subsidiants. Je suis donc relégué ici (où je prends beaucoup de plaisir à confronter mes idées), sur mon blog où j'ai peu de réponses, ou sur Facebook, où les débats tournent vite en eau-de-boudin faute de partenaires motivés. Et le combat cessa, faute de combattant, nous dit Corneille... 

Mes écrits sont donc dictés par la volonté de "faire beau" auprès de l'opinion publique, quand personnellement, je pense que nous faisons mal notre travail. Nous ne sommes pas dans l'éducation, mais dans un mélange malsain entre "cours artistiques" et "animations extra-scolaire". Nous n'accompagnons pas les enfants que nous accueillons dans un processus de l'ordre du grandir, de la citoyenneté dans ce qu'elle peut recouvrir de politique (gestion de la Cité), nous nous contentons à peine de leur donner les outils nécessaires pour qu'ils puissent rentrer dans les cases qui nous sont dictées. L'inverse, je dois le dire, me poserait moins de problème : je préfère tordre mon écrit, ou le torcher de telle manière qu'il semble que mon action rentre dans la case X très restrictive, si j'ai bien fait mon boulot et si j'ai été dans, avec les enfants, dans une relation qui permette une rencontre, qui nécessite autant de travail et d'exigence de ma part que ce que j'attends des enfants. 

(Et pour répondre à une possible questions : je ne peux pas déjà faire cela au sein de mon équipe car le cadre exige que nous animions à deux, dès lors, les collègues qui me suivent ou que je suis ne tombent jamais d'accord avec moi). 

Je m'excuse également auprès de Daniel de ne pas répondre directement à sa dythirambe, de ne pas aller plus en profondeur, bien qu'elle le mérite amplement... Malheureusement, force m'est de reconnaître que nous ne parlons pas depuis la même planète, et que je n'ai pas la traduction automatique (et non, Google ne fournit pas encore ce service). 

Yuri, en vous posant comme "débutant" vous avez ouvert la boite aux palabres des séniors qui ne veulent pas céder la parole,...

Ce que vous énoncez, Yuri, me parait bien abstrait. C'est un peu comme le résultat des courses, mais de quelles courses?  Avez-vous des exemples, des situations vécues... ? Quant à vos écrits, en quoi sont-ils critiques de l'institution? 

Les "seniors"  ne voudraient pas "céder la parole" cher Minh? Mais sur un tel forum vous pouvez la prendre cette dite "parole, autant que vous voulez....

Alors il s'agit peut-être pour vous, et je ne vous en fait aucun grief, d'un certain agacement, d'une rencontre avec une "parole"  qui a quand même pour quelques uns de ces seniors (de l'un et l'autre sexe) été longuement usinée , et qui peut effectivement amener à considérer de façon disons moins immédiate,  plus dissymétrique, plus patiente aussi, cette affaire de la parole. Oury, pour lequel bien des seniors ont une certaine affection (pour l'avoir lu et entendu, rencontré),  disait "avant de prendre la parole, il faut avoir beaucoup travaillé"... Et "travailler" ici n'est pas qu'affaire de théories... Et croyez bien que ce propos, que je fais mien,  était tenu non pas pour que vous la fermiez, mais pour que vous preniez tout au contraire la parole, la vôtre,  dans tout ce qu'elle engage et permet en chacun de faire vivre, de dialectiser, du féminin  (disons d'une position de réception de la parole d'autrui  qui n'est pas simplement passive, masochiste, équivalente à la position d'un "dominé ") et du masculin (disons d'une position active ou virile qui pour ne pas s'en laisser conter n'en est pas pour autant sadique et dominatrice)... Dans le rapport à la parole s'inscrit l'essentiel de l'être de chacun, l'essentiel de notre rapport au pouvoir, à l'exercice de notre propre pouvoir éducatif,  comme à la façon dont nous avons accepté et continuons d'accepter d'être "éduqué"... Le roc de la résistance en cette affaire reste d'abord, pour les deux sexes, celui du "féminin"... , celui donc pour le garçon de sa propre position féminine par rapport au père, ou tout représentant du père... Ce qui est une dimension du "transfert" de chacun aujourd'hui  fort méconnue, scotomisée ... Mais moi je reste freudien, sans analyse de cette dimension on ne peut parler d'analyse terminée,  même si "terminée " jamais elle n'est...

Un de mes poèmes préférés est celui de Paul Celan, intitulé "Toi aussi parle"

Minh, en devenant senior on prend la mesure que nous ne serons pas éternels même si au passage on a gagné quelque expérience alors tant qu'on le peut on prend la parole. Pour l'instant aucun décret n'est paru pour la faire fermer à tous ces séniors qui coûtent chers. J'espère que vous n'avez aucune velléité électorale.
Yuri, dans sa présentation, a dit qu'il serait curieux d'avoir nos expériences, nos avis mais peut-être que vous pourriez donner votre avis de non senior.

Senior? Seigneur ou saigneur, il faut choisir... 

Cher Minh, je rejoins pleinement Louise : je suis ici pour entendre, débattre et confronter des idées. Je suis ici pour trouver des pistes de travail. D'ailleurs, je ne me connecte que lorsque le boulot le permet. Je n'ai donc aucun regret, si ce n'est celui de constater un manque dans mes connaissances théoriques à l'endroit de la psychanalyse. 

Je vais également tenter de répondre à Joseph ("Ce que vous énoncez, Yuri, me parait bien abstrait. C'est un peu comme le résultat des courses, mais de quelles courses?  Avez-vous des exemples, des situations vécues... ? Quant à vos écrits, en quoi sont-ils critiques de l'institution?")

Mes écrits se montrent critiques de l'institution car j'essaye de ne pas jouer le jeu des politiques de nous jeter des fleurs pour avoir de l'argent. Je peux tourner mes phrases joliment, mais si j'estime qu'un acte est un échec, je l'appelle échec, ce qui n'est pas toujours bien reçu. Les écrits dans l'institution font office à la fois de représentation (ce qu'on montre au grand public, au politique) et d'évaluation, ce qui me semble malsain, car nous empêche d'être dans une attitude critique vis-à-vis de nos actions. 

J'ai trois exemples de situations qui me mettent à mal. 

La première est interne à l'équipe, qui a subi beaucoup de changement avant que j'arrive. Une de mes collègues, presqu'aussi nouvelle que moi, se plaint en réunion d'équipe de la communication qui n'est pas efficace, qui est éparpillée, et très lente. Je suis pleinement d'accord avec elle, et nous proposons alors de mettre en place une farde de communication qui pourra nous servir. Le coordinateur accepte, à condition qu'on l'utilise également pour des questions statistiques : retards des enfants, recours à la pharmacie, sorties, ... Soit. Deux semaines plus tard, comme nous utilisons cette farde elle et moi pour mettre des propositions à l'ordre du jour de la réunion d'équipe, il nous annonce qu'il ne met pas les mains dans la farde qui doit être réservée aux travailleurs. Nous trouvons cela un peu étrange, mais soit. Deux autres collègues n'ont jamais utilisé la farde, et lorsque nous soulevons des points (par exemple nous parlons d'une situation d'un enfant, nous devons réexpliquer toute la note puisque la moitié de l'équipe ne l'a pas lue). Ma collègue souligne en réunion d'équipe qu'il est inconfortable pour elle de devoir remplacer certaines personnes dans leurs ateliers sans avoir trace, par exemple, de ce qui s'est fait, ou de ce qu'ils espèrent faire, et qu'elle ne peut, dans ces conditions assurer le suivi. Elle précise également que si le coordinateur se permet de participer au réunion "d'animateurs", elle estime qu'il doit au moins survoler la farde pour savoir d'où nous parlons. Bref, nous travaillons la communication comme nous pouvons, et une semaine plus tard environ, elle débarque dans mon atelier très choquée, car le coordinateur vient de la licencier. Cette collègue n'est plus là aujourd'hui, et le vide de communication est réapparu. 

Les situations suivantes sont en liens avec les enfants. Je précise légèrement le cadre avant de présenter les enfants. Nous sommes un centre d'expression, et nous accueillons donc les enfants en extra-scolaire pour faire de l'éveil dans les domaine artistique mais également un versant citoyen. Nous avons donc un rôle éducatif à jouer puisque dans le quartier où se situe l'institution, il y a beaucoup de jeunes qui finissent par traîner en rue (petite problématique de type "gang", avec des guéguerres de territoires), voir se déscolariser, etc. Nous tâchons donc d'agir en prévention, même si nous ne travaillons pas à partir d'un mandat, mais bien d'un constat. Nous sommes donc régulièrement aux limites de notre cadre. Nous accueillons des enfants de 6 à 12 ans, chacun maximum 3j/semaine, pour un accompagnement dans les devoirs ou remédiation, suivi d'ateliers d'expressions. L'institution a fait le choix d'accueillir également les enfants d'une même famille, qu'ils soient ou non porteurs de "handicap". Nous avons ainsi une jeune fille avec un retard mental modéré, et plusieurs enfants en école spécialisée pour troubles de l'apprentissages (dyslexie, etc). 

La première enfant dont je vais parler - appelons là Esmée - ne présente aucune difficulté qui nécessite un suivi particulier. Elle en dans l'enseignement ordinaire, en 4ème année primaire (elle a donc 10 ans environ). Elle est très dynamique, et a tendance à entraîner d'autres enfants dans ses clowneries. Rien qui ne me semble très grave : une enfant de 10 ans un peu remuante, normale quoi. Néanmoins, un collègue s'en plaint car elle met à mal l'atelier. Le coordinateur rappelle alors l'échelle des sanctions : si un enfant transgresse les règles, on le met à l'écart du groupe (au coin), puis à l'écart de l'atelier (derrière la porte), puis à l'écart de l'institution (interdiction de venir pour la semaine qui suit). Il insiste en disant que c'est une enfant qui connaît l'institution puisqu'elle y vient depuis quatre ans, et qu'elle a vu ses deux grandes sœurs y passer, donc qu'il ne faut pas hésiter à remettre du cadre stricte avec elle, car elle se sent un peu trop "chez elle". Je me manifeste, en précisant deux points : j'ai pu travailler également avec le groupe d'enfants du mardi, et la dynamique implique un "bouffon", si ce n'est pas elle, je pense que quelqu'un d'autre prendra la place ; second point : la punir méchamment ne servira à rien. Il me semble qu'elle est dans un âge social où elle a envie de s'amuser, envie légitime après une journée d'école, et qu'il serait contre productif de l'exclure, même pour un jour, du centre. Pour moi, ces sanctions n'ont pas de sens car elles ne permettent qu'une chose : comprendre qu'une limite a été dépassée. Mais laquelle, et quel était le comportement attendu? Ca, ce n'est pas travaillé. Ma proposition est balayée comme négligeable par le coordinateur qui me répond que si c'est un problème de dynamique de groupe, il passera lui-même interrompre l'atelier du mardi pour remettre du cadre (qui ressemble trop - pour moi - au cadre scolaire : travail à table, sans bouger, en écoutant l'intervenant parler). Je profite donc du fait d'être le responsable de l'école des devoirs avec ce groupe là le mardi pour, tant pis pour les devoirs, négocier, questionner, interroger les enfants et voir avec eux ce qu'ils peuvent mettre en place pour respecter l'atelier. Et ça marche : mon collègue me confirme qu'ils ont été plus respectueux, et que l'ambiance de l'atelier était plus détendue, jusqu'à ce que le coordinateur passer et se mette à "remettre les pendules à l'heure une bonne fois pour toute". Du coup, je me fais engueuler ("Ce n'était pas à toi de faire ça") et quand je vois les enfants le lendemain, ils m'en veulent car ils ont le sentiment que cela n'a servi à rien. 

Deuxième situation, à propos d'un autre enfant (appelons-le Thomas). Il a six ans, est rentré cette année à l'école primaire. Les parents ne parlent pas français. Il vient le même jour que sa sœur, 7 ans, très bonne élève. Lui par contre, il est intenable : il bouge tout le temps, crie, joue à se battre, répète à l'envi qu'il s'ennuie ou qu'il est fatigué, mais ne tient pas en place. A tel point qu'il lui arrive d'envoyer son pied dans la figure du voisin, puis de s'excuser très sincèrement, mais de recommencer moins de deux minutes plus tard. Nous abordons des questions le concernant en réunion d'équipe à propos de l'atelier du lundi. C'est un atelier conte, où ce genre de comportement pose régulièrement problème, puisque c'est plutôt un temps "calme". L'animatrice avec qui je travaille le puni régulièrement, Thomas pleure, s'accroche à la table pour ne pas être mis à l'écart. J'ai parlé avec lui quelque fois lors de ces punitions, et il me dit qu'il comprend pourquoi il est puni, qu'il va essayer de faire mieux, mais qu'il n'aime pas cet atelier. Je rapporte donc ces paroles à l'équipe, et me permets alors de livrer quelques observations (c'est un enfant que j'ai également en atelier théâtre le mardi, où il se plaît bien même s'il n'est pas tout à fait dans le cadre). Je précise donc qu'il a tendance à se dépenser trop, que si je ne le contient pas, son énergie monte au point où l'accident est inévitable, et qu'à certains moments, je le sens sur le points d'exploser (nous avons fait un jeu travaillant les intervalles : jouer librement, au signal, s'arrêter, au signal suivant, reprendre, et ainsi de suite ; j'ai fait durer un peu les temps d'arrêt, et Thomas s'immobilisait, oui, mais contenait sa respiration, se tendait tellement qu'il se mettait à trembler de tout son corps, et au signal de reprise, hurlait courait comme s'il n'en pouvait plus). 

La réponse du coordinateur (et de l'équipe) me laisse pantois : il est décidé qu'il faut aller parler aux parents, leur dire que l'activité du lundi ne fait pas sens pour Thomas, et qu'il faudrait peut-être qu'il fasse plutôt une activité sportive. Certes, ce serait bénéfique pour lui, mais nous sommes en plein mois de mars, il n'est plus temps de changer les horaires des enfants pour le peu de temps qu'il reste. J'explique donc que, même si je n'aime pas ce genre d'observation, je suspecte un TDA/H, et qu'il faut peut-être voir comment nous pouvons accompagner cela, et que avec cela en tête, je pense qu'il n'est pas bon de changer sa routine. Bien que je ne sois pas du tout en accord avec la décision de l'équipe, je propose de m'en charger et en profite pour questionner la maman (entre quelques bribes de français, et des rudiments d'anglais) qui m'explique que l'école a souligné les mêmes difficultés d'adaptation, et que les résultats de son fils sont en baisses. Je demande s'il fait une activité sportive, elle me répond que c'est au programme de l'année prochaine, vu les retours de l'école. Je ne vais pas plus loin, je sens dans sa voix une angoisse, et je ne veux pas que son fils "pose encore problème". Je décide donc de mettre, moi, de mon côté, et sans en référer à l'équipe, des techniques d'accompagnement pour Thomas. Je le fais courir lorsqu'il est mis à l'écart de l'atelier, je créer des sas pour qu'il rythme et sente le passage d'une activité à l'autre, je dilue les consignes qu'il n'écoute pas jusqu'au bout, pour les lui donner par petits bouts et qu'il puisse participer à la réalisation comme tous les autres enfants, je le fais travailler debout plutôt qu'assis sur une chaise, je mets de la musique à l'atelier pour lui permettre de "bouger son popotin" ce qui fait rire tout le monde (animatrice comprise).

Voici donc des situations très concrètes (autant que je le peux en tout cas), qui participent à mon sentiment d'impossibilité de faire mon boulot. Pour le faire en accord avec ce que j'estime juste, je dois être dans la désobéissance, dans la transgression, puisque le coordinateur impose une ligne à l'équipe qui ne permet ni compromis, ni négociation, et donc pas ou peu d'ajustements. D'où le titre : quelle éducation possible?

Cela vous éclaire-t-il, Joseph?

Louise, pensez-vous vraiment que c'est une question d'âge que le rapport à la finitude? Voyons, voyons ça flaire l'usage ou le mesusage de vos printemps pour justifier que vos cheveux blancs seraient synonymes d'une expérience profitable pour d'autres, forcément. Ce n'est pas parce que Yuri ici même questionne que vous devez vous prendre pour le sujet suppose âgé savoir ! Quelque chose de particulier... L'expérience comme dirait certains, est à la portée du premier con-venu, il n'a qu'à attendre. L'ancienneté n'est pas un gage et encore moins un critère qui démontre un quelconque savoir. Vous pouvez transmettre vos errances aussi et vos évitements habillés de pseudo théorisation.
Changer de boulot et de lieux et vous retrouverez exactement les mêmes travers institutionnels.
Lhumain est ainsi fait, qu'il ne fait que faire des incantations éducatives,.. Je finis par croire, c'est le mot, qu'on a besoin d'illusion pour bosser au départ et la finalité débouche évidemment sur du cynisme à moins de fumer son cerveau a coups de joints aux herbes de Provence etc..et de blablater sur l'art à tout va, etc.. Marre de lire de la poésie ici. Seniors, c'est quoi ce mot pourri?

Cher Minh, je suis assez réticent à dialoguer avec une personne dont l'aggressivité latente me laisse croire qu'elle n'écoutera pas, mais je vais quand même essayer. 

Il n'est pas question d'âge, et c'est bien vous qui avez utilisé le mot "seniors" ici. Ce mot est donc votre pourriture... Ce que je questionne, et je reçois les réponses avec cette distance, c'est l'expérience de chacun, puisque nous avons été invité à écrire même si nous ne nous sentons pas forcément armé pour. Donc finalement, peu m'importe le trajet de chacun, si ce qu'il dit me permet de réfléchir à mes pratiques. 

Je constate également que vous l'ouvrez pour dire aux autres de la fermer, ce qui à mon sens, est à la fois paradoxal et vide de sens. Soit vous avez quelque chose à dire, et dans ce cas, vous partagez, soit non, et dans ce cas, faites comme moi : lisez. Non seulement je ne vois dans ce que vous me dites aucune piste de réponse à ma question (si ce n'est : l'éducation n'est pas possible), mais en plus j'ai le sentiment que vous utilisez cet espace pour régler des comptes avec je ne sais pas trop qui. Cela en vaut-il la peine? 

L'ancienneté n'est certes pas un gage de qualité. Cela dit, la capacité à écrire, à formuler, à questionner, à critiquer, si. Et vous êtes le seul à n'en pas faire preuve. 

Vous me mettez en garde : "changez de boulot et de lieu et vous retrouverez exactement les mêmes travers institutionnels". Fatalisme, ou essayez-vous de me dire avec vos mots maladroits, que c'est peut-être moi qui induit cela? Vous me dites également qu'on a besoin d'illusion pour bosser au départ, et visiblement vous parlez depuis une position très cynique. Que me conseillez-vous pour éviter de vous ressembler?

Mihn, vous me réjouissez, j'attendais votre réponse avec impatience. Ceci dit vous ne lisez pas vraiment, trop occupé à contrer. Vous allez finir par me gêner à être tant contre moi.

Bonne soirée.

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