Bonjour,

Je me présente rapidement. Je m'appelle Christophe et je suis ES. Je travaille dans une maison qui accueille 8 enfants placés par ordonnance judiciaire ou contrat administratif. Nous sommes liés au foyer départemental de l'enfance de Strasbourg. Nous sommes une équipe de sept travailleurs sociaux, avec deux maitresses de maison, une infirmière et une psychologue.

En écho avec la discussion de Stéphanie et sa présentation des enfants dits pré-psychotiques, je voudrais  vous présenter une situation d'un enfant que nous accueillons depuis deux ans et pour qui la prise en charge se révèle être de plus en plus difficile.

Il a 10 ans et il est placé depuis sa naissance (maison maternelle, puis MECS, famille d'accueil, puis retour en foyer). Ses parents ne donnent aucun signe de vie. Il est suivi en hôpital de jour deux fois par semaine, actuellement il est impossible de le scolariser. Nous travaillons en étroite collaboration avec l'hôpital de jour et le psychiatre mais, eux même sont dépassés par la situation. Il a un traitement assez lourd (valium et loxapac). Les médecins lui ont détecté une microcéphalie en 2016. Il ne sait ni lire ni écrire. Il est (extrêmement) intolérant à la frustration et nous n'avons pas pu déceler un schéma pour prévenir la crise, car tout est imprévisible. Il est en constante insécurité. C'est un enfant qui ne peut pas ou plus entrer en relation avec d'autres enfants sans qu'il se mette à les insulter ou à les frapper. Il adopte également ce genre d'attitude avec les adultes. Quand il n’obtient pas ce qu'il veut, il se met en grande colère, cassant tout sur son passage (enfant, adultes et objet). Lors de ses crises, qui peuvent durer (très) longtemps, nous sommes totalement démunis, il nous faut protéger les autres enfants, et accessoirement nous protéger nous même contre des griffures, crachats, coups de pieds, jet de projectile comme des couteaux ! Nous demandons un relais au SAMU. L'enfant est souvent hospitalisé, ce qui en soit n'est pas du tout une solution. Quand il n’est pas en crise, il peut avoir un discours fabulateur où tout est possible et où il s'invente des vies. Il est difficile d'avoir un discours positif sur cet enfant ce qui est dommage. La difficulté de prise en charge réside également dans le fait qu'il se met en danger régulièrement et met en danger les autres enfants du groupe.

Nous sommes en panne de trouver une orientation qui peut convenir pour cet enfant. La situation est critique car depuis deux ans, elle ne fait qu'empirer. Quand nous essayons de passer le relais et présentons les difficultés de cet enfant, nous avons souvent une fin de non-recevoir.

Nous aimerions savoir si d’autres professionnels du travail social sont confrontés à des enfants qui présentent les mêmes difficultés. Que mettez-vous en œuvre pour les accueillir ? Quel relais avez-vous ? Quel soutien ?

Merci.

Professionnellement,

Christophe

Vues : 1389

Y répondre

Réponses à cette discussion

Tant que le politique n'offre pas des centres adaptés et les moyens nécessaires pour accueillir ces jeunes, il y a des risques de rester dans l'impasse et dans la maltraitance institutionnelle passive et active (vécue par les bénéficiaires et les éducateurs)
ça me fait penser au modèle de la violence de Bronfenbrenner. La violence vécue dans le microsystème qui provient parfois des macrosystème, meso et isosystème...
Venant de Belgique, je constate qu'en France c'est d'autant plus compliqué pour vous.
La toute puissante du jeune, vous renvoie à l'impuissance de ce système établis.

Bon courage à vous tous!

Non ma chère, ce n'est en rien affaire de plus (de plus de ceci de plus de cela!) : ces discours sur le "manque de moyens", ceux de la Big ou de la Perfect Mother, qui font de la société une sorte de nursery, désarticulés de la problématique de la Loi (de la Limite), confortent l'orgueil (ou natcissisme) professionnel et détournent de l'élaboration du "malaise" dans nos exercices professionnels. De ces discours les "sacrifiés " restent si je puis dire une bonne prise. Et je reste très prudent par rapport aux "succès" parfois déclarés ...

Le "natcissisme" c'est nouveau. Une belle trouvaille... ça a peut-être à voir avec Les Natchez, ce roman d'exil de Chateaubriant, roman de la vie sauvage qui a bien pour horizon nostalgique une nature (la splendeur des paysages américains, de la Louisiane au Canada), mais qui énonce en réalité une problématique de la Chute ; qui désigne le blocage des énergies vitales ou les contradictions du désir ; qui proclame enfin le malheur de naître au siècle des Révolutions. Une problématique de la Chute... 

Bon, je veux bien, nous le vieux,  que l'on donne des conseils à ces petits jeunes, mais j'ai bien peur que ça tombe comme épée dans l'eau. Il me semble que votre question, Christophe, et celle de vos collègues, c'est de pourvoir élaborer ce qui vous arrive... On peut appeler ça élaborer le transfert, ce qui se transfère en vous dans la relation avec ce jeune. Je ne pense pas que cela puisse se faire sur Internet... On voit bien qu'il vous met à mal, vous pousse dans vos retranchements, que vous ne savez plus... Pour le moment c'est l'impasse: point de butée du réel. Comment on sort de l'impasse? En reculant, dit Daniel. Pas sûr. On risque fort de retrouver l'impasse à son point de départ.  On peut tenter un sortie par... le haut? En ayant plus de moyens, pense Stéphanie. ça n'arrivera pas et ça n'est pas une question de moyens matériels, ni financiers. Se donner les moyens de penser l'impensable, de mettre en mots ce que ce jeune vous enseigne, relève sûrement d'une autre perspective.  ça demande de se donner une vision du dessus, de par le haut, une super-vision. En tout cas je trouve très touchant, Christophe, que vous preniez le risque ici de nous exposer ici la panade dans laquelle cet enfant vous a plongé. J'ai toujours pensé que c'est à partir de ce point de butée du réel que le travail commençait...   

"Bon je veux bien, nous le vieux"... Ces histoires d'âges me semblent accessoires car comme dit l'autre "Le temps de fait rien à l'affaire quand on est ..." Vous connaissez sans doute la suite.

Bonjour à toute et à tous,

Toutes vos remarques sont constructives, essentielles. C'est sur qu'on ne va pas régler cette histoire sur internet, et ce n'est pas l'idée ! Comme dit plusieurs fois, nous voulons alerter !

@Mr Rigaud : j’entends vos remarques, et je ne vais pas m'aventurer sur un terrain que je ne maîtrise pas.
Il y a sans doute un décalage entre ce qu'on nous lui proposons et pensons que c'est bien pour Félix, et ce que le jeune homme attend vraiment des adultes qui l'entourent ! Sans doute nous ne sommes pas suffisamment à l'écoute de ses désirs.

Et c'est sans doute le problème de l'éducation : comment répondre aux besoins et aux désir le plus justement ? Quand je quitte mon travail, souvent je me demande : ai-je bien été à l'écoute des enfants aujourd'hui ? Ont-ils eu ce dont ils avaient besoin ou ce dont ils ont désiré ? (Je me pose cette question en tant que père aussi, dans ma vie privée).

Mais de quel désir parle t-on ? Je peux me tromper, mais il me semble que les désirs de Félix sont bien chaotiques, voire pervertis !  Et clairement, ça manque de père la dedans ! Félix est un enfant qui est bien abimé, physiquement (trop de drogue déjà pour son âge), mentalement, psychologiquement, ... Son père, on sait qui c'est, on sait aussi qu'il ne veut plus entendre parler de son fils... Sa mère, de ce qu'on en sait, on n'en sait rien ! Elle ne vit peut-être même plus,... Bref, de qui de quoi, on se sent démuni parce que ça nous dépasse  ! 

@Mr PENDANX, à propos de cette mère dont on ignore tout, que suggérez-vous ? alors pour être clair, il se trouve que je pense avoir retrouvé sa mère sur internet, via facebook (LOL) ! Félix demande à voir sa mère, c'est évident ! Il l'a réclame. Nous avions entamé un road trip, au source pour lui, c'est à dire, à sa demande, revoir des lieux qu'il a fréquenté et qu'il voulait revoir ! Et ces lieux lui rappelle sa mère !

Bon sang, faut-il que je partage la situation de cet enfant sur internet pour qu'on me dise tout ça ! ça me met un peu en colère ! Mr PENDANX, je suis d'accord avec vous sur votre discours de la toute puissance qu'il nous faut travailler et exorciser.

Dans notre situation , par rapport à nos missions, tout ça nous dépasse en terme de moyen, de réflexion, d'être,(mais il faut qu'on y travaille c'est sur), de soutien, et j'en passe. Quand même, on ne peut pas faire l'impasse des moyens, même si vous semblez dire que ce n'est pas la question ! En tout cas, c'est ce que ressente pas mal de travailleur sociaux au quotidien. (merci Stéphanie ;-)).

Un éducateur juste pour Félix, une prise en charge médico-sociale, thérapeutique, scolarité adapté,... oui c'est pas simple, ça nous remue, mais après je (nous) ne courre pas après le succès, mais on veut pourvoir dire qu'on y a mis les moyens...

Le travail avec Félix (re)commence. Je dois le récupérer ce soir à l’hôpital...

ps : je n'ai rien contre les avis et conseils des vieux, bien au contraire :-D

BON DIMANCHE A VOUS TOUS, IL FAIT BEAU EN ALSACE !

Christophe re-bonjour,

Peut-être ne s'agit-il pas d'être à l'écoute des désirs de Félix mais plutôt d'être à l'écoute des votre.? Du votre me semble même plus approprié.

Question: Si vous ne vous aventurez pas sur des terrains que vous ne maîtrisez pas, comment allez vous faire pour découvrir de nouveaux terrains?

Cordialement

Laurent

Les vieux? Je pensais à Daniel et moi, les retraités, mais encore dans l'action. C'est vrai que la pente du conseil est glissante. Je m'y laisse prendre parfois: si j'étais à la place de Christophe, je ferai quoi? Mais ça ne sert à rien... Bon j'insisterai juste sur la nécessité d'élaborer, pas du coté des solutions, elle viendront en leur temps, mais du coté de ce que ça vous fait, là où ça vous trouvaille... Je pense que ça ne se fait ni sur Internet, ni entre soi. C'est pas pour rien que depuis plus de 30 ans je défends des espaces de supervision, analyse des pratiques etc... Est-ce un conseil? Oui, un conseil du papy. Car il s'agit avant tout de sauver votre peau pour sauver celle du gamin... Y'a sûrement quelqu'un qui peut vous donner un coup de main pour travailler ce qui vous trou/travaille... Qui? A Strasbourg mon camarade Thierry Goguel d'Allondans; à Mulhouse, mon camarade Dominique Beaulieu de l'Orée etc...  Et quelques autres que vous trouverez sur asies.org. Oui, oui des camarades qui connaissent ce boulot particulier... ça ne fait pas recette, mais ça permettrait peut-être d'avancer. Des orientations, entre autres j'ai déjà indiqué le Gerpla, mais là encore ça ne se fera pas sans élaborer, sans travailler la séparation, et sûrement pas en envoyant gicler ce jeune.  

Que peut-il se faire de mieux sur un tel forum que d'engager et de témoigner des cas, de son propre travail d'écriture et de pensée, de ses questionnements sur l'orientation des pratiques, à partir des éléments et observations de la pratique apportés? Et que ne s'engagerait-il ici de l'essentiel, du plus vif des enjeux de la transmission, de la transmission de la Loi, dans cet abord des cas et des situations ( que ce soit à partir de films ou à travers le tragique de l'actualité : après avoir fait un article sur la Tête haute, j'en prépare un en ce moment sur "la destinée funeste des frères Kouachi", et cela à partir justement de ce qui a pu s'échanger ici)qui ne pourrait s'engager qu'ailleurs ?

Alors bien sûr l'affaire la plus singulière du "transfert " ne peut s'y traiter au plan qu'en ouvre la psychanalyse dans son cadre spécifique, comme elle ne peut s'y traiter davantage (à ce niveau) dans les dites supervisions institutionnelles groupales. Mais il est toutefois possible, sur le même plan de la parole que celui qui peut exister dans les institutions (un plan à conquérir dans tous les espaces institutionnels, et à ne surtout pas circonscrire à celui de la dite "supervision", qui devient alors communément le lieu "privilégié" où se verrouillent le plus sûrement le clivage et les transferts de séduction, narcissiques), de s'y rapporter et d'y rapporter comme il convient tout un chacun.

Autrement dit, je continue ici ce que je faisais avec les collègues : j'interprète (dans les limites que je crois devoir me donner, celles de cet espace public) et je soutiens le travail infini de construction des cas, de critique et de transmission.

Alors même que Christophe X vient d'afficher plus avant comment il se représente ce que devrait être par exemple son travail "d'écoute des désirs" des enfants, il faudrait clore, passer notre chemin, en le renvoyant aux bons "camarades" qui vont bien s'occuper de lui? Alors qu'il nous livre un élément clef sur la façon dont les institutions ont scotché et continuent de scotcher Félix sur l'image primitive de sa mère, le privant paradoxalement d'une coupure opérante, il n'y aurait pas à aller plus avant dans le travail de pensée et de construction du cas?
Ce que je crois c'est que pour le coup se manifeste là, du côté du propre lien d'inceste des praticiens à leur Référence, à leur Cause, le plus véritable et le plus commun refus de pensée (et d'interprétation) qui irradie nos milieux...

Sur ce dernier post, si intéressant de Christophe, je vais donc revenir et avancer mon commentaire, ici ou ailleurs.

Christophe, je ne vais pas vous donner de recettes, je ne suis pas une très bonne cuisinière, juste partager avec vous une expérience.
Nous avons beaucoup accueilli ces patates chaudes étant repérés comme la dernière chance. Ça me fait sourire, un peu comme si nous étions Lourdes.
Zoé était arrivée car le foyer n'en pouvait plus, les Educateurs, les autres enfants. Elle maltraitait tout le monde, mordait, griffait et j'en passe.
Notre seul objectif était qu'elle reparte de chez nous sans être encadrée par les pompiers. Ni mon mari, ni moi-même avions l'intention de nous laisser maltraités.
Le lendemain de son arrivée Zoé pique une crise, cognant les arbres, hurlant, cherchant à arracher mes fleurs. Mon mari qui se trouvait dans le jardin lui dit stop. Elle cherche alors à le mordre. Dans un premier temps il la contient, elle se contorsionne pour le mordre mais il tient bon. Nous n'avons pas l'habitude d'intervenir quand l'un de nous est avec un jeune, il connaît son affaire et je m'installe sur la terrasse au cas où il me demanderait de le relayer.
Zoé continue à crier, les voisins ont commencé à sortir. Les 2 autres ados que nous accueillons me demandent d'aller prêter main forte à mon mari, je leur dis qu'ils se mèlent de leurs affaires respectives. Ils me disent " elle est folle, elle n'a rien à faire ici". Je leur réponds que je ne suis pas médecin pour poser un diagnostic mais que je vois bien qu'elle joue à la folle, " comme toi qui joue au delinquant ou toi qui t'enfume la tête au cannabis, tout ça pour éviter de penser car penser c'est toujours douloureux".
Puis je vois mon mari lever Zoé du sol tout en la maintenant fermement et lui faire faire des tours de jardin. Elle s'est arrêtée de crier, c'est déjà bien, mais elle cherche toujours à le mordre. Je les vois passer et repasser devant la terrasse. A un moment Zoé lui dit "c'est bon je suis calmée, tu peux me lâcher". J'entends mon mari lui répondre " tais toi et marche, je réfléchis". A un moment je le vois dessiner des formes tout en marchant, toujours avec Zoé mais qu'il ne tient plus aussi fermement. Il lui dit " tu retiens 4,25" puis "6,20". Le manège continue. Je commence à me demander s'il n'y a pas quelque chose de contagieux mais je m'abstiens de tout commentaire.
Plus d'1h après ils rentrent, Zoé est en nage, croûteuse de s'être roulée à terre, elle part se doucher. Mon mari m'explique que pendant ses allers et venues dans le jardin il a réfléchi comment nous allions agrandir la cuisine, "tu sais bien que pour réfléchir j'aime bien marcher" et le voilà parti à m'expliquer quel mur nous allons casser, combien de fenêtres seront nécessaires. Il part faire un croquis de cette future cuisine.
Zoé sort de la douche, calme et vient vers moi " je m'excuse". Je lui réponds que tout d'abord on ne s'excuse pas car c'est une manière d'imposer à l'autre mais qu'on demande si cette personne veut bien accepter ses excuses. " je te préviens, je ne les accepterai pas. Tu veux jouer à la folle et tu te prépares un avenir bien sombre parce qu'à force de jouer à la folle tu vas finir en psychiatrie, tu seras tellement bourrée de médocs que tu ne sauras plus comment tu t'appelles. Cela est de ta responsabilité, pas de la mienne. Par contre ici ce n'est pas l'antichambre de la psychiatrie et je nàutorise personne à vouloir mordre mon mari, ce n'est pas un steak, c'est mon mari. Tu ne recommences pas ton cirque car pendant que tu criais et que mon mari te faisait marcher il a réfléchi à comment agrandir la cuisine. Je ne veux pas qu'il ait à remarcher avec toi parce qu'il va avoir d'autres idées de travaux, qu'il va faire et ensuite il sera très fatigué et moi je ne veux pas que mon mari soit trop fatigué"
Zoé me regardait les yeux ébahis et m'a dit " tu es un peu folle, je pensais que tu allais me punir". Je lui ai répondu qu'elle faisait ça bien mieux que tout ce que je pourrais imaginer.
Durant ce séjour il a fallu de temps en temps rappeler à Zoé qu'elle ne démarre pas, lui rappeler aussi que quand nous étions en train de discuter nous n'avions pas besoin qu'elle s'installe à côté de nous, que ça ne la regardait pas et qu'elle reste à sa place d'enfant. Elle a pu finir ce séjour relativement sereinement.
J'avoue cependant que prendre en charge ce type d'enfant c'est épuisant, qu'il faut avoir une grande dose d'humour vis à vis de soi-même et ne pas se laisser entraîner dans leur spirale d'excitation. Parce qu'il y a quelque chose de presque jubilatoire à vouloir sans cesse trouver une solution pour que ces gamins soient calmes.
J'essaierai de vous en dire plus dans un deuxième temps.

Merci à tous pour ces riches apprentissages, découvertes voir remise en question pour ma part...

Bonne route à vous Christophe, Félix a un peu de chance, il est pensé par vous et vos collègues!

Bonjour Louise, votre témoignage est une admirable fraîcheur, merci. Les tranches de vie que vous vivez ! Quelle liberté  ! Ce sont ces moments (d'analyse) qui font dire que ça vaut le coup, qu'il se passe quelque chose, qu'il y a de la vie quoi... Chapeau bas pour ce en quoi vous vous êtes engagés !

@Stéphanie : merci pour les éclairages et les analyses très pratiques auxquelles vous contribuez ! J'apprécie votre engagement auprès des enfants et votre soutien !

Je ne suis pas sûr - je suis même sûr du contraire - que la virtualisation des échanges sur Internet permette vraiment ce travail d'élaboration dont je parle. Pour deux raisons: d'abord  ce travail se fait, comme l'analyse, corps présent. Les effets d'interprétation  tiennent à ce réel du corps parlant. D'autre part nous avons ici le récit de Christophe alors que la question qui se pose est d'ordre institutionnel. Ceci dit je sais , comme le chantait Brel, qu'il faut bien que le corps exulte! Donc je ne dis pas qu'il ne faut pas échanger, les récits de pratique ont leur fonction, simplement que ça n'est pas par cette voie que cette équipe, à laquelle le jeune Felix (bien heureux!) révèle les affres de la jouissance, sortira de l'impasse. C'est une limite qui me parait indépassable. C'est pourquoi je renvoie à un travail possible dans l'institution selon un dispositif connu, où un intervenant, en position d'extériorité, soutient par sa présence, l'élaboration de la façon dont le jeune Félix  travaille au corps chacun des membres de cette équipe, direction comprise. Une bonne dose d'humour et ne pas céder à l'excitation, ne suffit pas toujours, Louise, lorsque les bornes supportables pour chacun sont franchies. Les dites-solutions, outre quelques conseils cliniques de bon aloi échangés ici sur lesquels tout un chacun sera d'accord: le respect du sujet etc,  viendront par la suite, de ce travail. Faute de quoi on sait pertinemment que l'histoire finira dans une forme ou une autre de passage à l'acte dont Félix fera les frais. Passage par l'acte au lieu de passage à l'acte... ça exige un déplacement. 

Répondre à la discussion

RSS

Parole de Sagesse

« Quand un groupe d'hommes renie l'Etat sous l'autorité duquel il avait jusqu'alors vécu, il est bien près en fait d'établir son propre gouvernement. »

Gandhi

Astuces techniques

Désactiver les notifications par mail à chaque réponse dans un forum ou un groupe (dans le cas où votre boite serait "saturée" de message).

Recevoir les communications envoyées à tous les membres du REZO qui peuvent être filtrées par erreur par votre boîte mail.

Contribuer

Pour soutenir REZO, participer aux frais d'hébergement, de maintenance et améliorations :


Merci !
Erwan, administrateur du REZO

Remarque :  pour ceux qui sont réticents à payer en ligne, il est aussi possible d'envoyer un chèque.
Merci de me contacter pour que je vous envoie les coordonnées postales.

Forum

prise en charge d'enfant dit "psychotique"

Démarrée par Christophe ARCHIS dans Général. Dernière réponse de Christophe ARCHIS dimanche. 97 Réponses

Bonjour,Je me présente rapidement. Je m'appelle Christophe et je suis ES. Je travaille dans une maison qui accueille 8 enfants placés par ordonnance judiciaire ou contrat administratif. Nous sommes liés au foyer départemental de l'enfance de…Continuer

Billets

Dernier lieu social avant la Fin du Monde

Publié(e) par Laurent OTT le 27 avril 2017 à 10:58 0 Commentaires

L’action éducative , sociale et culturelle a été depuis les années 2000 victime d’une double dégradation.

Sur le plan pratique, celui des droits, des réalités professionnelles et institutionnelles , l’action…

Continuer

Atelier educatif et social : video

Publié(e) par Laurent OTT le 23 avril 2017 à 11:39 4 Commentaires

  Invitation par Joseph à partager nos pratiques ( ça ne peut pas être que les miennes) .

Atelier éducatif à Champlan …

Continuer

© 2017   Créé par Joseph Rouzel.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation