On fête les 150 ans du Capital de Marx... ça vous dit quelque chose? IL y a le film sur le jeune Marx; un beau livre de Michel Feher: Le temps des investis etc 

Qu'est-ce qu'on en pense dans le secteur du travail dit "social"? 

https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/141017/michel-feher-...

Vues : 54

Y répondre

Réponses à cette discussion

Il y a eu la série documentaire d'Arte : "capitalisme" (très bien)

l'opus 4 fait un résumé des idées de Marx capitalisme

Chacun le sait : aujourd’hui le politique est subverti par l’économique. Homo economicus. [1]Autrement dit, nous marchons sur la tête ! Au lieu d’être au service du politique et du mieux-être des citoyens, l’économie, en rayant de la carte les valeurs transcendantes, qui fondent l’origine de la sphère politique, telles qu’elles apparaissent dans les principes de la République (liberté, égalité, fraternité), a laissé libre cours à une seule valeur dominante : la valeur marchande. Elle ouvre sans frein au déferlement de ce que Dany-Robert Dufour a pu épingler comme Le Divin Marché[2] et que Marx en son temps cerna comme « fétichisme de la marchandise »[3].  Le passage d’une économie industrielle, il y a une trentaine d’années, à une économie financière où les échanges s’opèrent par des machines dont nul n’a plus le contrôle, aboutit aujourd’hui à ce renversement tragique.[4] On a occulté un peu vite ce qu’emporte le terme d’économie. L’oïkos, c’est la maison chez les anciens grecs. Le nomos, c’est la loi. Quelles sont les lois de la maison des hommes ? Voilà ce que nous susurre en sourdine l’origine du mot. La dite économie actuelle, d’essence capitaliste, a scotomisé les autres économies : l’économie politique, symbolique, psychique. Tout serait donc réduit sur terre à l’état de marchandise ? Or là   où nous croyons consommer nous sommes… consumés et réduits à l’état d’objets du marché. Heureusement un certain nombre de réseaux s’organisent et se politisent pour résister à un tel état de fait qui ouvre à une prolétarisation et un esclavagisme généralisés.

Le passage d’une économie industrielle, il y  une trentaine d’années, à une économie financière où les échanges s’opèrent par des machines dont nul n’a plus le contrôle, aboutit aujourd’hui à ce renversement tragique.[1] On a occulté un peu vite ce qu’emporte le terme d’économie. L’oïkos, c’est la maison chez les anciens grecs. Le nomos, c’est la loi. Quelles sont les lois de la maison des hommes ? Voilà ce que nous susurre en sourdine l’origine du mot. La dite économie actuelle, d’essence capitaliste, a scotomisé les autres économies : l’économie politique, symbolique, psychique. Tout serait donc réduit sur terre à l’état de marchandise ? Or là   où nous croyons consommer nous sommes… consumés et réduits à l’état d’objets du marché. Heureusement un certain nombre de réseaux s’organisent et se politisent pour résister à un tel état de fait qui ouvre à une prolétarisation et un esclavagisme généralisés.

Sur le plan institutionnel cela induit une mise en concurrence féroce des associations privées comme du secteur public. Chacun veut sa part du gâteau et que le plus fort gagne. On a jeté par-dessus les moulins, il y a belle lurette, les valeurs qui transcendaient ce type d’association. L’introduction dans le secteur des Social Impact Bonds (Contrats à impact social), très courants dans les pays anglo-saxons, en Belgique ou au Portugal, a percé il y a peu en France.  Il s'agit de faire financer un projet d'innovation sociale par des investisseurs privés en attente de retombées financières palpables. L’Etat et les collectivités locales payent au résultat. Un certain nombre de ces contrats ont été signés, notamment dans la Sauvegarde du Nord en 2015. On voit la dérive à laquelle on soumet les établissements : le désengagement de la puissance publique ouvre la boite de Pandore du CAC 40… du social. La misère devient enfin rentable !


[1] Sur ce passage d’une économie industrielle à une économie financière voir l’ouvrage de Michel Feher, Le Temps des investis. Essai sur la nouvelle question sociale, La Découverte, 2017.

 


[1] Daniel Cohen, Homo economicus : prophète (égaré) des temps nouveaux, Albin Michel, 2012.

 

[2] Dany-Robert Dufour, Le Divin Marché : la révolution culturelle libérale, Folio-Gallimard, 2012.

[3] Le fétichisme de la marchandise est le phénomène social par lequel, dans la production capitaliste, la marchandise sert de support aux relations entre les êtres de sorte que cette marchandise façonne leur production et les facteurs de distribution, donnant ainsi l'apparence que ces rapports sociaux de production et de distribution des biens finalisent des rapports entre les choses. Karl Marx, Le Capital, Livre premier, « Le caractère fétiche de la marchandise et son secret ». http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.marxists.org...

(Extrait d'un texte à paraitre dans la revue Empan...)

 

J'ai été hier soir voir le film Le jeune Karl Marx. Film très bien fait. Ce qui m'a frappé c'est qu'on rende son coté humain au personnage. Il le sort de la gangue idéalisée en bien ou en mal où l'histoire l'a figé. On le voit vivre. Les idées qui ont pu bouleverser le monde ensuite, ne sont pas tombées du ciel, mais relèvent d'une analyse menée au plus près de la réalité. Pour que les choses changent - en en cela le film est tout à fait actuel -  il faut: 1) Un contexte social et politqiue favorable, en gros le ralbol d'un bonne partie de la population. 2) Des intellectuels qui produisent une analyse fine de la situation. 3) Des mots d'ordre compréhensible par le plus grand nombre. 4) La rencontre entre le ralbol, les intellectuels et les idées...  En cela Le Manifeste du PC de 1848 répond à cette volonté de rendre accessible l'analyse. Marx au début n'était pas chaud. C'est un philosophe. C'est Engels qui pousse à la roue pour produire ce "catéchisme" de la révolution. Ceci dit ce qu'on en a fait plus tard c'est une autre paire de manches. Il faudrait (re)lire les Manuscrits de 1844 pour mesurer l'ampleur et la richesse  du travail de Marx. 

Lisant en même temps une biographie de Spinoza, Le clan Spinoza. Amsterdam 1677. L'invention de la liberté, je m'aperçois que l'auteur, Maxime Rovère, fait le même pari: rendre vivant un monument de la philosophie que l'on a statufié. 

Ce mouvement qui se dessine, ce que Georges Perec désignait comme "la racontouze", les travailleurs du social pourraient s'en inspirer. Au-delà ces chiffres, des normes Iso, des procédures, des protocoles et autres conneries, il y a des humains, bien vivants. Et c'est de ces "bien vivants" et de leur rencontre, qu'il s'agit avant tout de rendre compte. La vie des gens n'est pas une abstraction. 

Répondre à la discussion

RSS

Parole de Sagesse

« Quand un groupe d'hommes renie l'Etat sous l'autorité duquel il avait jusqu'alors vécu, il est bien près en fait d'établir son propre gouvernement. »

Gandhi

Astuces techniques

Désactiver les notifications par mail à chaque réponse dans un forum ou un groupe (dans le cas où votre boite serait "saturée" de message).

Recevoir les communications envoyées à tous les membres du REZO qui peuvent être filtrées par erreur par votre boîte mail.

Contribuer

Pour soutenir REZO, participer aux frais d'hébergement, de maintenance et améliorations :


Merci !
Erwan, administrateur du REZO

Remarque :  pour ceux qui sont réticents à payer en ligne, il est aussi possible d'envoyer un chèque.
Merci de me contacter pour que je vous envoie les coordonnées postales.

Forum

Lettre de Winnicott sur le comportementalisme

Démarrée par Joseph Rouzel dans Général. Dernière réponse de Joseph Rouzel Il y a 7 heures. 14 Réponses

Dans un moment de l'histoire où l'approche comportementale fait flores, où un Ministère dit de la Santé  prend position pour les méthodes issues des neurosciences, où l'on menace de fermeture tout établissement qui ne marche pas au pas de la…Continuer

Des citations ..à l incitation à la reflexion

Démarrée par polipheme dans Général jeudi. 0 Réponses

https://m.facebook.com/groups/205067216346146?view=permalink&id=755307574655438cet espace Citation'Reflexion s'est ouvert il y a quelques heures ,…Continuer

Billets

Critique de l'idéologie du consentement

Publié(e) par Laurent OTT le 9 novembre 2017 à 23:16 0 Commentaires

Les campagnes d’information sur des actes odieux , commis par des puissants et généralement de caractère sexuel, mettent en scène une indignation générale quasi obligatoire, autour du leitmotiv du…

Continuer

© 2017   Créé par Joseph Rouzel.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation