Le 1er novembre 2014

Maison de l’arbre à Montreuil 93

   les 39 organisent un meeting de résistance 

Nous continuons d’affirmer que ceux qui souffrent de graves maladies psychiques ont  et auront besoin à des moments de leur existence de recourir à des lieux d’accueil.  Lieux où les rencontres nécessaires à tout soin qui se réclame « humain » ne sont pas dictées par des protocoles aliénants. Lieux où les règlements ne sont pas l’unique proposition « contenante », lieux où prendre du temps est possible et reconnu comme nécessaire, avec une écoute de ce que les personnes en souffrance psychique reconnues dans leur singularité ont elles-mêmes à nous apprendre. Lieux où les psychiatres et les équipes soignantes s’engagent dans un accompagnement au long cours. 

Or depuis deux ou trois décennies toutes les conditions nécessaires à cet accueil se dégradent progressivement pour atteindre un niveau insupportable. Les moyens diminuent, la formation est scandaleusement pauvre et inadaptée, les théories s’étiolent, se rigidifient, perdent le caractère complexe indispensable à la pratique soignante. Toute une expérience soignante, toute une histoire collective de la psychiatrie française risque de disparaître.

Lors des Assises de la psychiatrie et du médico-social, les témoignages de patients, de familles et de professionnels ont fait apparaître que de nombreuses équipes, en l’absence de réflexions institutionnelles et micropolitiques, utilisaient des méthodes coercitives s’appuyant sur des théories réductrices de la folie. De plus, l’abandon des principes de base du secteur et du développement du potentiel soignant des patients au sein des clubs thérapeutiques favorise la démission et le désinvestissement des travailleurs en psychiatrie  devant la perte du coeur de leur métier et renforce  les  mauvaises conditions d’hospitalité et de soins aux patients ainsi que l'accueil défaillant des familles. 

Hélas la future « Loi de santé publique » risque d’aggraver ce processus : Du Secteur  fondé sur le principe de continuité des soins préventifs, curatifs et de postcure par la même équipe, sur une base territoriale, le projet de Loi ne retient que la notion de territoire, pour en faire un quadrillage de la population. Territoire dans lequel devrait s’organiser le parcours du patient entre psychiatrie (qui ne s’occuperait dorénavant que de la phase aiguë), médecin généraliste (qui assurerait le soin en phase de stabilité), psychiatre libéral (qui serait intégré sans en avoir la vocation ) et médicosocial (qui assurerait les éventuels besoins d’hébergement et l’offre d’activités sur la journée).

Le pouvoir politique continue de s’appuyer sur les forces bureaucratiques pour  soutenir la “démarche qualité” et la segmentation des “prises en charges” où l’illusion d’une continuité s’appuie sur le dossier médical informatisé partagé sans limite avec rupture du secret médical.  

Le Collectif des 39 invite tous les citoyens, les soignants, les patients, les familles qui résistent individuellement,  toutes les forces associatives de soignants, de patients, de familles,  toutes les forces syndicales et politiques , pour amplifier notre mouvement   afin de stopper toutes ces dérives. Une mobilisation de grande envergure qui soit force de proposition pour que dans la future «  loi de santé publique » prévue à la fin de l’année, la psychiatrie soit reconsidérée sous l’angle d’une hospitalité pour la folie et d’une continuité humaine et non pas administrative des soins.

 Venez au meeting,  ouvert à tous, le 1er novembre, à « La maison de l’arbre » à Montreuil, pour unifier tous ceux qui souhaitent sortir de la servitude volontaire, et poser par là un  acte de résistance au nouveau déploiement  de cette psychiatrie technocratique et bureaucratique.

 

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Réponses à cette discussion

Bel article dans Lien Social de cette semaine...

Le 15 septembre 2016 | Joël Plantet

Attachante psychiatrie

La logique hospitalière actuelle utilise de plus en plus fréquemment la contention physique. Liens, attaches, camisoles commencent à poser officiellement problème.

Il y a un an, le Collectif des 39 avait lancé un appel intitulé Non à la contention, clairement sous-titré La sangle qui attache tue le lien humain qui soigne. Les lanceurs d’alerte y affirmaient, dans une adresse aux parlementaires, leur conviction humaniste : « Accueillir et soigner les patients, quelle que soit leur pathologie, nécessite d’œuvrer à la construction de collectifs soignants suffisamment impliqués et engagés dans le désir d’écouter les patients, de leur parler, de chercher avec eux les conditions d’un soin possible. » De même, le réseau Humapsy, à la Mad Pride de juin dernier, y a joyeusement dénoncé la loi du 5 juillet 2011 relative aux soins sans consentement, considérée comme ayant facilité l’hospitalisation sous contrainte, y compris à domicile. Le recours à l’isolement et aux contentions, faute de personnels et de moyens, était vigoureusement pointé. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) était largement remis en question, accusé de « produire des bataillons de psychiatres prescripteurs de médicaments, incapables de comprendre l’intérêt d’entrer en relation avec les patients ».
Or, l’article 72 de la loi de modernisation du système de santé, adoptée le 26 janvier dernier, vient en principe encadrer ces mesures par la mise en place, dans chaque établissement de santé mentale, d’un registre recensant ces pratiques.
Les contrôleurs généraux des lieux de privation de liberté – hier Jean-Marie Delarue, aujourd’hui Adeline Hazan – dressent le constat d’une augmentation de ces actes, doublée d’une banalisation. En mai 2016, le rapport de l’institution, forte de 121 visites de structures de santé mentale, notait d’emblée « une généralisation du recours à l’isolement et à la contention, en recrudescence depuis une vingtaine d’années » alors que leur efficacité thérapeutique n’est pas prouvée. Elle notait que le malade mental « ne bénéficie pas de la représentation qui s’attache à toute maladie : souffrance, fragilité, besoin de soins et de compassion », mais au contraire développe des représentations négatives, dont la dangerosité… Et de constater de fréquentes atteintes aux droits fondamentaux des patients.
À l’initiative de la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et en santé mentale d’Occitanie (FERRPSY), une recherche médicale a été lancée ce 15 septembre sur la contention. Soucieuse des disparités existantes entre les établissements, l’étude implique treize d’entre eux. Point de départ sous forme d’observation collective : « La contention physique : pas de démonstration d’efficacité clinique et un vécu essentiellement négatif pour les patients ». Dès 2014, un psychiatre, Raphaël Carré, avait pointé que « les thèmes d’agressivité et de violence, d’impuissance et de dépendance, de punition et de sanction, le sentiment de déshumanisation » étaient récurrents dans les témoignages recueillis auprès des patients ayant été soumis à des contentions physiques.


Polémique

Le « packing » consiste à immobiliser une personne dans des bandes de linge humide pour favoriser un travail psychothérapique. Un débat, assez vif, oppose les partisans et les opposants de cette technique qui l’assimilent à de la contention. D’autant plus qu’une circulaire ministérielle du 22 avril 2016 conditionne le financement des institutions à la non utilisation de cette méthode alors que l’Inserm, mandatée, n’a pas encore rendu ses conclusions sur ses effets thérapeutiques. Signée par des dizaines de praticiens, une lettre ouverte à Marisol Touraine et à Ségolène Neuville, publiée en mai dernier par le Huffington Post, réclamait l’annulation de cette « interdiction ».

LETTRE DU COLLECTIF DES 39        le 13 décembre 2016

Quel automne dense !  Sur le site des 39, les mouvements ont été intenses et nombreux. Voici un bref récapitulatif pour qui voudrait lire ce qu’il aurait raté, relire ce qui l’aurait intéressé ou le faire circuler… . 

 Une proposition de résolution inique. 

 La proposition de résolution Fasquelles  qui sera votée le 8 décembre suscite colère et indignation de toutes parts.  Assez,  titre le communiqué des 39 qui dénonce une dangereuse volonté d’ingérence de l’Etat dans la façon dont devraient être soignés les autistes.  Sur la page du communiqué on trouvera aussi les liens vers d’autres réactions, toutes aussi courroucées. 

 Réagissant à la même proposition de résolution, on peut lire le texte de Mireille Battut de la Main à l’Oreille : «  Nos enfants valent mieux que ça »

 Les attaques du député Fasquelles se situent dans le fil du récent Rapport sur la santé mentale commandé par Marisol Touraine à Michel Laforcade.  On peut télécharger ici  ce rapport qui nécessite d’être  lu, analysé et critiqué dans le détail. Nous y reviendrons ultérieurement.  

 

Le meeting « Enfance effacée ?  Résister ! Inventer ! » 

Le meeting du groupe enfance des 39  a réuni 500 personnes à la Parole Errante de Montreuil le 16 octobre.

On peut retrouver  les communiqués publiés en amont du meeting.  

Des photos prises par Sofi Hémon et Paul Machto

Quatre des interventions de la journée telles qu’elles ont été publiées dans un dossier « Débat « réuni par Nicolas Dutent, journaliste à L’Humanité 

 ·        « Ouvrir d’autres voies » par Liliane Irzenski dont la parole forte a ouvert la journée

·        « Handicap partout, soins nulle part » par Carlos Parada qui dénonce comment en transformant le psychiatre en expert on fait disparaitre le patient à soigner. 

·         « L’enfance effacée » par Sandrine  Deloche  qui analyse comment l’institution scolaire d’aujourd’hui pâtit des attaques successives portées sur elle et de la création de la MDPH.   

·        « Une nouvelle antipsychiatrie » Par Pierre Dardot qui interroge la façon dont l’antipsycphiatrie d’aujourd’hui attaque l’idée même d’une « psyché » à soigner. 

 ·        Et une cinquième intervention, « Renaître avec Kirikou, plonger avec Nemo »  de Valérie  Guay-Couranjout     qui raconte  comment , mère d’un enfant autiste, elle et sa famille ont accompagné cet enfant dans ses trajets pour grandir.  

 

Un texte de la commission « Psy, soins, accueil» 

Constituée à l’occasion des Nuits debout, la commission «  Psy, soins, accueil » poursuit son travail de réflexion, d’alerte et d’invention.  Nous publions l’article « Un homme est mort sous les balles de la Police » qui interroge le traitement médiatique donné à la mort par balle d’un patient psychiatrique et la résonance sécuritaire accordée à l’événement traité comme un banal fait divers. 

Sur le front…

·        On peut retrouver une intervention de Serge Klopp   « L’Ethique : un levier pour réinventer une psychiatrie humaine  qui défend une éthique du soin en psychiatrie qui ne soit orientée ni par la démarche sécuritaire, ni par la démarche qualité mais par le souci du soin du Sujet.  

·        Pour un accueil inconditionnel et de droit commun pour les migrants-réfugiés où Jean-Pierre Martin demande une politique d’accueil et de soins aux migrants-réfugiés et défend l’idée que «  Les migrants sont les citoyens de notre humanité communeCet accueil inconditionnel des migrants est l’objet même d’un réseau solidaire de santé mentale.       

       Dans un texte clair et précis, L'hôpital Sainte-Anne : fossoyeur de la santé mentale des enfants,  Sandrine Deloche dénonce la façon dont  le secteur de pédopsychiatrie du 14earrondissement de Paris est mis en grande difficulté pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la qualité des soins et le souci des enfants et des familles. 

Vous pouvez aussi aller sur la page FB des 39

https://www.facebook.com/groups/68490100984/

Un bel interview de Pierre Delion: Quand la psychiatrie est d'abord un humanisme

http://culturebox.francetvinfo.fr/des-mots-de-minuit/argument/pierr...

cool

merci

Joseph Rouzel a dit :

Un bel interview de Pierre Delion: Quand la psychiatrie est d'abord un humanisme

http://culturebox.francetvinfo.fr/des-mots-de-minuit/argument/pierr...

Remarquable témoignage de pierre Delion à visionner ou révisionner sans modération.

Voir l’Article du journal libération du 13 octobre 2016. ‘Pierre Delion : Aliéné, délivré’

http://www.liberation.fr/france/2016/10/13/pierre-delion-aliene-del...

Lettre du collectif des 39 de 15 juillet 2017 

Cette lettre vous est adressée avant les vacances après une période particulièrement difficile.

Les derniers textes et communiqués postés sur le site par le Collectif :

« CONTRE LA NOVLANGUE : DES PAROLES CONTRAIRES » (COMMENT ERIC BLAIR EST DEVENU GEORGE ORWELL)

de Yann Diener

http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=8561

« NON À LA NUIT GESTIONNAIRE » de Sandrine Deloche

http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=8563

ANNIVERSAIRE DES CEMÉA de Dominique Besnard

http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=8577

COMMUNIQUÉ À PROPOS DE FORT BOYARD. STIGMATISATION ?

http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=8581

Des nouvelles du Réseau Européen:

RENCONTRE AVEC LES LUTTES AUTO-ORGANISÉES DE THESSALONIQUE

http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=8588

Lappel des psychologues de la Fonction publique hospitalière, exerçant dans les pôles de pédopsychiatrie du Centre hospitalier de Montfavet:

Quelle hospitalité pour lenfant en souffrance psychique ? Cest en référence au groupe « Enfance » du collectif des 39 que nous est venu ce titre pour cet Appel. Appel à faire connaître notre situation et celle des patients dont nous assurons les soins psychiques Appel à dénoncer la logique comptable, gestionnaire, mathématique qui écrase lenfant et lexproprie de sa singularité Appel

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Madame_La_Ministre_Agnes_Buzyn...

Et des rendez vous sur des festivals, moments où culture et psychiatre se croisent

DINGO DINGUE THÉÂTRE DE LA ROTONDE AVIGNON

Dingo Dingue est la « fuite » de « Psychiatrie/Déconniatrie », spectacle sur la folie créé au Théâtre des Salins de Martigues en 2004 et qui partit sur les routes de France pendant quatre années.

Paul Machto, Jacques Tosquellas et Marie France Negrel de lAssociation Méditerranéenne de Psychothérapie Institutionnelle, participeront aux deux débats proposés à lissue des représentations les Mercredis 19 et 26 juillet.

http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=8573

LE COLLECTIF DES 39 À MARCIAC – AVEC LA LIGUE DE LENSEIGNEMENT DU GERS

Le Collectif des 39 « Quelle hospitalité pour la folie ? »- Avec la Ligue de lEnseignement du Gers- propose pour cette 7ème Edition

les vendredi 4, samedi 5 et dimanche 6 août 2017

Dans le cadre des après-midis de JAZZ IN MARCIAC

  • Deux représentations de la Compagnie Sujet Barré 
  • Une projection du film écrit par Fara C. journaliste Jazz (Humanité) « Le moine et la sirène – Le chant de Charles Lloyd » 

Film de 60 mn coréalisé par Fara C. et Giuseppe de Vecchi

Suivis de débats publics animés par des membres du collectif des 39.

http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=8567

Bel été à toutes et tous avant les rendez vous de la rentrée.

Les soins psychiques? Dans quel état?


Dans son dernier rapport, le contrôleur général de lieux de privation de liberté (CGLPL) note « l’absentéisme » et les « pratiques professionnelles hasardeuses » des personnels des Hôpitaux psychiatriques.

Le dernier rapport thématique d'Adeline Hazan consacré aux personnels des lieux de privation de liberté, accessible en ligne depuis quelques jours, recommande la mise en place d’un encadrement plus strict dans les unités psychiatriques. Dedans, la contrôleure générale déplore en effet que « la psychiatrie, contrairement aux autres spécialités médicales, ne connaisse pas de ratio type de soignants par catégorie d’unité ». Selon elle, l’organisation ne garantirait pas un nombre de soignants défini pour un type d’hospitalisation ou par service.

Le manque de présence auprès des patients remarqué

La contrôleure liste ensuite tout au long de ses 64 pages les problèmes inhérents aux équipes médicales et non-médicales des établissements accueillants des patients dont la pathologie nécessite une privation de liberté. Principalement en cause, le manque de présence des soignants : le taux d’absentéisme serait ainsi en « hausse régulière depuis cinq ans », en croissance de 19 % plus exactement. Par ailleurs, Adeline Hazan évoque des cadres infirmiers qui « ayant perdu l’habitude des soins, sont réticents à intervenir » et adopter un rôle soignant. Toujours sur les infirmiers, elle relève que ceux travaillant dans les secteurs psychiatriques « plus jeunes (…) manquent parfois de la capacité à être contentant psychiquement et s’en tiennent aux protocoles ». Selon des cadres de santé interrogés, ils auraient même « tendance à se reposer sur leur acquis ». Bonne ambiance décidément...

Mais les autres personnels ne sont pas épargnés par cette attaque au vitriol. L’institution constate que le temps de présence des psychologues et ergothérapeutes « est limité ». Elle souligne également que certains Hôpitaux psychiatriques fonctionnent « avec un effectif de médecins qui peut être réduit jusqu’au quart de ce qu’il devrait être. »

Des restrictions injustifiées des libertés individuelles

Un manque de présence qui se traduit par une maltraitance de la patientèle, pour Adeline Hazan. LE CGLPL assure en effet avoir « constaté de nombreux cas dans lesquels le manque de personnel conduit à la méconnaissance de droits fondamentaux des patients ». Et le rapport s’inquiète des « restrictions injustifiées des libertés individuelles », induits par le manque d’effectifs dans les services concernés.

D'ailleurs, les soignants ne sont pas dupe. Ceux interrogés par la contrôleure générale sont bien conscients du phénomène et évoquent « la nécessité de réintroduire du relationnel avec les patients et de la disponibilité ». Néanmoins, il faut souligner que les locaux vétustes des Hôpitaux sont aussi mis en cause. Leur architecture inadaptée « peuvent conduire les soignants à adopter des pratiques contre-thérapeutiques portant atteinte à la dignité des patients », est-il écrit dans le rapport. Ouf un peu de mansuétude...

Sources :
http://www.whatsupdoc-lemag.fr/actualites-article.asp?id=21781#.WZa...

Lettre envoyée par mail le 06/10/17

Monsieur le Président,

 

Je vous ai écrit le 22 septembre dernier, car je m’étonnais que se tienne dans votre université une journée de conférences en faveur du diagnostic TDA/H. Cette manifestation était programmée par l’association HyperSupers - TDAH France pour le 29 septembre.

 

A la date où je vous ai écrit, cette journée n’était soutenue par aucun des Laboratoires de votre université. Elle est subventionnée par quatre laboratoires pharmaceutiques : Mensia technologies, Shire, H.AC.  Pharma, NLS Pharma. Leur intérêt est de promouvoir un diagnostic qui légitime une médicamentation à l’aveugle des enfants. C’est un énorme marché. L’organisatrice de cette journée, Madame Gétin, n’a aucun titre de médecin, de psychologue ou d’universitaire.

 

J’avais demandé - il y a plusieurs semaines - à Madame Gétin un temps de parole dans son colloque. Il est souhaitable en effet que s’instaure un débat pluridisciplinaire sur ce diagnostic qui est contesté par de nombreux experts internationaux et qui n’est pas répertorié comme tel dans les classifications françaises. Je n’ai pas eu de réponse de sa part. Je me suis pourtant inscrit avec plusieurs collègues, afin de participer aux débats.

 

Le diagnostic TDA/H affirme que les enfants qui ont des difficultés souffrent d’un "déficit" génétique et d'un trouble neurodéveloppemental. Il n'en existe aucune preuve. Ces enfants et leurs familles demandent d'abord à être entendus, pour dénouer des problèmes souvent transitoires. Une fois que ce diagnostic cible a été posé, la solution désormais courante est de prescrire des médicaments, avec par exemple de la Ritaline : elle contient des substances classées en France comme des drogues.

 

Monsieur le président, vous n’avez pas cru utile de répondre à ma lettre du 22 septembre. Nous avons constaté par la suite que l'annonce du colloque a été modifiée peu de jours avant sa tenue, afin de dissimuler les données antérieures. Et puis - la veille du 29 septembre, plusieurs collègues et moi-même ont reçu une annulation et un remboursement de leurs inscriptions ! Cette désinscription nous a été signifiée au nom du « maintien de l'ordre ». Nous voulions intervenir dans la discussion comme cela se fait dans tous les colloques : nous avons été traités comme des voyous. Le jour même, une douzaine de vigiles nous a interdit l'entrée du bâtiment. On leur avait annoncé l'arrivée d'une bande de casseurs armés de barres de fer ! Nous avons aussi pu voir dans le service d’ordre un enseignant portant le tee-shirt TDA/H, au mépris de son devoir de réserve. Il faut s’indigner d’abord de cette interdiction faite à plusieurs universitaires et à un chef de service de pédopsychiatrie de participer à un débat, en vue d'échanges interdisciplinaires. 

 

Nous avons donc été contraints de rester à l’extérieur du bâtiment. Ceux d’entre nous qui avaient préparé des questions les ont exposées à la centaine de personnes qui sont restées dehors avec nous. Vous pouvez le vérifier en regardant la vidéo intégrale de cet événement, qui a été vue et partagée par plus de 7000 personnes à ce jour.

En résumé vous ne nous avez pas répondu, et vous avez fait interdire le dialogue, alors que vous avez autorisé une conférence en faveur du TDA/H, organisée par une personne sans aucun titre pour le faire, qui bénéficie du soutien des Laboratoires. Elle l’a fait en faisant verser les droits d'entrée (qui ont pu aller jusqu’à 40 000 €) directement à son association.

 

Nous croyons savoir qu’après cet événement exceptionnel, vous avez mesuré ce que votre prise de parti avait de policier. Vous n’auriez pas dû interdire un débat scientifique dans un service public dédié à la recherche. Nous croyons savoir aussi que vous auriez été prêt à nous proposer - pour plus tard - le débat pluridisciplinaire que nous souhaitons. Mais à ce jour, vous ne nous avez toujours pas écrit, au moins pour vous excuser du traitement déplorable infligé à des représentants de 14 associations spécialisées dans le soin psychique, et soutenues par plus de 5000 professionnels. Sur le fond d’ailleurs, ce n’est pas tant les excuses qui nous importent. En effet, c’est un véritable scandale sanitaire qui se prépare, si l’on prend en considération les milliers d’enfants concernés. Ce scandale risque bien de ressembler à celui du Médiator, ou aujourd’hui à celui du Levothyrox. Il est sans doute plus grave, car les enfants ne peuvent pas se plaindre, et leurs parents inquiets font confiance à ceux qui leur déclarent qu’il s’agit d’une maladie, et qu’ils en ont la solution. Nous sommes solidaires de leurs difficultés, et nous souhaitons la même solidarité de la part des universitaires et des scientifiques soucieux d’impartialité et d’humanité.

 

Avec mes meilleures salutations,

 

Pr Gérard Pommier

Membre du Laboratoire de psychopathologie de Paris VII

Psychiatre, psychanalyste

 

Pour voir la vidéo :

Le lien sur Facebook :

https://www.facebook.com/aplpsychanalyse/videos/838583276324057/?hc...

Et le lien sur Youtube :

https://www.youtube.com/watch?v=inDTbYMIV5M

 

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