...

Vues : 219

Les réponses sont fermées pour cette discussion.

Réponses à cette discussion

Bien sûr les hommes font les lois qui font les hommes... Mais penser qu'un individu puisse faire la loi, ça me parait impossible, c'est.. hors la loi! Je ne vois pas bien, au regard des déclarations de la gamine,  comment cette affaire peut être classée. Evidemment, comme il s'agit d'une histoire que vous recueillez de seconde main, c'est un eu difficile d'intervenir. ça serait bien que l'ES et l'AS puissent en écrire quelque chose, même anonymement,  pour en discuter...  Vous le leur transmettez de ma part? 

Il ne suffit pas que ça soit dit et nommé, mais que ça puise se travailler. Une partie relève de la Justice; une autre de l'accompagnement socio-psycho-éducatif de la gamine pour qu'elle puise élaborer cette histoire. A laisser tout ça en jachère j'ai pu constater les ravages chez une adulte que j'ai suivie dans mon cabinet pendant quelques années: au début elle n'arrivait même plus à parler... 

Cher Laurent, voilà encore un bref exposé de situation témoignant on ne peut plus de cet état de confusion des plans de la parole et des registres de l'acte et des représentations, dans lequel les AEMO impuissantes (sauf à se croire "bénéfiques" par leur seule "bonne présence" comme nombreux "se le racontent"... encouragés en ce sens de tous côtés) se trouvent ordonnées, convoquées...

La première des choses serait quand même de se demander "pourquoi l'AEMO?"...  Qu'est-ce que les tutelles institutionnelles, prises dans leur propre confusion, leur propre malaise, en attendent, en espèrent?

Ce que je soutiens, et que je ne vais pas ici développer, c'est qu'on voit là combien nos milieux, la justice familiale et des mineurs restent étrangers aux conditions institutionnelles, structurales, qui président pour tout enfant au refoulement civilisateur, structurant, de son fantasme incestueux et meurtrier... Ce qui d'ailleurs pose la question de savoir dans un tel cas, une telle situation, où passe le meurtre

Alors moi je ne pense pas, mais vraiment pas - reprenant ta formule selon laquelle "une fois que l'inceste a été dit il n'y a plus rien à dire" - que justement, dans une telle situation, l'inceste ait été repéré, relevé, interprété par quiconque ! La situation continue de baigner de tous côtés, du café au chocolat,  dans "l'inceste"... Ce qui suppose qu'on veuille bien ne pas le réduire cet inceste à la foufoune léchée par la grand-mère (svp) et le père! Et je crois que c'est bien parce qu'on se retrouve ainsi scotché sur la "réalité", sur un "sexuel" ainsi réduit à l'acte, pris dans l'objectivisme (lequel se trouve entretenu par le positivisme éducatif et thérapeutique que cristallise l'existence même des AEMO), qu'on ne peut se dégager du contexte familial incestuel - contexte redoublée institutionnellement - et qu'on se retrouve comme sans parole... 

Ta formule peut aussi renvoyer me semble-t-il à cet aphorisme de Wittgenstein selon lequel , "ce dont on ne peut parler, il faut le taire",  qui engage justement la question du "refoulement" , mais d'un refoulement réussi, civilisateur, condition de la parole et du penser, à distinguer donc de l'interdit pervers qui serait celui du père, en tous les cas, celui du Surmoi... Il n'y a pas de parole qui porte la Loi hors ce "taire" qui témoigne du refoulement réussi, du sens des limites du langage, de la parole elle-même...

Sacraliser la "parole de l'enfant", c'est méconnaître la puissance du fantasme, la puissance de la perversion enfantine nichée au fond de l'être de chacun... Une méconnaissance et un déni dont les séductions  narcissiques, institutionnelles et les entre-soi professionnels sont porteurs...

Et ma conclusion, tu la connais : le premier traitement de l'inceste à opérer serait un traitement institutionnel, juridique... Sur la voie opposée de quoi pour l'instant sous la figure postmoderne de Big Mother nous sommes, avant de nouveaux déchaînements inouïs, et peut-être alors d'un possible retournement...

Laurent, de ce "merci" que tu m'adresses, qui va bien sûr bien au-delà de ma personne - un "merci" qui au fond sauve la représentation même qu'il s'agit de tenter de faire vivre dans une telle situation (je dirai : la représentation du Père dont dépendent celles, sexuées, distinctes et croisées,  des deux parents - les représentations oedipiennes  sujettes au "meurtre") -   je me réjouis d'autant qu'il signe cette dernière relance, très indicative, avec un meilleur contre-champ, et cette formule épatante du "léchage de la foufoune comme vitrine de l'inceste". Et oui, il y a la vitrine, et puis derrière,  la boutique, et plus encore,  l'arrière boutique : en termes savants, tout ce jeu des identifications inconscientes tenu à la logique incestueuse et meurtrière du fantasme (du pulsionnel = des jouissances déliées de la Loi) qui tient le fond de l'être de chacun, et sur quoi s'exerce la plus grande volonté de ne pas savoir... , parfois au prétexte de "ne pas interpréter", comme si interpréter n'était l'essentiel, si tant est qu'on conquiert d'en distinguer et d'en instituer les plans, pour ces "interprétations" les civiliser...

Avant de proposer un peu plus tard quelques nouvelles réflexions à partir de ces dernières précisions de ta part, je crois que ce qui pourrait peut-être mettre François,  et sait-on jamais Melissa, sur la piste de ce qu'on peut se trouver dans l'AEMO comme "convoqués" et "ordonnés" à répéter de ce qui s'engage dans la situation familiale (et aussi institutionnelle, entre les diverses instances), c'est d'interroger la "demande" de Melissa à François. .. Je dirai là : il n'y a pas que les hommes qui bandent pour les jolies femmes. Et de cela les chéries sont elles aussi bien souvent embarrassées... Ce qui nous ramène à la question nodale de cette "culpabilité " dont les humains, à défaut d'entrer humainement dans la dette (la dette au Père,  aux deux parents), passent leur temps à chercher à se défausser. .. Ce dont notre Occident, si porté  à s'innocenter par avance, a perdu la vision, l'horizon... 

Un autre tuyau si j'ose dire : la "foufoune" résonne toujours pour le jeune enfant (et dans l'inconscient) comme un signifiant, une représentation phallique... Comme disait Lacan moqueur, chacun et chacune ainsi  l'aurait... Nous touchons là au fondement du fétichisme et de cette "perversion homosexuelle", si communs, auxquels nous avons tous affaire...Et qui ne s'élaborent à l'infini (ne trouvent une issue subjectivement viable et non prédatrice pour soi et pour autrui) que sous ces conditions structurelles (langagieres, institutionnelles,  juridiques) dont la Référence et lePolitique sont le verrou.

Sourire : plus d'un homme (ou d'une femme) serait surpris qu'on lui dise qu'un "léchage de foufoune" est un strict équivalent de fellation...

Je conseille toujours de lire, de ce cher Devereux,  Baubo ou la vulve mythique, et, Femme et mythe. Quant à cet équivalent phallique du plein et du vide dans l'inconscient, je ne connais pas meilleures démonstrations. ..

Il s'agirait de détourner Wittgenstein: ce dont on ne peut parler, il faut... le dire. 

Dans ce genre de cas (j'en ai connu une dizaine en 30 ans) j'ai appris assez tôt à considérer

- que tant que les faits  n'étaient établis et qualifiés par qui de droit  (brigade spécialisée des mineurs, instance judiciaire) le "doute" sur la réalité de ces faits était pour le moins nécessaire. J'ai ainsi à l'esprit trois cas où tous "croyaient" mordicus à "la parole de l'enfant" (mon "doute" manifeste - me conduisant à renvoyer chacun des parents a sa propre responsabilité - était alors reçu comme une défense insupportable  du père pour 2 de ces cas, et une défense inverse de la mère dans le 3ème, par tout l'alentour professionnel, dont des services spécialisés "d'aide aux victimes"  et les associations ...), où il devint évident que dans deux d'entre eux l'enfant (à chaque fois des petites filles, de 5 a 9 ans) avait produit de son propre chef un scénario fantasmatique faisant profondément écho à la propre position fantasmatique (classiquement "hystérique " et "incestueuse") de leur mère... Dans un de ces cas la petite fille était aller dire à la maîtresse,  s'en vantant,  que "le monsieur (le mari de sa nounou) a mis son zizi dans mon tutu"!  Quelques jours auparavant,  demandant à sa mère où son père était parti celle-ci lui avait dit : "mettre son zizi dans le tutu des femmes de son village"... Dans l'autre l'enfant disait que sa mère lui faisait voir des films pornos et faisait l'amour devant elle avec des hommes, dans la voiture. Ce qui s'avéra tout aussi faux. Je garde le souvenir de la grand-mère paternelle s'excusant de m'avoir tellement honni, m'accusant sans cesse avec son fils de "défendre la mère ",   accompagnant la petite en pleurs  reconnaissant son "mensonge ". Dans le 3ème cas, alors que le père était déjà en partance pour la maison d'arrêt,  la police trouva le brouillon d'une lettre de la petite fille de 9 ans à sa mère lui confirmant qu'elle allait dire comme convenu à l'assistante sociale et à l'éducateur que son père   la violait. (Je note : elle ne raconta sa sauce qu'à l'assistante sociale, tant ma position - une écoute référée,  non ouverte à tous les vents - ne le lui permit...)

- et que quoiqu'il en soit, une telle expression de l'enfant doit être prise en considération, comme un symptôme majeur de la façon dont cet enfant reste privé  de sa propre place de tiers exclu, de tiers oedipien, privé  du cadre  (de représentation ) et des conditions subjectivement viables pour se "séparer", se "différencier "... L'enfant reste ainsi maintenu dans la colle et le duel, prisonnier des fantasmes prédateurs de scène primitive, de ses fantasme oedipiens comme des fantasme œdipiens maternels et paternels... Et tout l'enjeu nodal reste alors de savoir comment, chacun à sa place, on peut contribuer pour lui à recoller les morceaux de sa scène oedipienne, une représentation crédible,  comme dit Pierre Levy-Levy-Soussan à propos des enfants adoptés,  de la scène originaire... Ce qui passe d'abord pour tous par le fait, comme je dis toujours, d'apprendre à ne pas se faire mettre soi-même dedans, dans la "scène primitive", dans cette mauvaise soupe appelée "partenariat" ou "réunion d'équipe",  "synthèse " ou "supervision",  où fascination et tranferts de séduction, narcissiques,  bâttent leur plein...

Dans le cas présent je crois, comme je l'ai indiqué et comme Laurent tu le relèves,  que François s'est trouvé  disons appâté par Melissa, embarrassée de façon commune  de son désir par rapport à la mère. .. Qu'est-ce qui s'engage en effet quand dans les AEMO les praticiens viennent ainsi "à deux"? Ne pourrait-on repérer derrière cela la difficulté toute aussi commune à supporter dans notre exercice la "solitude",  le Négatif, le manque, la coupure et l'écart  - ce que Lacan appela "le non rapport sexuel", l'impossible à faire "complémentarité ", à faire Un à deux? Autrement dit, la difficulté à  se supporter soi-même désirant? 

Dans le cas évoqué la question du "non" (qui ouvre naturellement celle du "oui") n'est pas d'abord celle de la petite mais bien d'abord celle de la mère  (par rapport à son propre père, sa mère) et celle du père ... C'est cette question qui "regarde" au premier chef Melissa et François. .. Je dirai pour conclure ici qu'il ne devrait jamais s'agir pour l'éducateur d'AEMO d'aider à défaire ou inversement à rétablir dans la réalité le couple parental, mais bien d'en soutenir - et le plus souvent d'abord dans le lien avec la mère de l'enfant (en s'extirpant du familialisme, en la requérant dans le sexué, en évitant donc de s'enquiller aaussi bien dans une position homo-sexuelle en miroir que dans une position maternaliste/paternaliste auprès d'elle!) - la représentation adéquate... À partir de quoi on saisit que dans la réalité une mère et son enfant ce n'est pas en soi une famille decompletee, une famille monoparentale...

RSS

Parole de Sagesse

« Quand un groupe d'hommes renie l'Etat sous l'autorité duquel il avait jusqu'alors vécu, il est bien près en fait d'établir son propre gouvernement. »

Gandhi

Astuces techniques

Désactiver les notifications par mail à chaque réponse dans un forum ou un groupe (dans le cas où votre boite serait "saturée" de message).

Recevoir les communications envoyées à tous les membres du REZO qui peuvent être filtrées par erreur par votre boîte mail.

Contribuer

Pour soutenir REZO, participer aux frais d'hébergement, de maintenance et améliorations :


Merci !
Erwan, administrateur du REZO

Remarque :  pour ceux qui sont réticents à payer en ligne, il est aussi possible d'envoyer un chèque.
Merci de me contacter pour que je vous envoie les coordonnées postales.

Forum

REZO: quelle utilité?

Démarrée par Joseph Rouzel dans Général. Dernière réponse de Djamila Zaatri Il y a 23 minutes. 47 Réponses

Il y a actuellement 3332 inscrits sur REZO. Quand je vois la pauvreté des échanges (pas en qualité, mais en quantité) je me pose vraiment la question de l'utilité de cette plateforme. Ce que j'en attends - c'est pour cela que je le tiens à bout de…Continuer

Règne des images; images des règnes.

Démarrée par Joseph Rouzel dans Général Il y a 15 heures. 0 Réponses

Si les situationnistes avançaient que notre monde avait basculé dans une société spectaculaire et marchande, les hommages déferlants à Johnny en donnent la confirmation. N'est-ce pas un peu trop? ont dit certains. Regis Debray dans le Monde…Continuer

© 2017   Créé par Joseph Rouzel.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation