ça sonne un peu comme un refrain bien connu de l'Internationale Communiste:

Debout ! l'âme du prolétaire
Travailleurs, groupons-nous enfin.
Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
Pour vaincre la misère et l'ombre
Foule esclave, debout ! debout !
C'est nous le droit, c'est nous le nombre :
Nous qui n'étions rien, soyons tout. etc

Il semble qu'on se réveille dans la sphère, trop souvent cotonneuse et plaignante, du travail dit "social". Des copains s'y mettent autour d'Avenir Educs qui ne mollit pas. D'aucuns pensent que lutter, combattre, résister ça ne sert à rien, ou pire ça nourrit l'ennemi (quel est-il au fait aujourd'hui? Les fonds de pension? Qui c'est?) Les aquoibonnistes ont toujours fait le jeu de la prolétarisation. Je préfère des travailleurs sociaux debout. 

Debout pour nos métiers du travail social !

De Jean-Sébastien ALIX, Didier BERTRAND, Jean-Marc BRUN, Michel CHAUVIERE, Gabrielle GARRIGUE

Avec AVENIR EDUCS


Postface de Roland GORI

Le travail social est « un sport de combat ». Devant les réformes qui modifient l’exercice de leurs métiers, les auteurs se mobilisent collectivement pour défendre leur histoire, leurs pratiques et leurs formations.

Les différents métiers du travail social constituent une richesse collective bien adaptée à la complexité des exclusions et souffrances et ne représentent pas un archaïsme salarial attaché au siècle dernier comme certains libéraux se plaisent à le dire ! Pour tous ces métiers, la qualité de la relation doit rester centrale dans une clinique singulière du quotidien et des circonstances. La parole dédiée en est l’outil de base, elle s’impose et mérite considération. La relation clinique, tout comme la relation éducative, est et doit rester l’exact opposé de la relation client !

Retrouvez tous les titres parus dans la collection Questions de sociétés en suivant ce lien.

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Réponses à cette discussion

Mon commentaire:

Le militantisme reste ici la voie royale pour masquer/refouler son amour politique, ce qu'il en est de la demande d'amour, de la demande du sujet d'être reconnu, estampillé innocent... 

Transférer tout à la fois la source du mal, du péché originel, dans le champ social,  et laisser croire à sa possible élimination, autant dire, à l'élimination du désir (en tant qu'il est toujours et d'abord désir inconscient "œdipien"), est au principe de "l'erreur de base de la modernité occidentale, qui n'a cessé de mettre au premier plan la "question sociale" et d'"oublier" la question généalogique ", comme le dit et le développe remarquablement Peter Sloterdjik dans son récent ouvrage Après nous le déluge. (On y trouve une analyse critique approfondie des thèmes deleuziens de l'anti-oedipe)

Et puis, cerise sur le gâteau, cet aphorisme de Philip Roth:

"Quand on généralise la souffrance, on a le communisme, quand on particularise la souffrance, on a la littérature" 

qui peut donner :

"Quand on généralise la souffrance on a le militantisme et son ombre portée, le pouvoir techno-gestionnaire, l'oubli de l'être, quand on singularise la souffrance, on a la clinique" 

En dehors de vous et de votre ego, en quel "truc" vous êtes croyant M. Pendanx? C'est pas trop dure la vie en étant aussi lucide et clairvoyant et se faisant l'écho de la pensée des autres?

Tenez, par exemple, je crois au meilleur cinéma, pour transmettre la Loi, faire vivre et sauvegarder,sans normopathie, le mythe adéquat. J'y crois bien plus, pardonnez-moi, qu'aux "supervisions" et au type de "défense de la profession" qui nous est ci-dessus proposé.
Allez voir "Les 3 panneaux de la vengeance", ça vous fera peut-être tomber les nerfs.
J'irai regardé cela.
J'ai employé ce terme de croyance car nous en sommes tous plus ou moins là, sur de la croyance. Y a bien des choses que nous pratiquons pour nous faire du bien, en pensant que cela nous apporte un équilibre mais qui rien n'assure que cela ne soit pas nuisible à...d'autres.
L'assertorique, c'est un truc répandu et contagieux, non? La chose est vraie parce que je l'énonce alors que rien n'est moins sûr.. Kant on critique négativement tout, c'est mon cas, on ne sait plus si on est nihiliste ( ma vérité individuelle érigée en tant que vrai..) ou juste con.
Ça milite, et alors...?!

J'aime bien votre  "Kant on critique...", mais surtout ce "Ça milite, et alors...? ", que je commenterai ainsi :

Si l'on veut bien considérer qu'en effet "ça", c'est à dire ce qui de l'inconscient (de la logique du fantasme) nous enveloppe  et nous échappe, commande, derrière les grands idéaux affichés, le militant, on peut comprendre (je réponds ainsi à votre "et alors ?) les retournements classiques des mouvements de libération en leur contraire. Ce qui ouvre, pour le combattant, une toute autre perspective politique.

Cela a  à voir avec ce que Lacan relevait à mon sens,  dans son séminaire sur la logique du fantasme, sous la formule restée énigmatique à beaucoup de "l'inconscient c'est la politique" 

Que l'on soit passé sur un divan et pas que pour râler évidemment ou pas, le sujet court toujours après une chimère, au moins une, à l'origine et qu'il rate toujours alors qu'il pense l'avoir trouver, enfin.
Que mes souvenir soient bons, l'autre a nommé ce truc. L'objet a.. Cause du désir...
Ça, justement, nous pousse à.. Que certains appeleraient cela, l'élan vital, la course délirante etc.. Ça est une ratée inévitable mais ça fait "tenir debout", c'est une colonne vertébrale psychique. Le renversement en son contraire est ainsi, non? Vous doutez tout de même, n'est-ce pas?
Les bains de foule, les greffés au désir de l'autre, les moutons, les ni oui ni non, ne sont-ce des déclinaisons de nos angoisses converties en des modalités d'expressions pour aller moins mal?
Même dieu et son discours idéal d'amour, de paix et j'en passe, il existe bel est bien dans la tête de certains, serait celui que ces mêmes derniers croyants désobéiraient à foison chaque jour qui passe,via leurs actes. Et pourtant, ça ne peut s'empêcher de prendre des supports idéologiques pour lutter contre un autre, celui ou celle qui vient s'essuyer sur soi..avec ou sans notre aval.
Le vivre-ensemble porté en étendard à toutes les sauces, me paraît être une foutaise absolue mais paraître ça peut faire illusion... Y a de quoi être cynique non? Mais faut il imaginer seulement que cela soit possible d'enrayer cette portée qui engendre, assurément, bien plus de sottises que de vertues?

C'est un plaisir Minh, de vous lire...  vous n'avez pas de nègre? Je rigole

le vivre-ensemble foutaise absolu, absolument, comme notre sacro-saint "partenariat", lui aussi "porté en étendard à toutes les sauces"... 

ce que je soutiens c'est que "ça" ne nous fait pas tenir debout tout seul, c'est la source vive, mais il y faut, pour que vive la vie, pour que vive justement debout le sujet (qu'il ait accès à la parole, à sa parole, et à sa culpabilité...), une certaine dialectique, à partir de la re-liaison infinie du ça à la  Loi (loi généalogique du langage fondatrice également des institutions). Cette dialectique c'est celle de l’identité/altérité, enserrée dans la dimension subjective sexuelle, dans la question du Sexe, entendez, de la différence des sexes.

Si avec la loi on pense pouvoir écraser le ça, ou avec la raison la folie, ou avec la politique l'impureté du monde, on est dans la normopathie, l'intégrisme... Et ce qu'on peut constater c'est que ceux qui estiment cela possible, de maîtriser le ça, d'éliminer la transgression et la folie du monde, et bien ceux là sont en vérité écrasés par la logique du ça... Et puis il y a les marchands de chansonnettes, ceux qui laissent miroiter l'horizon, tout aussi prédateur, d'une Loi sans rigueur, sans structure universelle, à disposition quoi... Aussi, parce que j'ai renoncé à une certaine conception de  la politique je ne me tiens plus pour un militant, ce qui ne fait pas de moi pour autant un nihiliste ou un cynique. Je demeure, à ma façon, même si cela échappe à certains, ou les dérange, un combattant. Jusqu'au dernier terme de mon exercice professionnel j'ai "combattu", mais sans trop d'illusion. Un certain cours des choses m'a d'ailleurs indiqué que j'avais bien raison de n'avoir guère d'illusion sur la suite du "combat" collectif... Mais un autre cours des choses m'a apporté quelque plaisir. Un article sur cette expérience, visant notre rapport au management, sera publié dans le prochain numéro spécial de la revue Le sociographe. 

De cette "re-liaison" du ça à la Loi, les "parents", parents institutionnels compris (dont les éducateurs bien sûr ) sont non pas les maîtres, les directeurs de conscience, mais les relais médiateurs, aux conditions d'être eux-mêmes référés au principe qui manque (dont le Phallus est le symbole), que je continuerai d'appeler, en conformité avec la structure,  le principe du Père... Ce principe dont la Mère est le premier opérateur si je puis dire. J'ai écrit un texte là-dessus, insistant donc sur le fait que la mère est en quelque sorte le premier père, si tant est qu’elle se trouve convenablement référée, et que le père n’est pas cette sorte de deux ex machina qui ferait face au couple mère enfant, pour le séparer cet enfant. On trouve cet article sur le site de Patrick Valas.

vous voyez vous me rendez presque pédagogue...

allez, je vous laisse, nous avons des invités,

Mihn, vous ne faites pas dans la dentelle et ça décoiffe mais dans ces temps où tout doit être bien planifié c’est comme une récréation.

Joseph, imaginez un éducateur dire qu’il est un prolétaire à un ouvrier qui travaille dans le bruit, les vapeurs de produits toxiques dont il sait qu’elles lui assurent une mort précoce. L’ouvrier lui rira au nez. Bon d’accord il n’y a plus beaucoup d’ouvriers vu que les usines ont fermées mais de là à ce qu’un éducateur se dise un prolétaire!! Oui on travaille auprès de la misère du monde, c’est parfois et trop souvent insupportable mais utilisons nos outils et n’empruntons pas ceux dont on ne saurait s’en servir si on veut être crédibles.

Quand je parle de prolétarisation, Louise, j'étend la question au-delà du monde ouvrier. Je l'ai été en usine, j'en sais un peu quelque chose: l'exécution des taches, les cadences, la pressions des petits chefs etc. Je reprend la question de la prolétarisation qui veut qu'un travailleur, quel qu'il soit, est aujourd'hui dépossédé de ses capacités d'invention, de création, de pensée. Cette prolétarisation généralisée, de la femme de ménage à l'ingénieur, rejoint sans doute cette intuition de Lacan, dans La Troisième: "...chaque individu est réellement un prolétaire, c’est-à-dire n’a nul discours de quoi faire lien social, autrement dit, semblant". ça veut dire quoi? Si ce n'est cette dépossession par le capitalisme de pouvoir penser et parler son travail. Vous travaillez en famille d'accueil, vous voyez bien qu'une grande partie vous échappe, ça se décide dans les Ministères, et "les mecs des ministères" comme chantait Leo Ferré, sont tout autant dépossédés, ils sont aux ordres d'obscures injonctions qui viennent du Marché et de l'impératif de faire de la plus-value. ça vaudrait le coup de (re)lire Marx, pour entendre la portée de ce "tous prolétaires"... Je pourrais vous décrire ce qui nous est arrivé à Psychasoc avec les textes de 2014 sur la formation continue, qui n'agréent que les formations qualifiantes, diplômantes, certifiantes, de plus adossées à une VAE. Evidemment tous les petits centres de formation comme le notre sont balayés de la carte. Et quel est, tous métiers confondus, l'organisme qui déposé le plus de certifications? Je vous le donne en mille: Microsoft. CQFD. Alors que faire: pleurer sur son sort? Laisser faire, en pensant naïvement que lutter renforce l'aliénation, comme d'aucuns, ici-même? Ou bien?  

Vous trouverez sur Mediapart quelques éléments de réflexion que j'ai produits sur cette question:

https://blogs.mediapart.fr/joseph-rouzel/blog/230118/le-rapt-de-la-...

Ça sonne carrément juste ce que je lis là.
Notre "hiérarchie" organise, déploie, impose naturellement l'acte sans penser, tout en faisant croire que la formation continue ( foutaise d'émargement à une cession session de 2 jours sur un sujet "cible" qui nous rend formé du seul fait d'y avoir pointé sa tranche avec un stylo bic) fait preuve d'acte de penser ce qu'on vit, rencontré au travail. Les nouveaux venus prennent cela a la Lettre.. "J'ai été formé.." à être un mouton obéissant, wouaih !
Ça paraît sacrément délicat de pas prendre le pli du système quant on débarque dans une institution quelconque.. Au risque sinon d'être au placard dans le meilleur des cas.. Il n'y a que des constats établis..rien avant et surtout rien après. Le constat EST son propre but et son propre objet.. La messe est dite.. Vous devenez croyant ou vous devenez parasite d'un autre temps..les managers de nos jours ne dont rien d'autres que les anciens négriers mais sans le fouet d'antan.. Ils ont mieux désormais.. Des méthodes en tout genre pour la gestion des ressources humaines.. "Les personnes ressources", les aidants, les je sais plus quoi..et ça y va de ce langage de gens perchés dans leurs certitudes qu'ils sont dans le progrès.. Humain de surcroît.
Je pose la question suivante:
Comment résister à cela, à cette vague qui parle à tant de gens car cela "parle" à nos traits de névrosés particulièrement en mal d'une fonction paternel..(ça part en couille) ?
L'éducation nationale est des le départ, une fabrique du crétin. Comment avoir l'esprit critique qd on vous rend débile ( futur consommateur et bon à placer là où l'autre exige de vous placer: pas le choix d'un travail besogneux qd on a pas le choix des places)??
Les autres espaces dits de formation ne sont guère épargnés.. Ifsi, cemea, etc.. Ils pensent tous pareils et dès le départ.. Formatage au discours sot mais teinté de scientisme pour caution.

Ça me fait penser à cette fameuse servitude volontaire dont vous aviez déjà parlé ici-même..et qui inquiète si peu de gens.. On a besoin d'être mené par un dictateur.

Militer comment? A quel niveau, sans se désespérer avant l'heure tellement la tâche paraît veine ?

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