Bonjour, je travaille dans un Centre d'activités de Jour depuis 4 ans et depuis 13 ans dans la même association. J'ai envie de changement. Mais pour aller vers quoi? J'ai bien quelques critères pour prendre le contre-pied de mon expérience  actuelle. Mais dans le fond, je ne  suis pas sûr de ce que je veux trouver. Si vous pouvez m'aider à éclairer ma lanterne..

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Réponses à cette discussion

C'est très difficile de vous éclairer, à part vous suggérer d'interroger votre propre désir... Pourquoi l'envie de changement? 

Une mauvaise manip' et ma réponse a disparu!

D'abord, je vous remercie Monsieur Rouzel pour votre réponse. Du coup, voilà une nouvelle réponse :

Que dire de mon désir???? Peut-être que du changement naîtra le désir? Ou peut-être que j'ai vieilli et que je ne supporte plus le bruit et l'agitation? 

J'ai quand même des motifs de satisfaction dans mon travail mais peut-être ne sont-ils plus suffisants! ou l'idée de rester toute une vie sur un même site est impossible pour moi? J'ai certainement envie de changer pour apprendre.

Changement d'herbage réjouit les veaux? C'est ça? Du changement naitra le désir? J'ai plutôt l'impression du contraire: du désir nait le changement. Mais le désir n'est pas l'envie, c'est même le contraire. Bon je ne vais pas vous embêter avec mes questions, cela vous appartient. Si vous êtes déterminée, faites-le et vous verrez bien. La question du désir n'apparait guère que dans l'après-coup: ai-je agi conformément à mon désir? On tourne la situation dans tous les sens, pèse le pour et le contre et à un moment il faut sauter dans le vide pour en savoir un bout de ce qui nous pousse.   

Non, non vous ne m'embêtez pas avec vos questions;

car ça n'est pas si simple de connaître son véritable désir;

en attendant, j'ai conscience de ce qui me donne envie de rester.

du coup, je cogite un peu moins; peut-être que j'ai encore besoin de temps pour prendre conscience de ce qui ne me convient pas ou plus, de ce qui me manque.

Oh que cette question est récurrente et d'une éternelle actualité!

Joseph, en quelques phrases, comment entendez-vous l'"envie" / au besoin? Je me représente les différences entre demande, désir et besoin mais l'envie, je ne sais pas, est-ce une manière de parler du pseudo besoin de "quelquechose",... ? à l'instar de ce que serait le tuning / à l'idée et l'usage classique et premier d'une voitre comme moyen de locomotion?

Dans mes barjotages, l'envie est l'enfer du désir. Euh!... l'envers. Mais peut-être aussi l'enfer, puisque l'envie nous aliène à un objet imaginaire, mais dont le manque est vécu comme réel.

Une belle illustration dans St Augustin, dans les Confessions. Il parle d'un enfant - et on comprend vite qu'il s'agit de lui - qui a été sevré il y a belle lurette et qui contemple son petit frère en train de téter sa mère. Il est pris d'une "individia" (origine du mot envie, in-videre, voir chez autrui un objet de convoitise dont on pense manquer)) , et sent monter en lui la colère et la pulsion de meurtre. Ce plus petit, il estime qu'il jouit de ce dont il a été privé. Il ne comprend pas encore qu'il ne s'agit pas de privation, ni de frustration, mais de castration, qui détermine le désir. Conclusion: je ne désire pas ce dont j'ai envie; je n'ai pas envie de ce que je désire...

L'envie semble avoir un objet attirant, il brille; le désir est sans objet, il brille par son absence. L'Obscur objet du désir, prévient Bunuel dans le titre d'un de ses films célèbre.  

Finalement, c'était peut-être pas une mauvaise idée de sauter dans le vide pour voir ce qu'il se passe. Parce que là, j'ai pas fini de cogiter sur le désir, l'envie, le manque, l'envers et l'enfer...

En tout cas, si je ne désire pas ce dont j'ai envie ça m'aide déjà un peu dans ma réflexion!

La difficulté avec le désir , c'est qu'on ne peut le voir à l'oeuvre que dans l'après-coup. Il faut d'abord  se lancer, choisir, se jeter dans le vide comme je disais.  D'où la question de Lacan à la fin de son séminaire sur l'Ethique: "Ai-je agi conformément à mon désir?". 

Oui, ça fait un an que j'y pense : à me lancer! Mais "en parallèle", j'ai entrepris de reprendre mes études : avant d'étudier c'est déjà un vaste programme (ce qui est accessible, ce qui m'attire, ce que j'ose ou pas...). En fait, tout me semble lier. Car l'aspect de mon travail que j'ai envie (ouh là je n'sais plus si c'est le bon mot du coup) d'explorer un peu plus c'est le rapport à l'apprentissage. J'ai aussi de l'intérêt pour le handicap sensoriel et les formes de communication qu'il implique. Voilà certainement suffisamment pour me guider!

Prochaine étape : lire Lacan! Et surtout je vous remercie d'avoir pris le temps de m'aider dans ma réflexion.

Décidément, je suis fâchée avec le clavier. J'avais enregistré un message la semaine dernière mais je ne le vois pas. Depuis cet été, j'ai bien avancé dans mon cheminement.  Pour quelqu'un qui cherchait un nouveau boulot, j'ai fais très peu de démarches. Et même si mon investissement est parfois en dents de scie, je suis quand-même très impliquée dans mon travail. Et surtout, je crois bien être re-devendue étudiante : répertoire, cahier, livres... je me suis organisée l'air de rien. Dans mes lectures, je suis "tombée" 2 fois sur Saint-Augustin (dans l'un de vos textes notamment). Ce qui est drôle c'est ce chemin (à me chercher depuis 2 ans) qui m'a conduite à la fac de philo. J'osais pas y aller et pourtant j'y trouve tellement d'écho!

Philia sophia: amour de la sagesse et sagesse de l'amour!!! 

J'ai toujours écrit PLUS que MOINS. Parce que j'aime bien raconter dans les détails. Le problème c'est que ça n'est pas forcément attendu dans les écrits professionnels. Et c'est bien dommage! Toute cette mine d'observations qui semblent anodines et qui révèlent pourtant les personnalités. Alors, je glisse mes p'tites observations au moment opportun (ou pas d'ailleurs) parce que je veux que toute l'équipe en profite. Mais la REZOnnance n'est pas toujours au RDV. Le rapport avec la philo? Je suis beaucoup plus observatrice que lorsque j'ai débuté et surtout je suis en quête de sens.

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