Je me pose la question. Il y a actuellement 3206 inscrits. C'est pas négligeable. Et pourtant je vois bien peu de débats ouverts. Ce que j'attendais d'une plateforme comme Rezo, un lieu d'échanges et de confrontation à partir des pratiques sociales, une mise en réseau, me parait bien effacé. Le forum s'appauvrit; on y lit souvent les mêmes; les groupes semblent en panne... Où est passé le bel enthousiasme du début? Et pourtant vous avez été nombreux cette année à mettre la main au porte-monnaie pour soutenir Rezo. Mais pour faire quoi? Est-ce que la morosité ambiante, la dureté du moment, le ralbol, le laminage des idées  aurait eu raison de cette ouverture de premiers jours? Je ne peux pas m'y résigner. Je crois au débat d'idées, au témoignage de pratiques, à l'invention, la création... Dites, où êtes vous les Rézoteurs? Où en êtes vous? On vous a muselé, coupé la chique?  Je continue à bagarrer pour que ce site existe, mais que ça ne soit pas en pure perte... 

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Au début de rezo j'ai fait de belles rencontres et pas seulement virtuelles puisque nous avons été plusieurs à nous rencontrer. Avec quelques uns nous avons fait un groupe en créant un texte où j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire.

Ce qui me fait taire ce n'est pas la morosité ambiante mais parce que c'est difficile, même sur rezo, d'avoir un point de vue différent.  Dire que ces jeunes ne sont pas si irresponsables que cela, que les chérir et leur balancer toute notre compassion leur cause du tord, personne n'a envie de l'entendre.

Après les premiers attentats j'ai écouté des éducateurs raconter comment ces jeunes qui avaient commis le pire étaient si mignons lorsqu'ils étaient en foyer et je me suis demandée "qu'avons nous fait?". On ne veut pas voir le monstre chez l'autre, de crainte d'approcher notre propre monstre. Je m'occupe donc de mon monstre. Peut-être que je ne suis pas la seule.

C'est vrai, il y a toujours lieu de mettre nos... monstres à l'heure. Est-ce difficile de tenir la ligne dialectique, d'opposer des points de vue?

Cher Monsieur Rouzel,

C'est étrange... cette année est la première de la fin de mes études. J'ai étudié en tant qu'éducateur, puis en tant que comédien. Et en ce début d'année 2017, un grand directeur de théâtre nous a demandé de répondre à une simple question : "A quoi sert le théâtre aujourd'hui?"

Voici qu'aujourd'hui, quelques semaines à peine plus tard, vous nous demandez à quoi sert Rezo. Est-ce l'ambiance actuelle que de remettre sur le métier à (dé)tisser du doute les actions accomplies, voir un pan important du domaine (l'échange)? Je suis d'accord avec vous sur un grand nombre de points : l'importance du débat, du témoignage, de la création, ... Je n'ai pas connu le bel enthousiasme du début. Je fais partie sans doute des nouveaux, des derniers arrivés, des lecteurs qui se taisent, qui parcourent Rezo pour le plaisir de lire quelques messages, quelques échanges, quelques témoignages. 

Je m'étais toujours dit : le jour où j'aurai des pratiques professionnelles à partager, je reviendrai sur Rezo. Me voici engagé, je suis donc enfin un "véritable" travailleur social. Et pourtant, je ne passe même plus lire les échanges, ce que je faisais encore l'année dernière. Manque de temps, dans ce nouveau rythme qui me charrie d'un travail qui ne m'offre guère de temps d'écriture à la maison partagée avec ma Tant-Aimée. Manque d'envie, car je me sens plus démunis que jamais dans mon propre travail, toute ma connaissance semble inutile, et je dois m'auto-compléter par une recherche et des lectures régulières. Manque de légitimité, aussi : je n'ai rien publié, rien inventé, comment puis-je parler et débattre avec la personne que je lis pour répondre à mes questions, apprendre et évoluer? 

Autant de paramètres qui m'ont éloignés de Rezo. Mais j'entends votre appel, et lisez dans mon en-tête tout le respect et l'admiration que je vous porte. Nous échangeons d'ailleurs régulièrement avec une autre éducatrice sur nos blogs respectifs, et parlons souvent de vos écrits, qui nous portent et nous inspirent. Rezo est sans doute, pour ceux qui partagent mon expérience et mon avis, l'occasion d'écouter, de lire, de découvrir un "maître" - qui a aiguillé, aiguisé notre pensée durant nos études - autrement que par un livre : de petits billets doux de la pensée éducative... 

J'espère que ce bafouillage vous apportera un des fils avec lequel tisser la réponse que vous méritez.

En réponse au sujet mais aussi en rebondissant sur le propos de Yuri :

"je n'ai rien publié, rien inventé, comment puis-je parler et débattre avec la personne que je lis pour répondre à mes questions, apprendre et évoluer".

Pour ma part, chacun ici est riche d'un savoir, d'expériences à partager. C'est dans cet état d'esprit que j'échange ici.

Il y a les sujets que je lis, il y a ceux auxquels je réponds, il y a ceux que j'initie ... au feeling ou non. J'y ai fait des belles rencontres, j'y ai eu de beaux échanges (et d'autres, plus "musclés" mais pas dénués d'intérêt). J'y trouve aussi une forme de soutien pendant de longues heures d'écriture où la petite fenêtre du tchat peut s'ouvrir à tout moment : un bonjour, un coucou ... on n'est pas seul. C'est ainsi que j'ai pu écrire deux mémoires pour lesquels REZO a joué le rôle d'un troisième collectif de recherche. Certains d'entre vous m'ont ouvert des pistes que je ne voyais pas (ou pas comme ça). J'espère, ici, pouvoir contribuer au cheminement d'autres et à la construction de cet espace d'échanges.

Peut-être les rézoteurs sont-ils sur le terrain, là où ça bouge, ça vit, ça aime, ça haine ?

A se dépêtrer comme ils peuvent entre les fiches de poste et la nouvelle bible du travail social portée par les évangiles selon St ANESM, St POUVOIR et St POGNON.

A se demander comment œuvrer face à tant de déliquescence au sein du travail social, dans les réflexions, les choix et les actes et leurs conséquences.

Peut-être trouvent-ils peu nourriciers les échanges qui se font ici au regard de la réalité des terrains et des difficultés qui en émanent ?

J'ai passé de belles années ici-même, et je salue au passage mes amis virtuels, ceux que j'ai rencontrés, que j'ai failli rencontrer, ceux que je vois encore. Ceux avec qui j'ai passé des heures à échanger via le tchat, à écrire aussi.

Je ne vous apprendrai rien Joseph si je vous dis que j'étais venu ici avec l'espoir que nous puissions ensemble créer de la résistance et nous opposer concrètement et farouchement à la délitescence des politiques sociales. Il y a eu des idées, des tentatives, comme la pétition, mais pas assez d'engouement au sein des rézoteurs pour que nous puissions véritablement devenir une force, quelqu'un qu'on écoute.

Je passe ici de temps en temps et je vous avoue que ça ne respire pas la vie...

Ce que vous relevez chère Louise c'est exactement ce que signalait Emmanuel Levinas dans sa préface à la dernière édition de son texte sur "la philosophie du nazisme". Il notait combien, toujours et encore, sous les traits renouvelés de "l'idéalisme transcendantal "(= les idéaux d'accompagnement du positivisme éducatif et therapeutique),  nous continuions à masquer ces "sentiments élémentaires" à la "source du mal élémental"...

Alors voyez-vous quand je vois sous la plume d'un éducateur, et cela sous un certain style , un  style qui se veut semble-t-il dégagé du péril normatif, les frères Kouachi réduits à "d'ignobles cons", ou bien quand j'entends un psychanalyste grand spécialiste du "sur-musulman" nous expliquer que pourtant la protection de l'enfance s' était bien occupée de ces deux là,  je me dis que décidément ce n'est pas demain la veille que nos milieux accepteront de faire retour sur ce qui de la structure (du désir inconscient) et de notre propre contexte dogmatique (religieux, serait-ce sous ses envers anarchisants) nous rattache aussi bien à ces "ignobles cons", qu'à ceux d'en face. Alors on trouverait peut-être,  sans besoin du recours au sauveur, les voies renouvelées de la rigueur : un abord de la problématique de la Loi évitant aussi bien les illusions du familalisme social (toujours si prégnant chez tous nos chers "fondateurs" dont le juridisme est galopant) que celles d'un anti-oedipisme qui ne cessera de livrer son lot de "sacrifiés ", les prochains "ignobles cons " n'est-ce pas..., pour quelques sujets prétendument "réparés " qui auront trouvé sous le regard lénifiant des bonnes âmes et de leurs confesseurs,  leur "solution".

Laisser ainsi croire, comme le laisse aller Rouzel,  que nos saints milieux, caressés dans le sens du poil, souffriraient d'une peste (le capitalisme, le management) qui serait sans lien de structure avec la peste constitutive de l'être parlant et de la Cité - lien du sujet et de la Cité  que fait  résonner le mythe hors d'âge de l'Oedipe - relève de l'irresponsabilité politique commune, et voue les "résistants " à échouer dans les plus communes répétitions du pouvoir...

 C'est sûr, on ne risque rien à rester sur son nuage... 

J'imagine M Pendanx que c'est votre manière à vous de répondre à : "à quoi sert rezo" ?

PENDANX Daniel a dit :

Ce que vous relevez chère Louise c'est exactement ce que signalait Emmanuel Levinas dans sa préface à la dernière édition de son texte sur "la philosophie du nazisme". Il notait combien, toujours et encore, sous les traits renouvelés de "l'idéalisme transcendantal "(= les idéaux d'accompagnement du positivisme éducatif et therapeutique),  nous continuions à masquer ces "sentiments élémentaires" à la "source du mal élémental"...

Alors voyez-vous quand je vois sous la plume d'un éducateur, et cela sous un certain style , un  style qui se veut semble-t-il dégagé du péril normatif, les frères Kouachi réduits à "d'ignobles cons", ou bien quand j'entends un psychanalyste grand spécialiste du "sur-musulman" nous expliquer que pourtant la protection de l'enfance s' était bien occupée de ces deux là,  je me dis que décidément ce n'est pas demain la veille que nos milieux accepteront de faire retour sur ce qui de la structure (du désir inconscient) et de notre propre contexte dogmatique (religieux, serait-ce sous ses envers anarchisants) nous rattache aussi bien à ces "ignobles cons", qu'à ceux d'en face. Alors on trouverait peut-être,  sans besoin du recours au sauveur, les voies renouvelées de la rigueur : un abord de la problématique de la Loi évitant aussi bien les illusions du familalisme social (toujours si prégnant chez tous nos chers "fondateurs" dont le juridisme est galopant) que celles d'un anti-oedipisme qui ne cessera de livrer son lot de "sacrifiés ", les prochains "ignobles cons " n'est-ce pas..., pour quelques sujets prétendument "réparés " qui auront trouvé sous le regard lénifiant des bonnes âmes et de leurs confesseurs,  leur "solution".

Laisser ainsi croire, comme le laisse aller Rouzel,  que nos saints milieux, caressés dans le sens du poil, souffriraient d'une peste (le capitalisme, le management) qui serait sans lien de structure avec la peste constitutive de l'être parlant et de la Cité - lien du sujet et de la Cité  que fait  résonner le mythe hors d'âge de l'Oedipe - relève de l'irresponsabilité politique commune, et voue les "résistants " à échouer dans les plus communes répétitions du pouvoir...

Pour répondre à PENDANX Daniel, malgré que ce fût quelque peu hors sujet... 

Premièrement, au risque de passer pour vulgaire, je n'ai pas saisi l'idée de votre propos tant le langage que vous employez est tarabiscoté. Est-il possible de faire plus simple? 

Ensuite, du peu que j'en ai compris, il semble que ce soit un réquisitoire contre la résistance prônée par certains contre le marché du social, et invitant à ... douter? Or, si j'ai bien compris la majeure partie des ouvrages de M. Rouzel que j'ai lu, le doute semble au centre de la pratique, pour garder l'esprit critique en alerte et permettre d'être un acteur institutionnel qui ne subisse pas le cadre. J'ai donc l'impression qu'il y a une congruence possible entre résister contre le cadre qui se resserre et remettre en doute la posture que nous (en tant que représentant d'une société) adoptons face à la déviance parfois extrême de l'Autre. Me trompe-je? Je l'accepterai sans problème, car, comme je le disais, la complexité du discours me fait douter de ma compréhension...

Le tarabiscot est un vieil outil de menuiserie pour faire de jolies volutes sur les moulures.

Daniel en use sans doute un peu trop dans ses textes... mais il faut savoir que l'outil moderne qui le remplace est .... la défonceuse !

C'est sans doute parce que cela défonce parfois un peu trop que je n'arrive pas à suivre trop longtemps les échanges. Je les lis, ici ou là sur tel ou tel ustensile moderne, tablette ou téléphone, mais, si souvent l'envie de rebondir vient, il me manque le temps de soutenir mon propos dans la contradiction ou la dispute. 

Mais parfois, lorsque les vacances viennent....

Il y a quelques années j'ai fuit l'institutio, je ne voulais pas apprendre à être perverse, à "manager" des équipes à qui je devais faire croire qu'elles étaient décideuses. J'ai pris le risque de partir, sans être sûre que je faisais le bon choix. Avec mon mari nous avons choisi d'accueillir des ados avec plein de surnoms tels que patates chaudes, borderline, incasables mais bien cassés, en y engageant nos enfants. Nous avions une seule certitude, notre liberté. Nous avons refusé les sirènes d'être dépendants d'un service, d'un conseil général. Certains connaissent toutes les embûches, les saloperies que nous ont faites des décideurs. Nous pourrions en écrire un livre. La bataille c'est pas mon truc. Nous avons fini par être supportés pour la seule raison que nous acceptons sans demander à connaître leurs histoires, leurs dérives, des ados qui ont fait échouer les meilleures volontés éducatives. Maintenant que nous ralentissons notre rythme d'accueil parce que les années nous rattrapent on nous répond qu'il ne faut pas que ce lieu s'arrête mais personne ne veut prendre le relais.
Maintenant je peux dire que j'ai fait le bon choix car je n'ai pas à subir le laminage dont se plaignent tant d'éducateurs. Je peux penser sans devoir remplir des grilles pour prouver que je travaille. J'ai juste à m'occuper de ces ados que je nomme parfois canards car ils attendent de moi que je les nourrisse telle une bonne éducatrice. Je ne sais pas si j'ai été une mère suffisamment bonne alors comment pourrais-je être une bonne éducatrice d'enfants qui ne sont pas les miens, qui sont détestables, irrespectables et bien d'autres choses encore. En disant cela je vais faire hurler les âmes charitables mais c'est parce que je peux le dire sans crainte d'offusquer que je peux les accueillir sans les maltraiter. J'essaie de les renvoyer sans cesse à leur part de responsabilité, sans les ménager. Je leur dis parfois que je ne vais pas pleurer avec eux sur leur histoire sordide, que s'ils font le choix de la galère moi je continuerai à voir la neige sur les montagnes ou admirer le coucher du soleil sur l'océan et que leur éducatrice qui leur dit qu'elle ne les laissera pas tomber leur ment car le jour où ils seront virés du foyer et bien elle n'ira pas après son boulot les consoler car elle paie la nourrice pour s'occuper de ses gosses quand elle bosse alors elle va pas en plus la payer pour les prendre en charge gratuitement. Je termine en leur disant qu'il leur appartient de devenir respectable. Oui c'est dur ce que je leur dis mais les leurrer le serait bien plus.
Il y a quelques années nous avions accueilli un ado qui faisait la misère à la famille d'accueil chez qui il était depuis l'âge de 3 ans. Il nous expliquait son comportement en disant que cette dame qu'il aimait beaucoup avait fait pour lui ce que sa mère n'avait jamais fait. Il contenait sa colère en faisant beaucoup de sport, des séries de pompes à la limite de l'évanouissement. Il recherchait sans cesse la discussion et nous aurions pu rester des heures à parler. Un jour je lui ai dit que je n'étais pas une sportive du cerveau et que j'avais besoin aussi de silence. Quelques mois après son départ je vois qu'il avait cherché à me joindre sur mon portable, j'étais à la montagne et je ne l'ai rappelé que le soir. Il m'a répondu qu'il nous raconterait aux prochaines vacances puisqu'il devait revenir. Ce jour-là il avait été agressé dans la rue par des jeunes. Il avait répondu à cette agression par une extrême violence, ce qui l'avait bouleversé, se découvrir violent alors qu'il passait beaucoup d'énergie à la contenir avait été pour lui destructeur. Quand je lui ai demandé pourquoi c'est moi qu'il avait appelé ce jour-là il m'a répondu " un soir ton mari m'a dit que cette colère que j'avais il faudrait bien un jour que je me la coltine car sinon ce serait la violence qui prendrait le dessus. Je lui avais dit que je n'aimais pas la violence et il m'avait répondu que son boulot c'était de nommer les choses qui fâchent. Je n'avais pas le numéro de ton mari mais je savais que tu lui dirais que j'avais appelé"
Quelques temps après il y a eu les attentats, ça tournait en boucle à la télé, à la radio. Je me suis surprise à espérer la mort de ces terroristes, presque vouloir la voir en direct, comme au temps des exécutions publiques. C'était terrible. J'ai pensé à cet ado qui avait découvert son monstre au coin d'une rue mais aussi à d'autres qui pourraient devenir terroristes et pour lesquels nous avons alerter leur service avec comme réponse lapidaire " vous exagérez".
Malheureusement non.

Merci Louise. Votre récit me conforte sur l'utilité de rezo. Raison, réson, raisonne, résonne. Rezon, rezone... Zone d'échange et de réflexion. Zone de critique et dialectique, comme le souligne Yuri. ça me fait d'autant plus chaud au coeur que ma carrière à suivi des chemins très parallèles  à la votre, dans son esprit tout au moins. Création avec mon épouse d'un lieu d'accueil dans le Gers dans les années 70, au début. J'avais déjà un certain âge. Travail d'éduc dans diverses institutions de la région toulousaine. Ouverture il y a plus de 20 ans d'un cabinet de psychanalyse. Publication d'un bonne vingtaine d'ouvrages sur le travail social et la psychanalyse. Puis formateur en formations initiales et retour en fin de carrière à la création d'un centre de formation continue indépendant avec une trentaine de formateurs. Là aussi pour "ne pas subir le laminage" et pouvoir parler en son nom propre, même si le prix à payer est parfois lourd. Je ne regrette rien. Notre centre de formation est menacé par la réforme de mars 2014. Nous poursuivons vaille que vaille, mais déterminés, avec les moyens du bord. Nous avons dû licencier notre dernière salariée, qui a créé depuis l’antenne de Psychasoc Intra.[1] Nous maintenons des stages qui nous paraissent essentiels, sur les psychoses, le transfert, l’animation de groupes de parole, les pratiques d’entretien, la formation de superviseurs… Là où nous accueillions plus de 400 stagiaires par an, nous en recevons à peine une cinquantaine. Tous les jours des salariés désespérés nous appellent pour dire que nos formations n’entrent pas dans le cadre et précisent que ce qu’on leur propose par ailleurs est totalement inadapté.

Alors que faire si ce n’est résister ? Mais nous n’y arriverons pas tout seuls.[ Et comme aimait à le dire Stéphane Hessel : résister, c’est créer…  

Voilà, je demeure un résistant impénitent, fort sans doute de ce que ma tante, Jeanne Couplan, partie en fumée au camp de Ravensbruck en 1944, m'a transis malgré elle. Oui, j'en assume les contradictions, les impasses, les désirs inconscients. Je ne me résignerai pas... C'est pour cela que j'ai créé Rezo et que je le tiens à bout de bras. Même si, comme le rappelle Daniel, dans la foulée de Freud, le malaise (le malheur avait-il écrit dans un premier temps) est de structure, la résignation me parait la pire des lâchetés. Oui, nous pouvons  dépasser l'enchainement du capitalisme. Oui, nous  pouvons lutter contre la réification de l'humain. Oui, nous pouvons penser à un travail social comme autre chose qu'à une marchandise. Oui, nous pouvons écrire et dire et partager notre pratique au quotidien. Je me déplace dans beaucoup d'institutions, je ne me contente pas de jouir de ma retraite à un âge canonique, et force m'est de constater qu'un peu partout, ça bouillonne, ça invente, "ça crée" (c'est pour moi le seul sens acceptable d'un "sacré" accaparé par les religions). "Ne pas lâcher sur son désir", comme dit Lacan, telle est la voie de l'éthique. Et ça me tient en vie... 



[1] Julie Martin, Psychasoc Intra, secretariat2@psychasoc.com

 

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