Je me pose la question. Il y a actuellement 3206 inscrits. C'est pas négligeable. Et pourtant je vois bien peu de débats ouverts. Ce que j'attendais d'une plateforme comme Rezo, un lieu d'échanges et de confrontation à partir des pratiques sociales, une mise en réseau, me parait bien effacé. Le forum s'appauvrit; on y lit souvent les mêmes; les groupes semblent en panne... Où est passé le bel enthousiasme du début? Et pourtant vous avez été nombreux cette année à mettre la main au porte-monnaie pour soutenir Rezo. Mais pour faire quoi? Est-ce que la morosité ambiante, la dureté du moment, le ralbol, le laminage des idées  aurait eu raison de cette ouverture de premiers jours? Je ne peux pas m'y résigner. Je crois au débat d'idées, au témoignage de pratiques, à l'invention, la création... Dites, où êtes vous les Rézoteurs? Où en êtes vous? On vous a muselé, coupé la chique?  Je continue à bagarrer pour que ce site existe, mais que ça ne soit pas en pure perte... 

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".. un peu partout ça bouillonne, ça invente,  ça crée. .. "

C'est du macronisme? 

A en croire donc JR chacun fabriquerait son propre "sacré " : autrement dit , chacun s'auto-légitimerait. A chacun son libre statut...  Chaque Association est sa propre Cathédrale. .. Avec à la clef, sous la formule culte de Lacan ("ne pas céder sur son désir ", par où le désir se trouve on ne peut plus confondu perversement avec le fantasme, ce qui réjouit la canaille ), la promotion des juridismes maison, institutionnels et associatifs... 

Ce qui se trouve ainsi masqué par les résistants d'opérette,  les grandes gueules pétitionnaires,  c'est l'enjeu subjectif le plus essentiel , celui qui s'implique dans le lien institutionnel, le lien au pouvoir. C'est en ce point, qui engage à  relever (en regard de la structure oedipienne du desir) le jeu et l'effet normatif des représentations institutionnelles, que s'établit une profonde divergence avec ceux qui comme Joseph refusent de prendre en compte véritablement la dimension institutionnelle du transfert, l'au-delà institutionnel du "sujet insulaire". Ce qui conduit tous ceux là au final à se faire les collaborateurs de montages associatifs quasi féodaux comme de dispositifs institutionnels faisant le lit de logiques sacrificielle.  Des logiques qui exigent qu'il y en ait qui soient "sacrifiés " pour que d'autres puissent continuer à vivre sous leur propre régime narcissique, délivrés de la culpabilité...  

Ce que je soutiens donc  c'est que la nouvelle sainte alliance du trône et de l'autel (entre les pouvoirs associatifs et un management techno-scientiste) n'est au fond que le prolongement d'une structure dogmatique du pouvoir théologico-politique déjà là. .. Et que de cette structure, aujourd'hui laïcisee, "l'autel" lacaniste, un certain discours "psychanalytique" (une psychanalyse privée de ses "crochets à venin", Freud), ont capacité à participer à plein régime. ..

Ma critique est d'autant plus féroce que c'est au nom de la psychanalyse, sous le signifiant de la Résistance, que je vois ici opérer la grande opération d'embobinnement, celle de la manipulation des transferts politiques des jeunes sujets : cette façon de récupérer "l'être -coupable" du sujet du désir,  en occultant, en regard du lien d'inceste (et de meurtre) qui enveloppe chacun, la puissance des symboles dont les institutions et les discours, tous les discours, détiennent la charge, la charge explosive...

 

Où ai-je dit que chacun fabriquerait son propre sacré? J'ai simplement arraché le "ça crée" à la gangue religieuse qui l'étouffe. Mais c'est visiblement du lieu d'un telle religion que tu parles. La création implique de trouver ses voies dans des modalités collectives.D'où mon idée soutenue dans La folie créatrice. C'est aussi le sens de rezo.

Quant à ton interprétation de la phrase de Lacan "ne pas lâcher sur son désir" versant fantasme, elle me prouve que tu n'as rien compris à cela. Le désir n'est ni l'envie, ni de faire ce qui plait.Lâcher sur son désir, relève d'une lâcheté. Comment en sait-on quelque chose de ce désir obscur? Si tu me lisais un peu au lieu de passer ton temps à lancer des anathèmes, tu connaitrais ma position. On sait que l'on a lâché sur son désir, dans l'après coup parce que alors c'est la tristesse qui nous envahit. Si l'on à tenu ferme, toujours dans l'après-coup, c'est la joie qui nous habite
A toi d'interroger ta position subjective...

ce qui rejoint le mot institution, l'institutionnel n'est pas que pouvoir et féodalité

Joseph Rouzel a dit :

(...) La création implique de trouver ses voies dans des modalités collectives.(...)

Très juste. Surtout si l'on tient compte de l'étymologie du mot. In-sti-tution. La racine -st-, qui donne le verbe latin, sto, stas, steti, statum, stare dans ses déclinaisons, a engendré une famille nombreuse en français: statut, statue, stature, station et ses composés : constitution, restitution, prostitution etc etc qui emporte l'idée de se tenir debout.  Et donc l'in-sti-tution ça serait la colonne vertébrale intérieure (in) qui permet à chacun de se tenir debout dans sa vie. Ce qui tient le bipède humain sur ses deux canes, ce ne sont pas ses jambes, mais une sorte de principe abstrait issu de la première institution, le langage, qui donne corps à l'être parlant et l'inscrit comme sujet dans une communauté. 

En ce qui regarde nos établissements (ce qui est établi) sociaux et médico sociaux, ce qui fait institution, c'est ce qui permet à chacun, usager et professionnel, de se tenir debout, en s'arc-boutant à ce qui fait commun, non seulement le projet d'établissement, mais ce qui institue en permanence les échanges, à savoir les paroles échangées. La parole ainsi est instituante. Evidemment ça distribue des fonctions, des statuts, des rôles etc Tout le monde n'est pas à la même place. Chacun a un pouvoir en fonction de la place qu'il occupe, c'est vrai souvent  vécu sous le mode féodal, quand ça n'est pas carrément animal, mais aussi une autorité qui lui est conférée etc Voir mon texte: pouvoir, autorité, décision dans l'action sociale...

http://www.psychasoc.com/Textes/Pouvoir-autorite-decision-dans-l-ac...

Est-ce que rezo peut faire institution? C'est toute la question... 

Bonjour,

Toute création est vouée tôt ou tard à mourir du moins à cheminer sur autre chose qui s'écarte du point initial d'où la chose a émergé "d'elle-même" pour ainsi dire.

Je remarque aussi que ce sont toujours ou presque les mêmes personnes qui alimentent les sujets posés ici. cela en deviendrait un cercle de rézoteurs disparus.

La polémique est plus aisée que le débat, et je participe et ai participé allègrement aux polémiques.

La sottise ambiante ou atmosphérique ne me paraît pas en cause dans cette raréfaction des sujets à débattre ici-même. la lassitude sans doute guette et recouvre les élans spontanés qui semblent s'alimenter de l'actualité, à l'image des BFM TV qui posent des images avec le son mais sans les mots sauf à trouver le Mot qui fera scandale.

Mais l'idée est belle que d'avoir un espace pour causer avec, contre, pour,.. Il est clair que l'inspiration de et par la psychanalyse est majoritaire ici et ses dérives au sens premier, dérisions, poésie fumeuse à partir de tout et n'importe quoi.

Un écrit ici disait que le manque de pratique et d'expérience(s) favorisait le silence de la réflexion à peu de choses près. C'est sans doute là aussi sur quoi le narcissisme de chacun se heurte. Nous avons bien le loisir, la liberté de penser sans corréler nos pensées avec un label d'expériences acquises au préalable et en cours, ... la confiture de certains dérange car elle est condescendante. Ou alors créons une tranche d'âge d'expériences invérifiable de toute façon sauf à lire, sauf à "entendre" au travers de ce qui est répondu le recul et ou l'humilité qui accompagne souvent, je pense, ceux et celles qui ont cheminé suffisamment. C'est difficile, et j'y suis en plein dedans, que de sortir de la Leçon. La jouissance du Verbe gagne certains et produit l'arène recherchée.

Qui est apte à débattre finalement?

Faut sacrément être selon moi, en mesure de venir porter ses arguments tout en étant apte à changer d'avis en cours de route, ou en bout de course. Avouons que c'est pas simple, les reliquats d'un rapport à machin chose mal incarné incorporé n'aident pas faire entendre une once de pacification en soi et avec l'autre, et ce malgré les prouesses langagières pour venir témoigner d'un acte de parole dénué de toute aspect belliqueux .

bref, j'aime bien cet espace même si j'ai pas grand chose à dire. C'est pour moi cela qui est important, ce qui est à dire n'est pas à être passé au crible du savant.

"Toute création est vouée tôt ou tard à mourir du moins à cheminer sur autre chose qui s'écarte du point initial d'où la chose a émergé "d'elle-même" pour ainsi dire." Tout à fait d'accord, Minh. Et comme je ne suis ni pour l'acharnement thérapeutique, ni pour maintenir sous perf. un espace d'expression, s'il se meurt, c'est bien la question que je pose: passer à autre chose; continuer, mais autrement; fermer la boutique et aller planter des choux (à la mode de chez nous, cependant); inventer, bricoler etc? Est-ce que l'expérience moindre de certains empêche de s'exprimer? Pas sûr. D'aucuns s'y sont risqués.Et ça n'est pas toujours les plus chargés en expérience qui produisent la pensée la plus intéressante. Est-ce que le débat tourne trop à la polémique? Oui, souvent, mais pas toujours.Il me semble que cela reflète assez bien les contradictions qui travaillent le secteur social et médico social.
Qui est apte à débattre? Tous ceux qui veulent. Mais du coup il y a des hauts et... débats!

Tiens cela tombe bien, avec les jeunes enfants que j’accompagne, nous avons planté des choux …

Je ne suis plus apte à débattre, car la seule image que j’ai du corps éducatif, dont je fais partie au sein de mon établissement ne cesse de se débattre, la question est « contre quoi ».

Ce corps éducatif, enlisé ne peut plus créer, la seule chose qui l’anime actuellement réside dans le fait de trouver l’énergie qui lui permette de venir chaque matin dans ce lieu qu’est l’institution.

Ceci n’est pas une plainte, ceci est un constat. Les rapports entre professionnel me posent question, il y a me semble-t-il une précarité qui s’installe, le discours est animé par de forts mécanismes de défense qui saturent l’espace. L’éducateur ne peut plus être un sujet pensant, il devient un être qui ne cesse de penser à combattre les hostilités qui jaillissent de toute part. Non ce n’est pas de la parano, il suffit de passer quelques années dans ces lieux.

Le corps éducatif devient réceptacle de toute pulsion qui ne demande qu’à se décharger.

Alors débattre et se débattre !

La dimension dans laquelle nous vivons pose deux questions : survivre dedans ou fuir ? j’entends déjà les hauts cris contre la désertion…mais peut être que la fuite est le seul moyen pour ne pas être réduit à un pion sur un échiquier dont on sait très bien que la partie est déjà jouée. Je déclare forfait.

Grand corps malade? Mais peut-on préciser l'état du malade, amener des exemples, affiner la symptomatologie? Et une fois établi le diagnostic, quand même un peu vague,hanna, pour le moment, quelle remèdes envisager? Fuir l'épidémie, si c'en est une? Attaquer les virus un par un? Renforcer les défenses immunitaires collectives?

Il était une fois un vieil homme assis à l’entrée d’une ville.
Un voyageur s’approcha de lui et lui dit : « Je ne suis jamais venu ici. Comment sont les gens dans cette ville ? ».
Le vieil homme lui répondit par une question :
« Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ? ».
« Egoïstes et méchants, c’est la raison pour laquelle j’étais bien content de partir », dit le jeune homme.
Le vieillard répondit : « tu trouveras les mêmes gens ici ».
Un peu plus tard, un autre voyageur lui posa la même question :
« Je viens d’arriver dans la région. Comment sont les gens qui vivent dans cette ville ? »
Le vieil homme répondit encore une fois par la même question :
« dis-moi mon garçon, comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ? »
Ils étaient aimables et accueillants. J’avais de bons amis et j’ai eu du mal à les quitter, répondit le jeune voyageur.
Tu trouveras ici les mêmes, répondit le vieil homme.
Un homme assis tout près de là et qui avait tout entendu s’étonna auprès du vieux sage de ses réponses différentes.
Ce dernier répondit :

« Chacun porte en lui sa vision du monde. Et celui qui ouvre son cœur change aussi son regard sur les autres. »

"Résister c'est créer; créer c'est transmettre."

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